« Je souhaite aujourd'hui véritablement sonner la mobilisation générale de l'industrie de l'assurance, que tout le monde se retrousse les manches pour qu'on soit aux côtés des sinistrés », a-t-il déclaré en amont d'une réunion avec les représentants de la profession.

Le ministre de l'Economie a par ailleurs précisé sur RTL qu'à l'heure actuelle « il ne reste que 6 000 » foyers privés d'électricité, contre 900 000 au pic de la crise, et 13 000 vendredi en milieu de journée. « On est sur des phénomènes extrêmement importants », a souligné M. Lescure. Avec 37 jours de pluie consécutifs, le littoral atlantique subit la plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959.

Tempête Pedro : ce qu'il faut savoir pour être indemnisé par votre assurance habitation

Accélérer le traitement des dossiers

Les assureurs sont donc attendus pour indemniser rapidement les sinistrés de la tempête Nils d'abord, qui a traversé la moitié sud de la France la semaine dernière, et de la tempête Pedro, qui a parcouru le pays d'Ouest en Est cette semaine, et surtout les assurés touchés par des inondations exceptionnelles.

A l'issue de la réunion, ils se sont notamment engagés à « accélérer le traitement en gré-à-gré des dossiers d'indemnisation » ne nécessitant pas la réalisation d'une expertise, à « mobiliser des experts rapidement » dès qu'il sera possible de se rendre sur site et à étendre les délais de déclaration de sinistres limités normalement à 30 jours pour les zones en état de catastrophe naturelle, a indiqué le ministère vendredi dans un communiqué. Une première commission se réunira mardi.

L'assurance habitation

Le travail des assureurs, « c'est d'assurer contre les risques », a rappelé le ministre, « ils touchent des primes pour ça, et j'espère qu'ils vont pouvoir le faire vite et bien ». Le locataire de Bercy a également cherché à rassurer les Français en précisant que leurs contrats multirisques habitation (MRH) ou multirisques entreprise couvraient bien contre les tempêtes et les inondations, que la commune soit déclarée en situation de catastrophe naturelle ou pas.

La différence sera essentiellement pour les assureurs, qui pourront dans un cas s'appuyer sur le régime « catnat », un partenariat public-privé porté par la Caisse centrale de réassurance (CCR), et dans l'autre non. La première commission interministérielle, réunissant notamment les services du ministère de l'Intérieur et de Bercy, se réunira mardi afin de dresser une première liste de communes éligibles.

Assurance habitation : catastrophe naturelle ou non, ça change quoi pour l'indemnisation ?

« On a des dizaines de milliers de Français qui sont touchés », a insisté M. Lescure, « il faut que les assureurs soient au rendez-vous de la mobilisation générale que je souhaite décréter aujourd'hui ».

Les dégâts ne seront estimés « de manière précise que quand la décrue (sera) déjà très largement engagée », mais « on a évalué avec les assureurs qu'on est, en termes de montants, au moins à 1 milliard d'euros de dommages », a rappelé M. Lescure sur RTL.

Mais pour l'instant « on est encore au cœur de la tourmente. Les inondations sont encore très importantes. La décrue n'a pas commencé » et « en attendant, aujourd'hui on gère l'urgence », a souligné le ministre.