La fuite de données récemment confirmée par l'administration fiscale s'ajoute à la longue liste de piratages constatés ces dernières années : Free, Bouygues Telecom, Ficoba, Bloctel... La DGFiP a indiqué que le piratage avait touché 350 000 particuliers et plus de 250 000 entreprises. Les concernés sont prévenus par mail ou par courrier depuis lundi 17 août.
Parmi les informations dérobées pourraient figurer l'état civil, le revenu fiscal de référence, la situation familiale ou encore le taux de prélèvement à la source. Une seconde fuite revendiquée mais pas confirmée concernerait l'identité et l'adresse des titulaires de droits sur des parcelles cadastrales.
Fisc piraté : quelles données ont été volées et qui est concerné ?
Grâce à ces données, les escrocs peuvent mener des campagnes de phishing plus efficaces et crédibles, usurpant l'identité des banques ou de l'administration. Cette technique, également appelée « hameçonnage », est une escroquerie par laquelle un fraudeur tente par la ruse d'obtenir des informations confidentielles (identifiant de connexion, numéro de carte bancaire, email, etc.). Les fraudeurs se font, par exemple, passer pour le conseiller bancaire de la victime, prétextant des opérations suspectes sur leur compte pour leur soutirer de l'argent.
En 2024, plus de 417 000 Français ont été victimes de débits frauduleux sur leurs comptes bancaires, pour un préjudice total de 1,19 milliard d'euros (1). Voici 5 réflexes à adopter pour se prémunir de ces arnaques.
Réflexe n°1 : ne jamais se connecter ou donner des informations après une sollicitation par mail, SMS ou appel
Il arrive que les courriels de phishing soient truffés de fautes d'orthographe ou d'incohérences, mais ils sont de plus en plus réalistes et difficiles à distinguer des vrais messages envoyés habituellement par votre banque ou par l'administration.
Toutefois, ils ont généralement un point commun : ils vous invitent à cliquer sur un lien qui redirige vers un faux site reprenant l'identité de celui d'une banque ou d'une administration. Il existe donc une solution radicale pour éviter de tomber dans le panneau : ne jamais cliquer sur un lien présent dans un courriel, qu'il semble émaner de votre banque ou de tout service sensible (impôts, assureurs, etc.).
Attention également aux SMS et aux coups de fil : certains pirates n'hésitent pas à y avoir recours pour vous soutirer des informations sensibles. Il ne faut donc jamais divulguer de code secret, ni même rappeler le numéro de téléphone qui vous est proposé.
Certains parviennent même à donner l'impression qu'il s'agit du numéro officiel de la banque (ou d'un autre service) grâce à la technique du spoofing qui permet de masquer un numéro pour en afficher un autre. L'arnaque devient alors d'autant plus redoutable si les fraudeurs disposent des informations personnelles de la victime, qui a alors toutes les raisons de croire qu'elle a affaire à son conseiller bancaire, par exemple. En cas d'appel de ce type, il est conseillé de raccrocher et de composer soi-même le numéro du service souhaité.
Soyez également vigilants « face aux sollicitations inhabituelles et aux demandes d'action si vous n'en êtes pas à l'origine (changement de carte SIM, mise à jour des mots de passe, etc.) », conseille le gouvernement.
Réflexe n°2 : consulter régulièrement l'état de ses comptes et le site de sa banque
Être attentif : c'est l'une des premières nécessités pour déjouer les plans des pirates. Commencez par consulter régulièrement - au moins une fois par semaine - l'état de votre compte, à la recherche d'éventuelles anomalies. Cela tombe bien : toutes les banques disposent désormais d'applications mobiles, qui permettent d'accéder très facilement et rapidement à l'historique de vos opérations.
Tant que vous y êtes, soyez également attentifs aux communications de votre banque sur la sécurité. Toutes les enseignes disposent en effet, dans leurs interfaces numériques, de pages dédiées à la sécurité. On y retrouve généralement un certain nombre de conseils préventifs, mais aussi des alertes sur des menaces précises, notamment sur les campagnes de phishing en cours.
Réflexe n°3 : prévenir immédiatement sa banque en cas de doute ou d'anomalie
C'est primordial : en cas de doute sur un e-mail ou un SMS reçu, si vous avez le sentiment, même après coup, d'avoir été victime d'un vol de données, et bien sûr en cas d'anomalie détectée sur votre compte, il y a deux choses à faire immédiatement : changer vos mots de passe et contacter directement votre banque, plutôt en agence ou par téléphone que par messagerie.
La réglementation est en effet plutôt de votre côté : les banques sont tenues de rembourser le montant des sommes qui ont été détournées à votre insu. Sauf dans un cas : si elles parviennent à démontrer que vous avez été gravement négligents en permettant au pirate de contourner les systèmes de sécurité.
Réflexe n°4 : bien choisir son mot de passe ou ses codes, et les garder secrets
Au moment de choisir votre mot de passe ou le code d'accès à l'espace en ligne de votre banque, il y a quelques règles à respecter. Ce mot de passe, d'abord, doit être spécifique : il faut à tout prix éviter d'utiliser le même pour plusieurs services (banque, mail, réseaux sociaux, etc.).
Il doit aussi être le plus complexe possible, en mélangeant par exemple chiffres, lettres et signes de ponctuation. Hélas, toutes les enseignes n'acceptent pas ce type de mot de passe, se contentant d'un code à 4 ou 6 chiffres. Dans ce cas, il faut absolument éviter d'utiliser une suite trop facile à retrouver, comme sa date de naissance ou celle de ses enfants. Les pirates sont en effet capables de retrouver ce type d'information, notamment en surveillant les réseaux sociaux.
Autre évidence : il ne faut jamais divulguer ses codes d'accès bancaires à un tiers, y compris à ses proches. Il ne faut pas non plus les inscrire en clair, que ce soit sur papier ou dans une note stockée sur son ordinateur ou son smartphone. Évitez aussi au maximum d'utiliser l'ordinateur ou la tablette d'un tiers pour vous connecter, et veillez, si vous n'avez pas le choix, à désactiver l'option permettant au navigateur internet d'enregistrer les mots de passe.
Enfin, n'hésitez pas à modifier régulièrement vos mots de passe. Pour vous aider à vous y retrouver, il existe des applications qui génèrent et stockent automatiquement des combinaisons complexes.
Réflexe n°5 : sécuriser ses terminaux numériques
Dernière manière de prévenir les piratages : installer sur son ordinateur, son téléphone ou sa tablette des logiciels anti-virus. Là encore, il n'y a que l'embarras du choix, de nombreux éditeurs proposant ce type de logiciels. Il est également très fortement conseillé de protéger l'accès à vos terminaux, quels qu'ils soient, par des mots de passe, qui compliqueront leur usage en cas de vol ou de perte.
Enfin, veillez à sécuriser vos connexions en vérifiant la présence d'un « https » devant l'adresse du site de la banque et en évitant de vous connecter depuis un réseau Wi-Fi public.
Ficoba piraté : les 3 nouveaux conseils des impôts pour sécuriser votre compte bancaire
(1) Sources : Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France.


















