Selon l'entourage du ministre du Travail, ce reste à charge pourrait atteindre 350 euros. « La dernière évolution des barèmes que l'on a réalisée pour le CPF, au 1er mars, a conduit à un doublement les trois mois précédents de la dépense du CPF et a conduit du coup à des comportements que je qualifierais pudiquement d'atypiques », a justifié la source gouvernementale.
L'utilisateur du CPF devra, dès lundi prochain, cocher une case certifiant qu'il a pris connaissance qu'il s'expose à un reste à charge majoré « au cas où le projet professionnel ne serait pas qualifié », selon cette source.
Le gouvernement veut recentrer le CPF sur les formations débouchant sur les métiers en tension et secteurs considérés prioritaires. « On a souhaité ramener le CPF dans sa fonction première, qui est un projet professionnel » et « il était logique que nous soyons plus cadrants pour vérifier que la formation utilisée par le CPF est bien une formation qui contribue à un vrai projet professionnel », a argumenté lors d'une conférence de presse sur le budget le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
« Je rappelle d'ailleurs que l'argent dans les CPF, ce n'est pas une cotisation du salarié, c'est une ressource » et « il n'est pas anormal que l'on vérifie le bon usage, la bonne orientation de cet argent », selon le ministre.
350 millions d'euros d'économie ?
Cette réforme du CPF doit générer une économie de 350 millions d'euros en 2027. L'usager visant un métier en tension de recrutement ou dans un secteur considéré comme stratégique (défense, numérique, médico-social...) ou bénéficiant de cofinancements pourra utiliser son CPF comme il le fait aujourd'hui.
Dans le cas contraire, il « pourra être orienté vers un conseil en évolution professionnelle (CEP) afin de préciser son projet et d'identifier la formation la plus adaptée ». Il pourra aussi mobiliser directement son CPF mais le reste à charge, aujourd'hui de 150 euros, devrait alors passer à 350 euros.
Le gouvernement avait déjà serré la vis du CPF dans le budget 2026, avec notamment un plafonnement des droits mobilisables pour une formation et une limitation aux seuls chômeurs du financement du permis de conduire. Un reste à charge de 100 euros a aussi été mis en place en 2024 puis rehaussé à 150 euros en 2026.



















