Aujourd'hui l'âge légal de départ à la retraite est fixé à 62 ans, mais il faut souvent quelques années supplémentaires, voire passer 67 ans, pour profiter d'une retraite à taux plein ! Si le pouvoir d'achat et l'énergie trustent les débats, au rayon économie, pour cette élection présidentielle, la question des retraites reste un marqueur de tout premier plan pour tout candidat. Alors, qui veut allonger la durée de cotisation ? Voire porter l'âge de départ à 65 ans, comme le président sortant ? Notre synthèse.

Retraite

Oui, ils veulent reporter l'âge de départ

Emmanuel Macron : 65 ans. Déclaré candidat in extremis mais grand favori à sa propre succession, le président sortant a laissé filtré l'une de ses premières annonces sur le thème de la retraite, la réforme portée par son gouvernement ayant été avortée en pleine crise sanitaire. Avant de préciser son projet : « Nous allongerons de manière progressive l'âge légal, environ 4 mois par an, détaille-t-il dans Le Télégramme le 4 avril. C'est la génération 1969 qui sera la première à voir l'âge légal de 65 ans. » Et ce assorti d'un « minimum de retraite à 1 100 euros » pour les carrières complètes et la « suppression des principaux régimes spéciaux ».

Valérie Pécresse : 65 ans. La candidate du parti Les Républicains a elle de longue date annoncé son intention de prolonger la durée de cotisation. Objectif : un âge légal porté à 65 ans en 2030. Sur ce point, son projet se rapproche de celui d'Emmanuel Macron. Elle veut elle aussi revaloriser la pension de ceux qui ont une carrière complète, en la portant au minimum au niveau du Smic net (actuellement à 1 269 euros par mois).

Eric Zemmour : 64 ans. Le candidat d'extrême droite veut porter l'âge légal de départ à 64 ans, là encore avec un allongement progressif d'ici 2030, et ce avec pour objectif de « pérenniser le système protecteur des retraites par répartition ». Un allongement de la durée de cotisation qui pourra promet-il être « modulé » pour les Français ayant commencé à travailler tôt ou en fonction de la pénibilité.

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Non, ils ne veulent pas reporter l'âge de départ

1. Ceux qui ne veulent pas toucher aux 62 ans

Nicolas Dupont-Aignan : 62 ans. Le programme du candidat de Debout la France est clairement détaillé sur le volet retraite. Dont : « Maintenir l'âge minimum de départ à la retraite et la durée de cotisations aux niveaux actuels. » Il s'est aussi récemment déclaré ouvert à un assouplissement pour ceux qui ont commencé à travailler tôt ou qui exercent des métiers pénibles.

Anne Hidalgo : 62 ans. La candidate PS annonce sans ambiguïté la couleur dans son programme : « La pérennité du système de retraite n'est menacée ni à court terme ni à long terme. L'âge légal de départ ne sera pas augmenté, il sera plafonné aux 62 ans actuels. » Concernant les petites retraites, la candidate socialiste veut d'une part porter le minimum vieillesse à 1 000 euros et d'autre part le minimum contributif à 1 200 euros : en clair, une pension minimale de 1 200 euros pour ceux qui ont une carrière complète mais qui ont faiblement cotisé pour cause de bas salaires.

Yannick Jadot : 62 ans. « En aucun cas nous ne reporterons l'âge légal de départ à la retraite », annonce le candidat écologiste dans son programme. Seule information complémentaire notable : « Moi j'engagerai une réforme des retraites pour remettre la pénibilité au cœur des régimes des retraites », a-t-il déclaré la semaine passée sur Europe 1 en réaction à l'annonce d'Emmanuel Macron sur les 65 ans, appuyant sur un aspect qui figurait déjà dans son programme.

Jean Lassalle : 62 ans. « Maintenir la retraite par répartition » : voici le principal objectif du candidat de « Résistons ! » Le Béarnais ne livre pas de détail précis de sa feuille de route sur les retraites dans son programme mais il insiste sur un calcul de pension « en fonction des annuités de cotisation ». Bref : la continuité, dans les grandes lignes.

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2. Ceux qui veulent abaisser l'âge sans tout chambouler

Marine Le Pen : 62 ans, mais... La candidate d'extrême droite a longtemps promis la retraite à 60 ans pour tous, avant de nuancer son projet. Elle propose un retour partiel à la retraite à 60 ans : il ne concernerait que ceux qui ont commencé à travaillé avant 20 ans et qui peuvent justifier de 40 années de vie active. Pour les autres, l'âge de départ serait progressif. De fait, dans ce projet, l'âge légal resterait à 62 ans : les conditions seraient ainsi « inchangées » pour tous ceux qui ont réellement commencé à cotiser après 25 ans. Elle veut par ailleurs porter le minimum vieillesse à 1 000 euros.

3. Ceux qui veulent revenir à la retraite à 60 ans

Nathalie Arthaud : 60 ans. La candidate d'extrême gauche (Lutte ouvrière) souhaite ramener l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans. Et revaloriser les pensions : « Aucun salaire, aucune pension de retraite ne doivent être inférieurs à 2 000 euros nets », écrit-elle dans son programme.

Jean-Luc Mélenchon : 60 ans. Le candidat de La France insoumise promet de restaurer la retraite à taux plein dès 60 ans pour 40 annuités de cotisations. Il veut en parallèle porter au niveau du Smic (qui serait lui-même revalorisé à 1 400 euros) toutes les pensions pour une carrière complète. Il a reconnu fin février sur BFMTV qu'il s'agit de « la mesure la plus chère de tout le programme », chiffrée à 20 milliards d'euros, et qu'il compte notamment financer par la suppression du CICE. Le minimum vieillesse serait lui augmenté « au-dessus de 1 000 euros par mois ».

Philippe Poutou : 60 ans. La mesure est une constante du programme du NPA : « Retraite à 60 ans, 55 ans pour les travaux pénibles ». Le candidat d'extrême gauche veut qu'un départ à 60 ans soit possible dès 37 ans de cotisation.

Fabien Roussel : 60 ans. « Une retraite à 60 ans, à taux plein » : le candidat communiste veut inscrire ce principe dans la loi. Et il précise : « La pension atteindra 75% du revenu net d'activité, dans le secteur public comme dans le secteur privé. » Précision : ce départ à 60 ans à taux plein concernerait les carrières complètes, « allant de 18 à 60 ans », en prenant en compte les périodes de chômage, formation, maladie ou congé parental. Il promet en outre des départs anticipés pour les « métiers pénibles ».

Age légal, taux plein et annuités de cotisation : comment ça fonctionne aujourd'hui ?

  • Age légal de départ à la retraite : 62 ans. Vous pouvez partir à la retraite mais travailler plus longtemps vous permet de bonifier votre pension.
  • Age du taux plein : selon votre date de naissance, vous devez avoir cotisé 41 ans et 6 mois (pour les 1955-1957) ou plus, jusqu'à 43 annuités de cotisation (pour ceux qui sont nés après 1973), pour bénéficier d'une retraite à taux plein.
  • Age du taux plein automatique : 67 ans, même si vous n'avez pas les 43 annuités de cotisation.

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