Les marchés

La Bourse limite la casse

Le CAC 40 limite les dégâts. L'indice français cède 0,34% à 8 090 points ce mardi, après avoir effacé une bonne partie de ses pertes en séance. Deux facteurs ont permis de desserrer très légèrement l'étau : le pétrole se stabilise autour de 108$ le baril et le taux américain à dix ans revient vers 5%, après un pic à 5,03%, son plus haut niveau depuis 2007. Bref, ce n'est pas brillant !

Le pétrole reste la grande source d'inquiétude. Les attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite entretiennent les craintes sur l'approvisionnement mondial. Le royaume a interrompu son oléoduc Est-Ouest après des attaques de drones le ciblant, c'est une infrastructure vitale pour contourner le détroit d'Ormuz. Dans ce contexte, les valeurs de défense tirent leur épingle du jeu. Thales bondit de 4,12%, après que le Pentagone a reconnu que les opérations contre l'Iran avaient vidé les stocks américains de munitions. De quoi laisser entrevoir de nouvelles commandes pour reconstituer les réserves, on en reparle dans cette édition.

Mais le véritable test financier arrive demain avec la Fed. Une hausse des taux est désormais largement anticipée. Paradoxalement, ne pas la délivrer pourrait inquiéter les investisseurs, en donnant le sentiment que la Banque centrale hésite à combattre une inflation toujours alimentée par le pétrole. Dans un marché aussi sensible aux taux, les mots de la Fed compteront presque autant que sa décision. Bonne lecture !

Les valeurs

Technip Energies

Technip Energies retrouve des couleurs et signe la plus forte hausse du SBF 120, avec un gain de 5,57% à 29,94 ?. Le groupe profite notamment de la présentation d'une nouvelle solution industrielle destinée aux projets de gaz naturel liquéfié, développée avec Honeywell et Siemens Energy. L'objectif : réduire les délais, les risques de construction et rendre les coûts des futurs projets de GNL plus prévisibles. Le contexte énergétique lui est également favorable.

Avec un pétrole supérieur à 100$ et des inquiétudes persistantes sur l'approvisionnement mondial, les projets liés au gaz et aux infrastructures énergétiques retrouvent une importance stratégique. Technip Energies cherche parallèlement depuis plusieurs années à élargir son activité vers l'électricité, l'hydrogène, la capture du carbone et les nouveaux carburants. La hausse du jour ne garantit évidemment rien pour la suite, mais elle remet en lumière un groupe directement exposé aux gigantesques besoins mondiaux en infrastructures énergétiques. Depuis le début de l'année, son action progresse de 7,5% à la Bourse de Paris.

SEB

Mauvaise séance pour SEB, qui recule de 2,87% à 55,75 ?. Le spécialiste du petit équipement domestique inquiète surtout au Brésil, l'un de ses marchés les plus importants. La croissance organique en Amérique du Sud a fortement ralenti, passant de 10,9% au premier trimestre à seulement 1,3% au deuxième, avec une activité en recul sur le marché brésilien. Le bureau d'études TP ICAP Midcap reste pourtant positif sur le titre, mais pointe un risque plus profond qu'un simple ralentissement conjoncturel.

SEB est historiquement très présent dans les magasins physiques et sur les produits haut de gamme, alors que le commerce en ligne gagne du terrain. Le second semestre sera donc particulièrement instructif : si la demande ne repart pas malgré un contexte potentiellement plus favorable, les investisseurs pourraient y voir un problème plus structurel de positionnement commercial. Le titre reste néanmoins en hausse de 13,5% depuis le début de l'année.

Le coin des smalls

MaaT Pharma

La petite biotech s'effondre de 57,06% ce mardi, à 1,08 ?, après un nouveau coup dur pour son traitement le plus prometteur. La société lyonnaise développe des traitements à partir des bonnes bactéries présentes dans l'intestin, notamment pour aider des patients atteints de cancers. Son produit le plus avancé, Xervyteg, s'adresse aux personnes victimes d'une grave complication après une greffe de moelle osseuse, lorsque les cellules reçues se retournent contre leur organisme. Problème, les autorités européennes estiment que l'entreprise n'a toujours pas apporté suffisamment de preuves de son efficacité. La décision finale tombera vendredi, mais un feu vert paraît désormais très peu probable.

Et les conséquences pourraient être lourdes. MaaT Pharma n'a actuellement assez d'argent que pour tenir jusqu'en novembre 2026 et comptait notamment sur cette autorisation pour recevoir 12 millions d'euros de son partenaire britannique Clinigen. Un refus pourrait l'obliger à mener de nouvelles études, donc à dépenser davantage et à repousser encore l'arrivée de son traitement sur le marché. MaaT Pharma va désormais devoir trouver rapidement de nouvelles sources de financement pour poursuivre ses recherches ? Depuis le début de l'année, le titre éligible au PEA-PME cède 76%.

La pépite de la semaine

Quand l'information réglementée devient une donnée européenne ? Le 10 juillet 2026, sans grand bruit, l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a ouvert la première phase de collecte de l'ESAP, point d'accès unique européen aux informations financières et de durabilité.

Retrouvez ici l'analyse d'Euroland Corporate.

La recommandation du jour

Marchés sous pression ?

Ne restez pas seul face à la volatilité !

Pétrole au-dessus de 100$, taux américains proches de 5%, nouvelle hausse des taux de la BCE, inflation persistante, tensions géopolitiques ? En quelques semaines, le décor a profondément changé sur les marchés. Dans ce type d'environnement, le plus difficile n'est pas forcément de trouver des idées d'investissement. C'est surtout de savoir quoi acheter, quoi conserver, quoi vendre ? et quand agir.

C'est précisément le rôle de Bourse Privée : vous accompagner dans vos décisions avec nos recommandations, nos portefeuilles, nos analyses, nos réponses à vos questions et nos nouveaux outils. Nous avons d'ailleurs publié un article complet dans lequel nous vous présentons en détail le service, son fonctionnement et les performances de nos portefeuilles de long terme.

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Attention : l'offre prend fin demain.

Le monde d'après

Munitions US : les stocks sont vides

Nous vous en parlions ces dernières semaines, c'est désormais officiel ? Le Pentagone reconnaît pour la première fois une pénurie de munitions dans les stocks stratégiques américains, conséquence directe de la guerre en Iran. Selon un rapport de l'inspecteur général du ministère de la Défense, l'opération israélo-américaine en Iran, menée entre fin février et fin juin, aurait coûté environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards uniquement en munitions tirées. Un chiffre considérable, qui montre à quel point les conflits modernes consomment rapidement missiles, intercepteurs et équipements de défense.

Cette reconnaissance est importante, car elle contredit le discours officiel tenu jusqu'ici par Trump, qui affirmait encore début septembre que les États-Unis disposaient de quantités « presque illimitées » de munitions. Le rapport évoque au contraire des goulots d'étranglement industriels, c'est-à-dire des difficultés à produire assez vite pour reconstituer les stocks. L'armée américaine aurait aussi subi des pertes matérielles importantes : plusieurs avions de chasse, ravitailleurs et drones auraient été endommagés ou détruits lors des récentes frappes iraniennes contre des bases américaines au Moyen-Orient.

Pour les marchés, cette information confirme un thème déjà bien installé : les budgets militaires vont rester sous pression. Les États-Unis doivent reconstituer leurs stocks, sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement et accélérer la production de munitions. Cela peut soutenir les industriels de la défense, en particulier ceux positionnés sur les missiles, les systèmes d'interception, les drones et les équipements militaires. Mais le rapport rappelle aussi une réalité plus inquiétante : les Iraniens et leurs alliés semblent désormais avoir carte blanche pour maintenir la pression dans la région et notamment ? sur le pétrole.

L'agenda

Une hausse et ensuite ?

Demain, la Fed aura les marchés entre ses mains. À 20h, la Banque centrale américaine devrait relever ses taux de 0,25 point, une décision désormais largement anticipée par le marché. Le véritable enjeu sera ailleurs : et après ? Les nouvelles projections économiques et le discours de Kevin Warsh devront indiquer si cette hausse restera isolée ou si d'autres tours de vis se préparent ?

Le terrain est déjà inflammable : pétrole au-dessus de 100 dollars, taux américain à 10 ans supérieur à 5% (voir lexique). Le moindre signal plus dur que prévu pourrait donc raviver les tensions sur les actions, en particulier les valeurs technologiques et de croissance. Avant la Fed, les ventes au détail américaines testeront la résistance de la consommation après leur recul de juillet. En somme, la Fed sera la vedette de la séance, mais la volatilité pourrait commencer bien avant 20h !

Demain à la une

Une hausse et ensuite ?

Demain, la Fed aura les marchés entre ses mains. À 20h, la Banque centrale américaine devrait relever ses taux de 0,25 point, une décision désormais largement anticipée par le marché. Le véritable enjeu sera ailleurs : et après ? Les nouvelles projections économiques et le discours de Kevin Warsh devront indiquer si cette hausse restera isolée ou si d'autres tours de vis se préparent ?

Le terrain est déjà inflammable : pétrole au-dessus de 100 dollars, taux américain à 10 ans supérieur à 5% (voir lexique). Le moindre signal plus dur que prévu pourrait donc raviver les tensions sur les actions, en particulier les valeurs technologiques et de croissance. Avant la Fed, les ventes au détail américaines testeront la résistance de la consommation après leur recul de juillet. En somme, la Fed sera la vedette de la séance, mais la volatilité pourrait commencer bien avant 20h !

Le lexique

Le 10 ans américain

L'obligation américaine à 10 ans est l'un des grands baromètres des marchés mondiaux. Émise par le Trésor des États-Unis, elle est considérée comme une référence car le marché de la dette américaine est immense, très liquide et suivi par tous les investisseurs. Son rendement sert de point de comparaison pour de nombreux actifs financiers et reflète les anticipations sur l'inflation, la croissance et la politique monétaire de la Fed.

Pour les actions, son importance est majeure : lorsque le taux à 10 ans monte, les obligations deviennent plus attractives et le coût du financement augmente. Surtout, les bénéfices futurs des entreprises valent moins une fois actualisés avec un taux plus élevé, ce qui peut peser sur les valorisations, notamment celles des valeurs technologiques et de croissance. À l'inverse, une baisse du 10 ans peut soutenir les actions en rendant les conditions financières plus favorables.