Les marchés : Washington dit non
Le CAC 40 clôture à l'équilibre ce soir, à 8 078 points. En cause, la remontée du pétrole et l'absence d'avancée décisive entre Washington et Téhéran. Trump a rejeté ce week-end la proposition iranienne qui prévoyait notamment une réouverture du détroit d'Ormuz sous sept jours. De quoi raviver les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial en pétrole et, par ricochet, sur l'inflation. La porte n'est toutefois pas complètement fermée : des médiateurs devraient poursuivre les échanges séparément avec les deux camps dans la semaine.
Wall Street se montre également nerveuse. Le Dow Jones perd 0,80% et le S&P 500 près de 1%, les investisseurs craignant qu'une nouvelle flambée de l'énergie ne complique encore la tâche de la Fed. Nvidia fait toutefois figure d'exception et bondit de 2,5%. Le géant des semi-conducteurs a augmenté de 150 milliards de dollars son programme de rachats d'actions, portant l'enveloppe totale à 235 milliards. Attention, cela ne signifie pas que Nvidia dépensera immédiatement cette somme. Le budget devrait en effet être étalé dans les prochaines années.
À Paris, Total a confirmé ses objectifs de croissance à horizon 2030 et annoncé 2,5 milliards de dollars de rachats d'actions pour le quatrième trimestre. Le spécialiste du numérique Alten se distingue aussi avec un bond de 4,6% après plusieurs avis favorables de bureaux d'études. Pour le reste du marché, la géopolitique conserve la main : tant que le détroit d'Ormuz restera au cur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le pétrole continuera de dicter une bonne partie de l'humeur des investisseurs.
Les valeurs
Stellantis signe un gain de 0,45% à 4,04 euros. Le constructeur auto accélère dans la conduite autonome grâce à un nouvel accord entre sa coentreprise chinoise et Momenta, spécialiste chinois des logiciels de conduite intelligente. Peugeot et Jeep vont développer avec ce partenaire de nouvelles technologies avancées d'aide à la conduite destinées à des modèles produits en série. L'ambition dépasse largement la Chine : ces systèmes doivent également être déployés en Europe et sur d'autres marchés internationaux.
Pour Stellantis, ce partenariat permet surtout d'accélérer dans un domaine où les constructeurs chinois ont pris une avance importante. Le logiciel de Momenta équipe déjà plus de 1,2 million de véhicules. Après une année particulièrement difficile pour Stellantis, le marché apprécie donc cette offensive technologique. Reste désormais à la transformer en avantage commercial face à BYD et aux autres champions chinois. Et ce n'est pas gagné ! Depuis le début de l'année, Stellantis cède 57% à la Bourse de Paris.
EssilorLuxottica gagne 1,53% à 146,10 euros, et figure également parmi les meilleures performances parisiennes. Le géant de l'optique revient au centre du dossier Armani. Le groupe italien doit céder une première participation de 15% conformément aux volontés de son fondateur, et trois acquéreurs privilégiés avaient été désignés : LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica. La direction d'Armani vient de confirmer que cette participation pourrait finalement être répartie entre plusieurs investisseurs. Aucune décision n'est toutefois prise à ce stade.
EssilorLuxottica dispose déjà d'un atout : son contrat de licence avec Armani court jusqu'en 2038. Une entrée au capital renforcerait donc encore cette relation, mais le groupe ne chercherait pas nécessairement à prendre une participation importante. Les négociations devraient s'accélérer dans les prochaines semaines. Le dossier reste donc très préliminaire, mais il remet sous les projecteurs la puissance du portefeuille de marques et de partenariats d'EssilorLuxottica. Son action perd toutefois 45% en 2026.
Le coin des smalls : Maisons du monde
Le spécialiste de l'ameublement et de la décoration s'enfonce un peu plus dans la crise. Au premier semestre, ses ventes ont reculé de 5,8%, avec une nette dégradation au deuxième trimestre. Inflation, carburant plus cher, marché immobilier au ralenti : les ménages réduisent leurs dépenses de meubles et de décoration. Résultat, la perte opérationnelle se creuse à 36,8 millions d'euros, malgré 15 millions d'euros d'économies. Et la direction ne s'attend pas à une amélioration rapide.
La situation financière a été sécurisée cet été grâce à un vaste refinancement, mais au prix d'une dilution massive des anciens actionnaires. Les nouveaux investisseurs, Alteri, un fonds de private equity londonien, et Eicos, une autre société britannique d'investissement, contrôlent désormais près de 95% du capital. Dans ce contexte, la priorité n'est plus de relancer rapidement la croissance, mais de retrouver un modèle durablement rentable. En Bourse, la sanction se poursuit : Maisons du Monde chute de 7,76% ce lundi, à seulement 0,22 ?, portant son recul à 89% depuis le début de l'année.
Le monde d'après : L'or perd un peu de son éclat
L'or traverse une phase difficile. Le métal précieux perd encore 4% ce lundi, à 4 125$ l'once, et affiche désormais un recul de plus de 7% sur un mois et de 26% depuis ses records de janvier. En cause, la remontée des taux d'intérêt, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, la flambée du pétrole et les craintes d'inflation persistante. Dans ce contexte, les obligations redeviennent plus attractives, car elles offrent un rendement, contrairement à l'or qui ne verse ni intérêt ni dividende.
Le blocage des négociations entre Téhéran et Washington autour du détroit d'Ormuz pèse aussi sur le marché. Tant que le conflit maintient le pétrole sous pression, les investisseurs craignent une inflation plus durable et des banques centrales plus strictes. C'est un environnement défavorable pour l'or : plus les taux montent, plus le coût d'opportunité de détenir un actif sans rendement augmente.
Mais les grandes banques comme Goldman Sachs et UBS restent optimistes pour la suite. Elles estiment que les vents contraires actuels pourraient s'atténuer avec le temps, notamment si la Fed baisse ses taux l'an prochain et si le dollar s'affaiblit. Elles visent toutes les deux une once à 4 600$ fin 2026, puis 5 400$ fin 2027. Leur scénario repose sur trois soutiens majeurs : l'endettement mondial élevé, l'incertitude géopolitique et le retour possible de politiques monétaires plus favorables à l'or.
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L'agenda du lundi : Une semaine importante pour Wall Street
La semaine sera particulièrement chargée à Wall Street. Mercredi, place à l'un des rendez-vous majeurs de la semaine : l'indice PCE des prix, mesure d'inflation particulièrement suivie par la Fed, accompagné de la troisième estimation du PIB américain du deuxième trimestre. Après la clôture de Wall Street, Micron Technology publiera ses résultats, c'est une publication importante pour mesurer la vigueur de la demande en puces mémoire destinées à l'intelligence artificielle.
Jeudi, l'indice ISM manufacturier donnera une nouvelle indication sur la santé de l'industrie américaine. Enfin, vendredi concentrera les deux grands verdicts de la semaine : l'inflation préliminaire de septembre en zone euro et le rapport mensuel sur l'emploi américain. Deux publications susceptibles de peser directement sur les anticipations de taux des banques centrales. Affaire à suivre !
Demain à la une : L'emploi américain en première ligne
Premier test dès demain à 16h avec le rapport JOLTS sur le marché du travail américain. Cette statistique mesure notamment le nombre de postes vacants, les embauches et les départs volontaires. Elle permettra de savoir si la demande de main-d'?uvre continue de résister malgré des taux d'intérêt élevés.
Au même moment sera publiée la confiance des consommateurs américains. Dans un environnement marqué par un pétrole cher et une inflation persistante, le comportement des ménages reste crucial pour la croissance. Enfin, à Paris, la biotech Genfit publiera ses résultats semestriels. Trois rendez-vous très différents, mais un même enjeu pour les investisseurs : mesurer jusqu'où l'économie résiste au coût toujours plus élevé de l'argent.
Le lexique : Les produits structurés
Les produits structurés sont des instruments financiers qui combinent plusieurs actifs (obligations, options, dérivés) et offrent un rendement spécifique en fonction de scénarios de marché prédéfinis. Ils permettent d'ajuster le couple rendement / risque en intégrant des mécanismes de protection partielle du capital, de participation à la performance d'un sous-jacent (indice, action, taux, etc.) et des conditions de remboursement adaptées aux objectifs de l'investisseur.










