Dans cette lettre envoyée lundi à chacun de la vingtaine de candidats déjà en lice, révélée par Les Échos mardi et dont l'AFP a eu copie, Philippe Juvin demande notamment aux candidats de détailler leurs objectifs en matière de déficit public et de dette, les réformes structurelles qu'ils envisagent concernant les dépenses et les recettes, leur stratégie fiscale et les priorités du premier budget de leur quinquennat.

Les réponses seront transmises aux membres de la commission des Finances pour alimenter le débat présidentiel, explique-t-il. Le député se réclame d'un esprit « républicain et impartial » dans cette démarche, visant à contribuer à « la clarté du débat démocratique ».

« Dire la vérité aux Français, c'est les respecter »

Philippe Juvin rappelle les constats alarmants récemment établis sur l'état financier de la France. D'une part par la Cour des comptes, qui a estimé en juin que la dette publique devrait atteindre 119% du PIB cette année et que la charge des intérêts de cette dette, proche de 78 milliards d'euros, pourrait franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie.

Le rapport de la mission sur la transparence des finances publiques, publié en juillet, établit pour sa part qu'à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9% du PIB l'an prochain, au lieu de 5,1% l'an dernier et de 5% espérés cette année, puis 6,8% en 2030, tandis que la dette publique dépasserait 130% du PIB au même moment.

Pour Philippe Juvin, « dire la vérité aux Français sur l'état de nos comptes et sur les marges de manœuvre réellement disponibles, c'est les respecter ».