Les marchés
Ça y est !
Le CAC 40 tente de reprendre ses esprits après sa chute de 2,2% d'hier, la plus forte depuis mars, provoquée par la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran. Ce soir, l'indice français signe un rebond de 0,90% à 8 327 points, aidé par une accalmie relative sur le pétrole, avec un Brent autour des 77$ le baril, après un pic à plus de 80$ hier. Les investisseurs restent toutefois prudents, les nouvelles frappes américaines contre l'Iran entretenant le risque d'un conflit prolongé.
Dans ce contexte tendu, les valeurs technologiques apportent un soutien bienvenu au marché : Soitec gagne 5,9% et STMicroelectronics 7,2%, après leurs fortes chutes dont nous vous parlions hier. Wall Street profite également de la hausse des valeurs liées à l'IA : le S&P 500 gagne 0,6% et le Nasdaq 0,8% pour le moment (respectivement -0,3% et +0,2% hier). Le compte rendu de la Fed rappelle toutefois que les prochains ajustements de taux dépendront aussi de l'évolution du pétrole, alors que l'investissement massif dans l'intelligence artificielle reste au cur des anticipations de croissance, d'inflation et de bénéfices.
Les valeurs
Hermès
Hermès signe la deuxième plus forte hausse du CAC 40, avec un gain de 3,44% à 1 625. Le marché apprécie l'annonce de l'arrivée du sellier-maroquinier dans la haute couture, avec une première collection prévue en janvier 2027, lors de la Semaine de la Haute couture à Paris, du 25 au 28 janvier. C'est un terrain très sélectif : seules 13 maisons bénéficient aujourd'hui de l'appellation protégée « haute couture ». Cette annonce arrive alors que le secteur du luxe reste pour le moins contrasté.
JPMorgan attend une croissance d'environ 4% des ventes au deuxième trimestre, comme au premier. Les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et le retour des touristes en Europe soutiennent le secteur, mais le marché chinois reste plus fragile. Pour Hermès, cette entrée dans la haute couture renforce encore son image d'excellence, déjà portée par ses sacs iconiques comme le Birkin et le Kelly. La hausse du jour permet au titre de limiter quelque peu son recul annuel, à tout de même -23% depuis le 1er janvier.
Ipsen
Le laboratoire pharmaceutique progresse de 1,69% ce soir, à 168,80, après avoir dévoilé des résultats préliminaires encourageants pour sa toxine botulique développée contre la migraine. Lors de son étude de phase III, la dernière étape avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché, le traitement a atteint son principal objectif, aussi bien chez les patients souffrant de migraine épisodique que de migraine chronique. Ipsen souligne également qu'aucun nouveau problème de sécurité n'a été identifié. Il s'agit de la première toxine botulique à démontrer une réduction significative du nombre de jours de migraine par mois chez les patients atteints de migraine épisodique.
Le marché reste toutefois prudent, car seuls des résultats préliminaires ont été publiés. Les données complètes, notamment l'efficacité du traitement et sa comparaison avec les médicaments déjà disponibles, seront présentées lors d'un prochain congrès scientifique. Si ces résultats sont confirmés, le produit pourrait devenir un nouveau moteur de croissance pour le groupe biopharmaceutique français, sur un marché où la demande est très importante. Le laboratoire poursuit ainsi le développement de son activité dans les neurosciences, après avoir déjà présenté cette année plusieurs avancées cliniques sur ses traitements à base de toxine botulique. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 41%.
Le coin des smalls
Riber
Le spécialiste des équipements pour semi-conducteurs gagne 7,72%, à 10,46, après une nouvelle commande de 3SP Technologies, un client français fidèle depuis plus de 20 ans. Riber livrera en 2027 une machine destinée à produire davantage de composants utilisés dans les réseaux internet très rapides et les infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Le montant du contrat n'a pas été communiqué, mais le marché apprécie cette bonne nouvelle commerciale. La commande confirme en effet que Riber profite de la forte demande pour les composants indispensables aux échanges de données et aux centres de données. Depuis le début de l'année, le titre éligible au PEA-PME s'envole de 200%.
Le monde d'après
SK Hynix affole Wall Street
SK Hynix s'apprête à tester l'appétit de Wall Street pour les puces liées à l'intelligence artificielle. Le géant sud-coréen des puces mémoire, fournisseur clé de Nvidia, doit annoncer les modalités de son arrivée sur le Nasdaq. L'opération pourrait lui permettre de lever environ 28 milliards de dollars, via l'émission de l'équivalent de 18 millions de nouvelles actions. Déjà coté à Séoul, le titre affiche une progression spectaculaire de plus de 220% depuis le début de l'année et de près de 680% sur un an.
L'engouement semble déjà très fort. Selon Reuters, la demande des investisseurs serait plus de sept fois supérieure au nombre d'actions disponibles. Si l'opération se confirme, elle pourrait rivaliser avec l'introduction en Bourse de Saudi Aramco, qui avait levé 25,6 milliards de dollars en 2019, sans toutefois s'approcher du record récent de SpaceX et ses 86 milliards de dollars. Cette forte demande montre que, malgré les doutes récents sur les valorisations de l'IA, les investisseurs restent prêts à payer cher les acteurs essentiels de la chaîne d'approvisionnement.
Les fonds levés doivent servir à financer de nouvelles capacités de production, dans un marché encore marqué par les pénuries. SK Hynix, son concurrent coréen Samsung et l'américain Micron dominent les puces mémoire à haute performance utilisées dans les serveurs d'intelligence artificielle. Le géant sud-coréen veut désormais renforcer son avance, non seulement dans les puces les plus avancées, mais aussi en volumes de vente. Clairement, dans cette course mondiale, la capacité à produire davantage devient aussi stratégique que l'avance technologique. Affaire à suivre de près !
Demain à la une
Inflation et pétrole
On prend les mêmes et on recommence ! Ce vendredi devrait à nouveau être dominé par un équilibre fragile entre prudence géopolitique et attente des prochains grands catalyseurs boursiers. En Europe, les marchés surveilleront les chiffres définitifs de l'inflation en Allemagne et en France, ainsi que la production industrielle de la zone euro. Ces données peuvent influencer les anticipations sur les taux de la Banque centrale européenne. Comme toujours, une inflation plus persistante limiterait les espoirs de baisse prochaine des taux, tandis qu'un ralentissement de l'activité renforcerait les inquiétudes sur la croissance.
Aux États-Unis, l'agenda économique sera beaucoup plus léger, ce qui pourrait laisser les investisseurs se concentrer sur deux sujets majeurs : l'évolution du pétrole après la reprise des tensions au Moyen-Orient et le lancement imminent de la saison des résultats trimestriels américains, avec les grandes banques attendues dès la semaine prochaine. Le marché cherchera surtout à savoir si les bénéfices des entreprises restent assez solides pour justifier les niveaux extrêmes des actions, en particulier dans la technologie et les secteurs liés à l'intelligence artificielle.
Le lexique
Pourquoi une hausse des taux pèse-t-elle sur les actions technologiques ?
Car ces entreprises sont valorisées en grande partie sur leurs profits futurs. Quand les taux montent, les investisseurs exigent des rendements plus élevés et la valeur de ces bénéfices futurs diminue mécaniquement. Les actions technologiques deviennent alors moins attractives. En parallèle, des taux plus élevés rendent le financement plus coûteux pour les entreprises.
Or, de nombreuses sociétés technologiques investissent massivement pour soutenir leur croissance. Enfin, les investisseurs peuvent être tentés de se tourner vers des placements jugés plus sûrs, comme les obligations, qui offrent alors de meilleurs rendements. Résultat, les valeurs technologiques sont souvent parmi les premières à reculer lorsque les taux grimpent.










