« Les marchés terminent la semaine avec les actions américaines proches de leurs plus hauts historiques, après que les données d'inflation ont réduit les craintes selon lesquelles la Réserve fédérale devrait à nouveau resserrer sa politique monétaire en septembre », commente Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.

Les contrats à terme sur les trois principaux indices new-yorkais présageaient une ouverture dans le vert pour l'indice Nasdaq et le S&P 500, au lendemain d'un record. Seul le Dow Jones se dirige vers une ouverture en légère baisse.

Les Etats-Unis ont publié jeudi une nouvelle donnée sur l'inflation, l'indice des prix à la production (PPI), qui est resté stable en juillet. Cette publication est venue compléter les chiffres publiés mercredi côté consommateurs (l'indice CPI), qui avaient montré un ralentissement de la hausse des prix le mois dernier.

Pour Andreas Lipkow de CMC Markets, ces données « n'ont pas mis en évidence de dynamique inflationniste ». Elles ont toutefois « été relevées à une période où les prix de l'essence étaient en baisse », rappelle-t-il. Reste que ces chiffres « dissipent la crainte des investisseurs de hausses de taux et donnent à la banque centrale (Fed) la latitude nécessaire pour patienter ».

D'après l'économiste de la Deutsche Bank Jim Reid, la probabilité d'une hausse des taux de la Fed en septembre est tombée à seulement 35% à la clôture, contre plus de 50% mercredi avant les premières publications sur l'inflation américaine.

« Les actions se trouvent donc, pour l'instant, dans une sorte de zone idéale », estime Daniela Hathorn. « Les bénéfices continuent de soutenir le marché et la menace immédiate d'une nouvelle hausse des taux de la Fed s'est atténuée. » « Cette tonalité favorable au risque s'est propagée en Asie », constate Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.

A la Bourse de Tokyo, l'indice phare Nikkei a terminé en petite hausse de 0,59%. A Séoul, l'indice vedette Kospi a gagné 2,42%. En Chine continentale, Shanghai est restée stable (+0,01%) et Shenzhen a gagné 0,45%. Seul le Hang Seng de Hong Kong a perdu 1,10%.

Le pétrole dans le viseur

En Europe, l'humeur est prudente. Vers 12H00 GMT, la Bourse de Paris grappillait 0,04%, Londres cédait 0,05% et Milan 0,02%. Seule Francfort s'inscrivait en hausse de 0,84%. Les places européennes restent particulièrement sensibles aux prix de l'énergie, les économies du Vieux Continent restant de grandes importatrices d'hydrocarbures. Or « le pétrole constitue l'exception notable à l'amélioration générale de l'environnement favorable au risque », souligne Daniela Hathorn.

Vendredi, les prix se stabilisaient, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale, perdant 0,03% à 87,04 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, prenait 0,25% à 81,45 dollars le baril vers 12H00 GMT.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique « comme le monde n'en a jamais vu », nouveau signe d'un durcissement de Washington, qui promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

« L'Iran continue de restreindre le passage des navires commerciaux et les tensions se sont de nouveau intensifiées cette semaine, notamment avec les attaques qui auraient visé des navires liés aux Émirats arabes unis », rappelle Daniela Hathorn. Cette situation a contraint les traders à réintégrer une partie de la prime de risque géopolitique qui avait été retirée des prix plus tôt en août », note l'analyste.