La plainte « est en cours d'analyse » a précisé le PNF. C'est une première étape avant un classement sans suite ou une éventuelle ouverture d'enquête, par exemple.

Cette plainte a été déposée contre X auprès du PNF mais cible les « personnes qui dirigeaient ou administraient » Carmat, selon des éléments dont l'AFP a eu connaissance.

Malek H., un des actionnaires minoritaires à l'origine de la plainte, rapporte à l'AFP un « manque d'informations claires » de la part des ex-dirigeants, « une tromperie » à ses yeux.

« Ils savaient ce qui allait se passer, mais ils continuaient à nous faire croire que le Titanic n'allait pas couler », ajoute-t-il, confirmant BFMTV.

« Au moment où on se parle, nous estimons le préjudice pour les plaignants à plus de 2 millions d'euros », poursuit Malek H., qui évalue le sien à « 22.000 euros ».

Les plaignants, représentés par Dimitri Debord, se demandent dans cette plainte s'ils auraient continué à investir dans Carmat, ou à conserver leurs titres, « s'ils avaient disposé, au même moment que ses dirigeants » d'une information « complète sur la situation financière réelle de la société ».

L'avocat des actionnaires minoritaires dénonce en outre des faits qui pourraient relever de l'« escroquerie, d'opérations d'initié ou d'usage illicite d'une information privilégiée ». Sont également mentionnés des soupçons de « communication illicite d'informations privilégiées, de diffusion d'informations fausses ou trompeuses » dans ce cadre.

« Nous, actionnaires, acceptons le fait qu'il y ait une perte ou un gain, ça fait partie du jeu de la bourse, mais au niveau de l'information qui a été donnée, nous soupçonnons que certains en aient profité », relève encore Malek H., suggérant un possible délit d'initié.

Faute de générer des « ressources suffisantes pour financer seule son activité », Carmat a procédé « à de nombreuses levées de fonds et augmentations de capital auxquelles les actionnaires minoritaires ont été régulièrement appelés à participer », rappelle dans sa plainte Me Debord.

Sollicitée par l'AFP, l'ancienne direction n'a pas donné suite.

Fondée en 2008, Carmat a été l'une des rares sociétés au monde à développer un cœur artificiel entier. Au total, 122 patients ont été implantés avec cet équipement. Placée en redressement judiciaire en juillet 2025, la société avait annoncé début janvier sa liquidation judiciaire et son retrait de la cote.