Les sommes placées sur de tels plans d'épargne salariale - environ 200 milliards d'euros actuellement - sont normalement bloquées pour cinq ans sauf dans certains cas liés aux changements familiaux ou à des achats liés à la transition énergétique.

Alors que la croissance française résiste - 0,9% attendu en 2025 - malgré un moteur de la consommation atone, ce projet permettrait de débloquer environ 4 milliards d'euros pour permettre aux salariés de réaliser les projets de leur choix, tout en soutenant la croissance.

Comme pour les exceptions actuelles, ces 2 000 euros seraient défiscalisés tout en restant soumis à la CSG et à la CRDS. La somme débloquée devra, en outre, avoir été présente sur le PEE au 31 décembre 2025.

« La question du pouvoir d'achat est d'abord salariale »

Le projet aurait « un effet massif au niveau individuel, sans déstabiliser (l'épargne des PEE) qui vise à financer les entreprises et la productivité », souligne le cabinet de Serge Papin.

Le ministre, ancien patron de Système U et familier des questions de pouvoir d'achat, avait évoqué un tel recours « immédiat » à l'intéressement dès sa première interview, mi-octobre sur RTL. Le projet a été présenté lundi aux partenaires sociaux par le ministère, engendrant des réactions différentes.

Les syndicats préféreraient une hausse des salaires. « La question du pouvoir d'achat est d'abord salariale », a ainsi estimé Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT, auprès de l'AFP, d'autant que « la mesure bénéficierait surtout aux salariés des entreprises les plus grosses », celles qui ont mis en place des PEE.

Un relèvement à 3 SMIC ?

Côté patronat, le Medef ne s'est pas exprimé, la CPME a approuvé ce projet qui « injecte rapidement des liquidités dans l'économie réelle sans impact sur les charges patronales ». Elle souhaiterait même un relèvement à 3 SMIC des salaires concernés et « un relèvement significatif du montant déblocable ».

En revanche, dans Le Parisien, le patron de l'U2P (entreprises de proximité), Michel Picon, a redouté que les sommes débloquées aillent surtout « à Shein et Temu », les géants chinois du commerce en ligne. Les discussions restent ouvertes, avant l'entrée en vigueur d'une telle mesure, qui se ferait par décret, selon Bercy.