Roland Lescure s'exprimait devant la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) du Medef. Pour réduire le déficit public, il a rappelé avoir « mis dans l'atmosphère » cet été des mesures visant les ménages, comme la hausse des franchises médicales, et la désindexation partielle des retraites les plus élevées.
Pour les entreprises, il propose toutefois « un pacte de stabilité » pour l'an prochain. Le CIR « fait partie des atouts de la France », a-t-il dit, et « on n'y touchera pas, je m'y engage ». Quant à « l'enjeu majeur » de transmission des entreprises, qui vont se multiplier dans la prochaine décennie, il a assuré que le pacte Dutreil, qui permet un fort abattement dans le cadre des transmissions familiales, « on n'y touchera » pas non plus.
Ces dispositifs sont régulièrement attaqués par la gauche, qui y relève des effets d'aubaine. Ces promesses devraient compenser en partie la poursuite, pour la troisième année consécutive, de la surtaxe d'impôt sur les sociétés qui ne devait durer qu'un an, et touche les entreprises ayant plus d'1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et rapporte quelque 8 milliards d'euros. « J'aimerais pouvoir la baisser (dans le budget 2027), c'est ce que je vais plaider », a-t-il promis.
« On prendra nos responsabilités »
Il a, par ailleurs, annoncé que le crédit d'impôt industrie verte serait élargi à de nouveaux secteurs, dont les terres rares et les aimants permanents qui en contiennent, et un « suramortissement » pour les PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour « accélérer la robotisation ».
Le ministre a justifié la probable désindexation partielle des retraites, par la situation démographique de la France : « Depuis 2025, le solde démographique de la France tient uniquement grâce à l'immigration », a-t-il souligné.
Roland Lescure a espéré que le budget ne serait pas « otage de la campagne présidentielle », et a assuré que le gouvernement « n'échouera(it) pas à avoir un budget » : « On prendra nos responsabilités et si on doit tomber au passage on sera prêts à le faire », a-t-il affirmé.
Il a enfin recommandé aux candidats à la présidentielle « d'oser » : « Si on veut gagner contre des candidats populistes qui visent avant tout la colère, il faut redonner espoir, raconter une histoire de construction, de production, d'avenir ».















