Les inégalités de revenus entre hommes et femmes pendant la vie active se traduisent, une fois l'âge de la retraite arrivée, par des écarts de revenus encore plus significatifs, révèle le Cercle de l'Epargne.

La retraite inquiète. Selon une récente étude (1) réalisée par le Cercle de l'Epargne, 73% des femmes estiment que leur pension est ou sera insuffisante pour vivre correctement. C'est nettement plus que les hommes, qui ne sont que 55% à partager ce point de vue. Et pour cause : fin 2019, les femmes avaient, en moyenne, une pension inférieure de 40% à celle des hommes, d'après une étude de la DREES. Un écart qui tend à se réduire, quoique lentement. Il était de 50% en 2004. Si on ajoute la pension de réversion et la majoration de pension pour trois enfants et plus, cet écart entre les hommes et les femmes passent de 40% à 24%. Résultat, en moyenne, la retraite d'une femme atteint 1 272 euros par mois contre 1 647 euros pour un homme.

Derrière les inégalités entre hommes et femmes à la retraite, se cachent des écarts persistants en matière de salaires. « Les pensions de retraite étant une photographie des situations professionnelles passées donnent lieu, encore aujourd'hui, à d'importantes inégalités entre les deux sexes », explique Sarah Le Gouez, secrétaire générale du Cercle de l'Epargne. En 2018, le salaire moyen d'une femme en équivalent temps plein était ainsi inférieur de 16,8% à celui d'un homme.

Autre facteur pouvant expliquer de tels écarts entre les pensions des hommes et des femmes : le temps de travail, puisque près de 3 femmes sur 10 travaillent à temps partiel, soit 3,3 fois plus que les hommes.

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Défiance à l'égard du système actuel

Alors sans surprise, les femmes se montrent plus critiques à l'égard du système de retraite. Seulement 20% des sondées se disent favorables au maintien du système actuel. Les femmes sont également plus inquiètes que les hommes au sujet de l'avenir. Près de 69% d'entre elles estiment que le système de retraite est voué à la faillite d'ici quelques années, à moins qu'il ne soit réformé en profondeur.

Malgré ces inquiétudes, elles sont aussi plus nombreuses (53%) à rejeter les réformes visant à allonger la durée de cotisation ou à reculer l'âge légal de départ à la retraite (contre 49% des hommes). Dans le détail, 27% des femmes se disent favorables à un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, contre 31% chez les hommes. Sans doute parce que les femmes liquident en moyenne leurs droits à la retraite à 62 ans et 6 mois, soit 7 mois plus tard que les hommes.

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L'intérêt pour le PER

Il n'est jamais trop tôt pour commencer à préparer sa retraite. Cependant, une majorité des sondées (61%) déclarent ne pas épargner du tout pour leurs vieux jours, contre 51% des hommes. Un écart qui tient, là encore, aux inégalités de revenus pendant la vie professionnelle. « Faute de moyens suffisants, les femmes privilégient l'épargne de précaution pour répondre à des besoins de court terme », décrypte Sarah Le Gouez.

Lorsqu'elles trouvent les moyens d'épargner pour leur retraite, c'est de plus en plus souvent via un plan d'épargne retraite (PER). A ce jour, rares sont les femmes (28%) qui ont déjà entendu parler de ce placement créé en 2019 par la loi Pacte. Pourtant, 12% des répondantes auraient déjà souscrit un PER, contre 9% des hommes. Elles sont en outre 27% à déclarer avoir l'intention d'en souscrire un (contre 24% chez les hommes), signe d'un réel engouement pour ce produit d'épargne.

(1) Les chiffres de cette étude sont tirés de l'enquête « les Français, l'épargne, la retraite et la dépendance » conduite par le Centre d'études et de connaissances sur l'opinion publique (CECOP) à la demande du Cercle de l'Épargne et d'Amphitéa les 1er et 2 septembre 2021 auprès d'un échantillon de 1 019 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas.