« Je souhaite quon puisse revisiter cette belle invention gaulliste de lintéressement et de la participation. » Cette phrase, cest Emmanuel Macron qui la prononcée en octobre dernier à loccasion dune interview sur TF1. A lépoque, ni le président de la République ni son gouvernement navaient détaillé cette annonce. La « réforme » de lintéressement, de la participation et de lépargne salariale devrait passer par le Pacte, ou « Plan daction pour la croissance et la transformation des entreprises ». Ce plan a ensuite vocation à se transformer en « loi Le Maire », « loi Pacte » ou « loi entreprises », attendue au printemps 2018 au Parlement.
A loccasion de la consultation publique, 31 propositions ont été publiées par Bercy. Parmi elles, 4 concernent le partage des profits des entreprises. Si elles sont retenues, ces pistes de réforme pourraient donc se concrétiser à lhorizon 2019.
Favoriser lintéressement et la participation dans les PME
La première proposition na rien dune surprise : « faire de lintéressement et de la participation une réalité pour tous les salariés dans une logique de partage de la valeur ». La volonté de développer le partage des profits dans les TPE et PME était déjà sur la table à loccasion de la loi Macron, lors du quinquennat Hollande, en 2014.
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Bercy ne livre pas le menu détail de cette proposition mais le gouvernement compte privilégier lincitation plutôt que lobligation. Le ministère de l'Economie propose ainsi dintroduire, « dans toutes les petites et moyennes entreprises de 11 à 49 salariés, un dispositif de partage de la valeur présentant un degré de souplesse élevé pour lentreprise », sans plus de détails. Et il entend aussi « simplifier le régime de participation », notamment via des « accords clefs en main au niveau de la branche ». Parmi les 4 propositions soumises au vote, cette volonté détendre lintéressement et la participation est celle ayant été le plus abondamment commentée (« 96 arguments ») et notée : sur 483 votes, 418 votes sont favorables.
Une épargne salariale « portable »
Le devenir des plans dépargne salariale lorsque le salarié quitte lentreprise pose parfois problème. En particulier pour des plans bloqués jusquà la retraite comme le Perco. La médiation de lAMF a dailleurs saisi la Direction générale du Trésor en 2017 sur ce point en réclamant des « aménagements » pour éviter que des frais ne sajoutent sur le Perco au départ de l'entreprise.
Au-delà de la seule question des frais, Bercy entend faciliter une vision globale de lépargne salariale, même en cas de mobilité professionnelle. Ainsi, pour « accroître la transparence et la portabilité des droits acquis dans le cadre de lépargne salariale », Bercy envisage de « créer un portail unique dinformation des salariés sur les droits à lépargne salariale acquis au cours de leur carrière ».
Des incitations à lépargne retraite
Le gouvernement compte favoriser lépargne salariale et lactionnariat salarié en activant le levier de lincitation fiscale pour les employeurs. Le forfait social, à la charge des entreprises, pourrait ainsi être réduit sous conditions : « lorsque ces versements sont majoritairement placés dans un support dépargne salariale bloquée à long terme (type épargne retraite) ou dans lactionnariat salarié », là aussi sans plus de détails pour linstant.
Plus généralement, Bercy propose de « privilégier le versement dune partie des sommes perçues au titre de lintéressement ou de la participation dans des supports dépargne (plan dépargne dentreprise PEE ou Perco sil existe) », sans préciser par quel biais.
De nouveaux dispositifs de partage des profits
Quatrième et dernière proposition, plus technique : « ouvrir le reversement aux salariés dune partie de la plus-value générée par des fonds dinvestissement ». Pour lheure, cette idée reçoit un accueil moins enthousiaste que les trois autres : pour 281 avis exprimés, seuls 61% des votants sont « pour ».


















