« Face à la Chine, il n'y a pas de fatalité », a commenté le ministre de l'Economie Roland Lescure, lors de l'événement de rentrée du Medef, se réjouissant des effets de ce dispositif visant les grandes plateformes de vente en ligne asiatiques, Shein, Temu et AliExpress. « Si on met en place les bonnes politiques publiques, on peut gagner, on va gagner », a encore assuré le locataire de Bercy.

« On s'est battus il y a à peu près un an pour introduire une taxe sur les petits colis, au niveau français, ça n'a pas marché, ça a été contourné. Au niveau européen, ça devait se mettre en place en 2028 », a rembobiné Roland Lescure.

La France avait choisi de devancer l'UE et avait mis en place au 1er mars une taxe de deux euros par catégorie d'articles achetés sur les plateformes d'e-commerce extra-européennes pour freiner l'afflux de « petits colis », de moins de 150 euros, en provenance de Chine. Cette mesure devait s'ajouter dès juillet à un droit de douane européen par type d'article commandé, appliqué sur le sol de l'UE, portant le total à cinq euros par catégorie d'articles.

2,3 millions d'euros par mois

La taxe française devait ensuite être remplacée par un dispositif similaire, 100% européen, prévu en novembre, harmonisant ainsi les règles pour les 27 Etats membres. Mais mi-mai, le directeur général des Douanes, Florian Colas, évaluait le rendement de la taxe à 2,3 millions d'euros par mois, très loin des 400 millions prévus sur l'année par le budget 2026.

De fait, les plateformes, pour contourner cette taxe française, envoyaient leurs colis dans des pays frontaliers puis les acheminaient par voie routière jusqu'en France. La France avait alors changé de stratégie et suspendu sa taxe au nom de l'harmonisation européenne.

Depuis le 1er juillet, les paquets d'une valeur inférieure à 150 euros importés dans l'UE, jusqu'ici exemptés de droits de douane, sont donc soumis à une taxe européenne de 3 euros par type de produit. Cette mesure vise à juguler l'afflux en Europe de produits très majoritairement chinois et ne respectant pas toujours les normes européennes.

Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés sur le marché européen en 2025, soit plus de 180 chaque seconde. C'est quatre fois plus qu'en 2022. Sur ce total, 93% provenaient de Chine.