Les marchés : un semestre en feu !
Wall Street vient de signer un semestre exceptionnel malgré les tensions au Moyen-Orient, les doutes sur les dépenses liées à l'intelligence artificielle et la crainte de taux élevés. L'indice des grandes valeurs américaines a gagné 15% sur trois mois, sa meilleure performance trimestrielle depuis six ans, et près de 10% sur le semestre. L'Europe a aussi progressé, mais moins vite. Clairement, l'avance américaine s'explique surtout par le poids des entreprises liées aux puces électroniques, très recherchées avec l'essor de l'intelligence artificielle. Dans la suite de cette édition, nous faisons le bilan des performances semestrielles les plus marquantes, au niveau mondial.
Le moteur des derniers mois n'a pas seulement été les grandes stars habituelles de la technologie. Des groupes comme SanDisk, Micron, Intel, Marvell Technology et AMD ont flambé, avec des hausses allant de 180% à 260%. Les investisseurs ont misé plus que jamais sur les entreprises qui fournissent la puissance de calcul, la mémoire et le stockage nécessaires aux grands centres de données. À l'inverse, d'autres sociétés sont restées à l'écart, comme Intuit, Zoetis, Accenture ou LyondellBasell, en baisse de 30% à 40%.
Un mot enfin de cette première séance du second semestre : le CAC 40 clôture en perte de 0,79% à 8 337 points et Wall Street marque une pause bien méritée (+0,2% sur le S&P 500 et performance nulle sur le Nasdaq). Bonne lecture !
Les valeurs : Renault retrouve des couleurs, Schneider Electric recule
Renault signe la deuxième plus forte hausse du CAC 40 ! Le titre reprend 4,78% à 26,28 dollars, après avoir rassuré les investisseurs à moins d'un mois de ses résultats semestriels, attendus le 30 juillet. La direction a confirmé ses objectifs pour 2026, malgré un environnement toujours difficile : une marge opérationnelle de 5,5% et un flux de trésorerie d'environ 1 milliard d'euros. Cette confirmation est bien accueillie par le marché, alors que l'action recule encore de 25% depuis le début de l'année. Le constructeur auto reste pénalisé par les craintes autour de la concurrence chinoise, qui représente désormais 12% des ventes de voitures dans l'Union européenne.
Mais pour les bureaux d'études, le groupe montre qu'il tient pour l'instant sa trajectoire. Renault continue également de miser sur le succès de ses nouveaux modèles, notamment les Renault 5, Renault 4 et la future Twingo, tout en poursuivant ses efforts de réduction des coûts. Plusieurs banques estiment toutefois que le marché sous-estime encore sa capacité à faire face à la concurrence chinoise (et nous faisons partie des sceptiques !). Les prochains mois s'annoncent encore très disputés sur le marché automobile européen !
Schneider Electric. Le spécialiste des équipements électriques recule de 3,07% à 276,65 dollars après l'annonce du rachat de la société norvégienne Cognite pour 3,1 milliards de dollars (environ 2,7 milliards d'euros). Fondée en 2017 et forte de 800 salariés, Cognite développe des logiciels d'intelligence artificielle destinés aux industriels afin d'améliorer la maintenance, la productivité et l'analyse des données. En 2025, l'entreprise a réalisé 170 millions de dollars de chiffre d'affaires, avec des revenus récurrents en hausse de 36%. Sur le plan stratégique, cette acquisition renforce l'offre logicielle de Schneider Electric dans l'IA industrielle, un marché en forte croissance.
Si le projet séduit sur le fond, c'est son prix qui fait débat. Schneider paie environ 18 fois le chiffre d'affaires de 2025 et 13,7 fois celui attendu en 2026, alors que Cognite a encore enregistré une perte opérationnelle de 24 millions de dollars l'an dernier. Plusieurs bureaux d'études jugent cette valorisation élevée, d'autant que cette acquisition intervient après d'autres opérations coûteuses. Le marché s'interroge donc sur le prix payé, même si cette transaction reste limitée à l'échelle du groupe puisqu'elle représente moins de 2% de sa capitalisation boursière de 160,6 milliards d'euros. Malgré la baisse du jour, Schneider Electric affiche une progression d'environ 18% depuis le début de l'année à la Bourse de Paris.
Le coin des smalls : 2CRSI s'envole
Le fabricant de serveurs informatiques s'envole de 22,23% à 37,50 dollars, poursuivant son rebond après les violentes turbulences provoquées par l'attaque du vendeur à découvert Grizzly Research dont nous vous parlions ces derniers temps. Malgré ce rebond, le titre éligible au PEA-PME reste encore très loin de son niveau antérieur à l'offensive, même s'il affiche toujours une hausse de près de 230% depuis le début de l'année. À l'origine de ce regain d'intérêt, une note de Portzamparc, qui estime que la récente chute du cours offre une opportunité d'achat intéressante. Le bureau d'études juge que l'action est redevenue peu chère par rapport aux bénéfices attendus dans les prochaines années et maintient un objectif de cours de 59,30 dollars, soit un potentiel de hausse de 58% par rapport au cours actuel.
Portzamparc estime également que plusieurs événements pourraient soutenir le titre dans les prochains mois : l'avancement des grands projets européens liés à l'intelligence artificielle, le démarrage du partenariat avec Valeo et le lancement des nouveaux processeurs de Nvidia. Ses analystes soulignent aussi que les investissements massifs dans l'intelligence artificielle et les besoins croissants des centres de données restent des moteurs de croissance pour la société française. Affaire à suivre !
Le point sectoriel
Les indices français ont clôturé cette semaine une première moitié d'année bien agitée. Après un premier trimestre très dur, les mois de mai et juin ont été le théâtre de rebonds soutenus. En juin, la reprise a brusquement cessé pour le CAC Mid & Small avec une chute de -9,6% de l'indice à 14 381,54 pts. Le CAC 40 a quant à lui progressé de +2,7% à 8 403,99 pts et affiche une performance annuelle de +3,1% au terme du premier semestre.
L'événement du mercredi : Le bilan semestriel
Le premier semestre est terminé, l'heure du bilan a sonné pour les marchés. Quelles sont les performances marquantes depuis le début de l'année ?
Europe
Euro Stoxx 50 : +9,14%
CAC 40 : +3,12%
DAX 40, Berlin : +2,06%
États-Unis
Russell 2000, voir lexique : +21,86%
Nasdaq : +12,79%
S&P 500 : +9,55%
Asie
Kospi, Séoul : +101,14% !
Nikkei, Tokyo : +39,18%
Shanghai Composite : +3,16%
Matières premières
Pétrole Brent : +20,56%
Or : -7,20%
Argent : -18,23%
Devises et crypto
EUR / USD : -2,76%
USD / JPY : +3,61%
Bitcoin : -33,11% !
Le monde d'après : encore un report d'IPO ?
L'introduction en Bourse de KNDS, le fabricant franco-allemand du canon Caesar et du char Leopard, pourrait être reportée. Selon le Financial Times, le groupe peine pour l'instant à convaincre les investisseurs de lui accorder une valorisation supérieure à 12 milliards d'euros. Un niveau bien inférieur aux 18 à 20 milliards d'euros évoqués il y a encore quelques semaines, et loin des 25 milliards initialement espérés.
Le calendrier de l'opération dépendra désormais des prochaines négociations avec les investisseurs. Les actionnaires actuels ne souhaiteraient pas aller sous 12,5 milliards d'euros, alors que le prix d'introduction doit aussi servir de référence pour la montée de l'État allemand au capital. KNDS reste pourtant un acteur solide de la défense européenne, avec 4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, en hausse de 15,9%, et une marge opérationnelle de 15%.
Le contexte boursier s'est toutefois nettement dégradé pour les valeurs de défense depuis février. L'indice européen du secteur recule de 22,4%, tandis que Rheinmetall, souvent considéré comme le principal point de comparaison pour KNDS, perd près de 30% sur trois mois. Après plusieurs introductions réussies dans l'armement, les investisseurs semblent de nouveau plus prudents sur les valorisations. La décision de KNDS donnera un premier signal sur la capacité du secteur de la défense à conserver des valorisations élevées après l'euphorie des derniers mois. Et nous suivrons de près le dossier dans le Journal de la Bourse !
Demain à la une : une séance américaine !
La séance de demain devrait surtout être guidée par les États-Unis. Les investisseurs suivront de près le rapport mensuel sur l'emploi américain, les nouvelles inscriptions au chômage et les commandes à l'industrie, trois indicateurs importants pour juger de la solidité de l'économie et de la trajectoire des taux de la Banque centrale américaine. L'enjeu sera d'autant plus fort que Wall Street sera fermée vendredi pour la fête nationale américaine, ce qui réduira fortement les volumes boursiers et accentuera certains mouvements en fin de séance.
En Europe, le taux de chômage de la zone euro et plusieurs prises de parole de responsables de la Banque centrale européenne seront également surveillés. Sur le plan géopolitique et industriel, les tensions commerciales avec la Chine devraient à nouveau attirer l'attention, après les nouvelles mesures européennes sur l'acier et les petits colis importés. L'or noir pourrait aussi rester sensible à l'approche de la réunion du cartel pétrolier de l'OPEP+, prévue dimanche.
Le lexique : Russell 2000
Le Russell 2000 est un indice boursier américain qui regroupe environ 2 000 petites entreprises cotées aux États-Unis. Il est souvent utilisé pour mesurer la santé des petites capitalisations américaines, plus sensibles à l'économie locale que les grands groupes comme Apple, Microsoft ou Nvidia.









