« La semaine commence par une nouvelle hausse des prix du pétrole, alors que les États-Unis et l'Iran poursuivent leurs discussions sans qu'aucune issue ne se dessine à ce stade », commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote. Vers 07H15 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, montait de 2,19%, à 106,60 dollars. Celui du baril de WTI nord-américain gagnait 1,34%, à 93,65 dollars.
Le président américain Donald Trump a annoncé samedi rejeter un plan formulé par Téhéran pour rouvrir sous sept jours le détroit d'Ormuz. La circulation dans ce passage stratégique, par où transitait d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, reste largement paralysée : la République islamique en revendique le contrôle, et Washington impose en retour un blocus aux ports iraniens.
« L'échec à trouver rapidement une issue diplomatique a réintroduit une prime de risque géopolitique » sur le brut, note Patrick Munnelly, de Tickmill Group. Face au regain d'incertitude géopolitique, « les marchés resteront suspendus à l'évolution des négociations entre les États-Unis et l'Iran, ce dernier attendant toujours une réponse officielle des États-Unis par l'intermédiaire des médiateurs », estiment les analystes de Natixis.
La dette souveraine sous pression
Face à la nouvelle hausse des prix de l'énergie, qui attise les tensions inflationnistes, « les obligations sont sous pression », souligne Ipek Ozkardeskaya. Sur le marché de la dette, le rendement des bons du Trésor américain à échéance dix ans évoluait à 5,20%, autour de niveaux inédits depuis près de vingt ans, avec les anticipations de relèvement des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).
En Europe, le rendement de l'emprunt français à 10 ans atteignait 4,71%, contre 4,69% vendredi à la clôture. Le « Bund » allemand, référence sur le continent, s'affichait à 3,62% vers 07H15 GMT contre 3,60% vendredi soir.
« Les rendements souverains, à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies, mettent les investisseurs en actions mal à l'aise », explique l'analyste de Swissquote.
Les rendements obligataires élevés rendent les obligations plus attractives que les actions en offrant une rémunération plus élevée pour un risque généralement plus faible, tout en augmentant le coût du financement des entreprises et en réduisant la valeur actuelle de leurs bénéfices futurs.
Les Bourses sans « catalyseurs »
« Les marchés d'actions sont une nouvelle fois contraints d'arbitrer entre des thèmes structurels solides, notamment l'intelligence artificielle (IA) et les semi-conducteurs, et la pression immédiate exercée par la hausse des rendements et des coûts de l'énergie », relève Patrick Munnelly.
En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris gagnait 0,37%, Francfort 0,07%, Londres 0,29% et Milan prenait 0,13%. En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé lundi en repli de 0,73%. A Séoul, au retour d'une semaine fériée, l'indice Kospi a piqué du nez, terminant en baisse de 2,70%. Sydney a grimpé d'un modeste 0,17%.
Pour Jochen Stanzl, analyste chez Consorsbank, la semaine à venir « sera vraisemblablement partagée en deux, avec d'importantes publications trimestrielles dans le secteur de l'IA » avec les résultats de Micron, « et les chiffres de l'inflation » en Europe.
« Des chiffres élevés renforceraient certainement la position des membres les plus favorables à une politique monétaire restrictive au sein de la Banque centrale européenne » (BCE), estime Ipek Ozkardeskaya. D'autant que les dernières données « ont fait état d'une activité économique étonnamment solide, offrant à la BCE une marge de manuvre pour poursuivre le resserrement de sa politique ».










