« En 2020, en plein Covid, tout le monde criait à l'horreur sur la précarité étudiante et qu'il fallait agir en urgence. Depuis, les aides sociales ont été détricotées », regrette auprès de l'AFP Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante.

La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non-boursier en licence, soit une hausse de 655 euros par rapport à 2020, selon cette enquête annuelle. Dans le détail, les frais de vie courante atteignent 1 145 euros par mois. Le logement en représente à lui seul plus de la moitié, avec un coût moyen de 637 euros, devant l'alimentation à 181 euros, hors restauration universitaire, estimée à 20 euros.

Les dépenses de transport représentent en moyenne 152 euros par mois. À cela s'ajoutent 52 euros consacrés aux loisirs, un poste de dépense souvent considéré comme secondaire mais que l'organisation juge pourtant essentiel. « Cela a un impact énorme sur la santé mentale », estime Suzanne Nijdam.

2 095 euros de frais spécifiques de rentrée

Les frais spécifiques de rentrée s'élèvent, quant à eux, à 2 095 euros. Ils comprennent notamment les frais d'agence immobilière (326 euros), le dépôt de garantie (637 euros) pour la location d'un logement et l'achat de matériel pédagogique, comme des manuels par exemple (502 euros).

Ce dernier poste est particulièrement dénoncé par la Fage, qui le qualifie de « frais illégaux ». Dans certaines filières, comme l'odontologie, les étudiants doivent acquérir du matériel indispensable à leur formation, pour un coût pouvant atteindre 800 euros. L'organisation réclame ainsi une prise en charge par l'État de ces frais complémentaires.

Elle s'alarme aussi de la situation des étudiants extra-communautaires, jugés « en première ligne face à cette précarité » avec la suppression des APL et la généralisation des frais d'inscription différenciés. Leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros.

Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l'Union européenne doivent désormais s'acquitter de 2 895 euros de droits d'inscription en licence et de 3 941 euros en master.

Deux « coups de massue », selon la Fage, qui réclame la suppression de ces mesures, ainsi que l'indexation et la revalorisation des bourses étudiantes prévues dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin et la pérennisation de l'encadrement des loyers.