Le maintien attendu au 1er semestre 2022 d'une forte inflation va-t-il entraîner une nouvelle hausse du taux du Livret A en août ? Rien n'est moins sûr. Le LEP, en revanche, a toutes les chances de bénéficier d'un nouveau coup de pouce.

La bonne nouvelle a été largement partagée et saluée. Le 1er février prochain, le taux du Livret A, et dans son sillage ceux de tous les livrets d'épargne réglementée, va augmenter, une première depuis près de 10 ans. L'origine de cette hausse a été également abondamment commentée : il s'agit de réduire l'écart entre la rémunération du Livret A et l'inflation, en forte hausse depuis 6 mois. L'indice des prix à la consommation (IPC) est, de fait, une des variables considérées dans la formule de calcul du taux des livrets réglementés.

Cette revalorisation, annoncée depuis plusieurs semaines, a toutefois réservé une petite surprise. Le gouvernement a choisi d'aller au-delà de l'application stricte de cette formule, qui faisait ressortir un taux de 0,80%, et a fixé la nouvelle rémunération du Livret A à 1%.

Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune... Les taux officiels au 1er février 2022

Dans un communiqué publié vendredi dernier, la Banque de France, en charge du calcul du nouveau taux, a justifié cette dérogation à la règle, une possibilité prévue par les textes : « Selon les projections de la Banque de France, l'application de la même formule conduirait à un taux au moins égal à 1% au 1er août prochain, date de la prochaine révision. Le Gouverneur de la Banque de France considère que cette perspective justifie une dérogation limitée à l'application stricte de la formule de calcul et propose que le taux du livret A soit fixé dès le 1er février 2022 à 1,0%. »

En clair, la Banque de France a choisi d'appliquer dès le 1er février le taux minimum anticipé pour le 1er août. Voilà ce que l'on appelle un « coup de pouce ».

Statu quo jusqu'en 2023 pour le Livret A

Comment expliquer cette générosité ? Il est difficile de ne pas lui donner un sens politique. Ce choix permet, en effet, à l'exécutif de profiter tout de suite des retombées positives d'une hausse du Livret A, plutôt que dans six mois, soit après l'élection présidentielle.

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Il a toutefois une autre conséquence : il ferme toute perspective d'une deuxième hausse consécutive du taux du Livret A en août. Ce, même si une telle hausse était justifiée par une nouvelle envolée des prix à la consommation. Un scénario confirmé, en creux, par la communication de la Banque de France : « [nos prévisions] prévoient (...) une baisse de l'inflation sous 2% d'ici la fin de 2022 : le calcul du taux du livret A évoluera en conséquence en 2023. » Rendez-vous, donc, dans un an.

Le LEP au-delà de 2,5% en août ?

Cela ne signifie pas, pour autant, un statu quo généralisé sur l'épargne réglementée. Un autre livret peut désormais évoluer indépendamment du Livret A, contrairement au LDDS : le Livret d'épargne populaire (LEP). C'est d'ailleurs une nouveauté, consécutive à la réforme du mode de fixation des taux de 2018 et destinée à tenir un engagement des pouvoirs publics : la mission du LEP est de protéger le pouvoir d'achat des épargnants aux revenus les plus modestes en neutralisant l'effet de la hausse des prix sur leur épargne.

Ainsi, selon les textes, le taux du LEP ne peut pas être fixé à un niveau inférieur à celui de l'inflation du semestre précédent. Soit 2,2% actuellement, et sans doute nettement plus en août prochain. L'inflation en glissement mensuel a, en effet, atteint 2,8% fin 2021 et ne devrait pas redescendre sous les 2,5% d'ici à l'été. Contactée, la Banque de France nous a confirmé que le scénario d'un statu quo pour le Livret A et d'une hausse du taux du LEP était conforme aux textes, et donc imaginable dans 6 mois.

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