Les marchés : la tension monte...

La dégringolade boursière continue ! Le CAC 40 perd 0,61% à 8 063 points ce mardi soir (-2,4% depuis lundi matin). La tension monte entre Trump et l'Europe... Désormais, il veut attaquer les exportations européennes, et en particulier les vins et champagnes français. On en reparle dans la suite de cette édition.

Clairement, les marchés redoutent une nouvelle escalade commerciale et davantage d'instabilité. Donc plus de volatilité en Bourse. Dans ce climat d'incertitude, l'ensemble des grandes places mondiales est sous pression. Après un lundi férié, Wall Street a rouvert ses portes aujourd'hui et subit pour le moment une baisse de plus d'1% sur ses principaux indices.

En France, le secteur du luxe est particulièrement sanctionné, avec de fortes baisses pour LVMH (-2,2%), Kering (-2,6%) ou Hermès (-1,2%). Plusieurs banques et bureaux d'études craignent que le luxe devienne la prochaine cible de Trump. D'autres valeurs reculent aussi, comme Capgemini (-2,8%), après l'annonce d'un projet de suppression de postes en France, même si cette faiblesse était déjà largement anticipée par le marché. Bref ! Le contexte reste explosif.

Les valeurs : Capgemini, Renault et Nacon

Capgemini. Capgemini recule ce mardi, après l'annonce d'un plan de suppression de postes en France. L'action cède 2,77% en fin de séance, et clôture à 133,30 euros, dans un marché globalement baissier. Cette baisse traduit l'inquiétude des investisseurs face à la décision du groupe de supprimer jusqu'à 2 400 emplois dans l'Hexagone, un signe de tension sur l'activité des services numériques alors que certaines industries clientes, comme l'automobile, freinent leurs dépenses informatiques.

Ce plan, basé sur le volontariat et assorti de mesures de reconversion interne, vise à adapter Capgemini à l'évolution rapide des technologies, notamment l'intelligence artificielle, et aux attentes changeantes des clients. Mais il s'inscrit aussi dans un contexte de croissance atone en Europe pour les services informatiques, avec même un recul observé en France. Le marché sanctionne donc ces perspectives peu reluisantes, même si la direction insiste sur une reprise progressive attendue dans les prochains trimestres. Depuis le 1er janvier, Capgemini cède près de 7% à la Bourse de Paris.

Renault. Le constructeur automobile a signé, en 2025, une troisième année consécutive de croissance, avec 2,34 millions de véhicules vendus dans le monde (+3,2%), une performance supérieure à celle du marché. La dynamique est portée par l'international et par l'électrification. Cette résistance opérationnelle rassure temporairement les investisseurs.

La banque d'investissement Bernstein a d'ailleurs réitéré son conseil d'achat sur le titre, assorti d'un objectif de 43 euros, soit un potentiel de hausse de 35% par rapport au cours actuel. À la Bourse de Paris, l'action gagne 2,25% ce soir, et clôture à 31,85 euros, signant la meilleure performance journalière du CAC.

Le marché salue la capacité du groupe à accélérer sur les hybrides et l'électrique, et à compenser la faiblesse européenne par une croissance à deux chiffres hors du continent. Un signal positif en ce début d'année, même si la direction reste prudente sur les perspectives du marché européen pour les trimestres à venir. Malgré cette bonne nouvelle, l'action cède déjà 10% depuis le début de l'année (-25% en 2025)...

Nacon. Le spécialiste des accessoires gaming recule de 11,61% à 0,45 euro à la clôture. Le marché sanctionne une publication contrastée : au troisième trimestre de son exercice décalé, la forte progression des nouveaux jeux (+40%) n'a pas suffi à compenser la faiblesse persistante des accessoires, toujours pénalisés aux États-Unis par un environnement commercial dégradé.

Sur le plan opérationnel, le groupe éligible au PEA-PME affiche pourtant des fondamentaux solides au premier semestre, avec une forte progression de son résultat opérationnel, qui atteint 33,6 millions d'euros, en hausse de 19%, et un résultat opérationnel qui progresse de 30%.

La marge brute reste élevée, mais face au ralentissement du marché et au manque de visibilité sur l'activité accessoires, la direction révise ses perspectives et anticipe désormais une activité 2026 comparable à celle de l'exercice précédent, ce qui explique la prudence persistante des investisseurs. Après -29% en 2025, l'action cède 14,5% depuis le début de l'année.

Le monde d'après : et maintenant... Le champagne !

Trump utilise à nouveau son arme favorite : les droits de douane. Cette fois, il s'attaque directement aux vins et champagnes français, brandissant une surtaxe punitive de 200%. En toile de fond, un bras de fer politique après le refus de Macron de rejoindre le futur « Conseil de paix » voulu par Washington pour reconstruire Gaza. D'ailleurs, les missions de ce conseil sont particulièrement floues et certains y voient la volonté de Trump de concurrencer l'ONU.

Il veut, par ailleurs, faire payer un milliard de dollars aux pays souhaitant rejoindre ce « Board of Peace ». Bref ! Macron a refusé d'y participer et s'est attiré les foudres du président américain. Fidèle à sa méthode, Trump transforme un désaccord diplomatique en arme commerciale, assumant une pression frontale sur un secteur emblématique de l'économie française. À Paris, l'exécutif dénonce une menace « inacceptable » et appelle à une riposte européenne coordonnée.

Pour la France, il ne s'agit plus d'un simple contentieux commercial, mais d'une tentative assumée d'influencer sa politique étrangère par la contrainte économique. La viticulture, déjà fragilisée par un environnement difficile, se retrouve ainsi en première ligne d'un rapport de force qui dépasse largement la question des échanges transatlantiques.

Côté marchés, le signal est clair. La géopolitique est plus que jamais un facteur clé de risque sectoriel. Après la défense, l'énergie ou les métaux stratégiques, l'agroalimentaire et le luxe pourraient à leur tour entrer dans la zone de turbulences. L'Europe dispose d'outils de rétorsion puissants, mais leur activation marquerait une nouvelle escalade. Et beaucoup doutent, à juste titre, que l'Europe soit capable d'une réponse forte et coordonnée. Dans ce climat, une chose est certaine : sous l'ère Trump, les droits de douane ne sont plus un instrument économique, mais une arme géopolitique à part entière.

Demain à la Une : une séance de transition ?

En dehors de l'inflation britannique, aucune donnée économique de premier plan n'est attendue demain. Wall Street devra toutefois digérer les résultats de Netflix, publiés ce soir après la clôture. Le géant américain de la santé Johnson & Johnson dévoilera à son tour son bilan annuel. Sauf nouveau développement géopolitique ou annonce de Trump, ce mercredi devrait donc être une séance de transition, avant la mise à jour du PIB et les nouvelles données sur l'inflation aux États-Unis (PCE Core, voir lexique), prévues jeudi après-midi.

Le lexique : le PCE Core

Le PCE Core est un indicateur économique américain qui mesure l'évolution des prix des biens et services consommés par les ménages, en excluant l'énergie et l'alimentation, dont les prix sont très volatils. Il sert à évaluer l'inflation « de fond », plus stable, et constitue la référence privilégiée de la Réserve fédérale pour guider sa politique de taux d'intérêt.