La banque Société Générale va renoncer à certains de ses produits structurés, a indiqué son directeur général Frédéric Oudéa samedi, en estimant que la crise financière liée au coronavirus « est de loin la plus grave à laquelle nous avons eu à faire face ».

« Notre activité de produits structurés actions en particulier a dû faire face à un phénomène de dislocation des marchés inédit avec des baisses d'indices très brutales, une volatilité jamais vue et des annulations de dividendes en Europe en série, paramètres entrant dans la valorisation de nos produits », a-t-il dit au journal Les Echos. « Ces produits sophistiqués » offrent aux clients un rendement attractif avec une garantie sur tout ou partie du capital, et la banque garde dans son bilan « une partie des risques », qu'elle doit couvrir, a-t-il rappelé.

Or, « entre mi-mars et début avril, les marchés ont été secoués à un rythme jamais vu depuis la deuxième guerre mondiale et la gestion de ces couvertures a été complexe et coûteuse. Nous serons amenés à revoir cette gamme de produits et renoncer à certains produits complexes », a annoncé Frédéric Oudéa.

« Certains produits nous ont coûté cher au 1er trimestre »

Interrogé sur l'avenir des dérivés actions, force historique de la Société Générale, il a répondu : « Certains produits nous ont coûté cher au premier trimestre car ils sont plus compliqués à couvrir en période de dislocation. Donc, oui, nous allons simplifier la panoplie de ces produits ».

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Société Générale a annoncé jeudi avoir essuyé une perte trimestrielle pour la première fois depuis fin 2012, plombée par sa banque de financement et d'investissement (BFI), ainsi que par des provisions supplémentaires pour faire face à la crise du coronavirus et à deux dossiers exceptionnels de fraude. Elle s'attend à une flambée du coût du risque en 2020 mais s'est voulue rassurante sur son assise financière.