Quel candidat à l'élection présidentielle veut toucher à l'impôt sur le revenu ? Plusieurs postulants à l'Elysée souhaitent revoir le système actuel. Si certains comptent baisser la pression fiscale, d'autres entendent la relever. Voici leurs promesses.

Alors que le pouvoir d'achat est la première priorité des Français pour l'élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche, un autre sujet a de l'importance pour le budget de nombreux ménages : l'impôt sur le revenu. Il est d'autant plus d'actualité que la déclaration de revenus 2022 vient tout juste de commencer.

Parmi les 12 candidats, plusieurs proposent de revoir le mode de fonctionnement de l'impôt sur le revenu, voire même de le diminuer. Pour mémoire, 43,9% de la population le paie, selon le dernier rapport d'activité de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Ne rien changer ou presque...

Que ce soit Valérie Pécresse ou encore Nicolas Dupont-Aignan, pas question de toucher à l'impôt sur le revenu. Aucune mesure dans leur programme n'y fait référence. La stabilité avant tout donc. Idem pour Anne Hidalgo. La candidate socialiste précise seulement aux Echos qu'elle souhaite lutter contre la fraude et l'évasion fiscale « pour que les barèmes actuels soient réellement mis en œuvre et que chacun, et surtout les plus fortunés, s'acquitte de ce qu'il doit à la société, en augmentant les moyens humains et techniques de contrôle. »

Du côté d'Emmanuel Macron, pas de réforme d'envergure non plus au programme après la baisse du barème spéciale Gilets jaunes en 2020, qui a profité à 17 millions de foyers pour un coût supérieur à 5 milliards d'euros. La seule promesse en matière d'impôt sur le revenu du candidat de La République en Marche (LREM) est de permettre aux concubins de faire une déclaration de revenus conjointe comme s'ils étaient mariés ou pacsés. Une mesure qui peut réduire leur impôt sur le revenu, mais pas toujours.

Impôts : la déclaration commune pour les concubins, la fausse bonne idée de Macron ?

Baisser l'impôt sur le revenu... mais pas pour tout le monde

Si Marine Le Pen n'envisage pas de réforme de fond de l'impôt sur le revenu, elle annonce dans son programme une série de mesures qui aurait pour effet de le diminuer pour certaines catégories de la population. Elle propose ainsi de rétablir la demi-part fiscale pour les veufs et veuves, d'exonérer d'impôt sur le revenu tous les jeunes actifs jusqu'à 30 ans « pour qu'ils restent en France et fondent leur famille chez nous » et d'instituer une part fiscale complète dès le deuxième enfant. Ce qui signifie, concrètement, qu'un couple (marié ou pacsé) avec deux enfants aurait droit à 3,5 parts, et plus 3 comme c'est le cas actuellement.

Comme la candidate du Rassemblement National, Eric Zemmour n'a pas pour ambition de réformer en profondeur l'impôt sur le revenu. En revanche, il annonce un doublement du plafond du quotient familial. En 2022, la réduction fiscale offerte par ce système est limitée à 1 592 euros pour chaque demi-part supplémentaire. Ce plafond passerait à 3 000 euros en cas de victoire d'Eric Zemmour. La mesure concernerait 1,5 million de familles, selon l'évaluation de l'Institut Montaigne, principalement parmi les catégories les plus aisées. Le gain pourrait ainsi représenter 2 000 euros par an en moyenne pour les foyers concernés.

Investissez dans la Bourse au meilleur prix ! 7 offres comparées

Le baisser... et l'augmenter

Jean-Luc Mélenchon veut baisser l'impôt sur le revenu, mais uniquement pour les moins riches. Tous ceux qui perçoivent moins de 4 000 euros par mois seraient concernés par cette baisse, explique son équipe de campagne aux Echos. « En revanche, les plus riches contribueront plus et mieux à la solidarité nationale. Par exemple, pour les revenus supérieurs à 400 000 euros par an, le taux d'imposition marginal sera de 90% », détaille-t-elle, contre 45% aujourd'hui au maximum. Pour cela, le candidat insoumis entend redécouper le barème de l'impôt sur le revenu pour le rendre plus progressif. Il serait divisé non plus en 5 mais en 14 tranches.

Barème 2022 pour l'impôt sur les revenus de l'année 2021
Tranche de revenu par part fiscaleTaux applicable pour la tranche
Jusqu'à 10 225 €0%
De 10 225 € à 26 070 €11%
De 26 070 € à 74 545 €30%
De 74 545 € à 160 336 €41%
Plus de 160 336 €45%

Barème figurant dans le projet de loi de finances pour 2022.

Du côté de Yannick Jadot, il est question de supprimer le quotient conjugal « pour une plus grande justice entre les femmes et les hommes. L'impôt sur le revenu sera donc payé par individu et non plus par foyer fiscal. Il s'agit là d'une mesure de justice sociale importante dans la mesure où l'avantage procuré par le quotient conjugal est croissant avec le revenu des couples », explique son programme. « Dans la mesure où le quotient conjugal permet, dans la plupart des cas, de réduire l'impôt payé par les couples mariés ou pacsés, sa suppression aboutirait à un rendement supérieur de l'impôt sur le revenu », explique l'Institut Montaigne qui calcule un gain de 5 milliards d'euros par an pour les caisses de l'Etat.

Le candidat écologiste compte également augmenter le nombre de tranches pour rendre l'impôt plus progressif et relever les taux pour les plus hauts revenus. « Le rendement de ces deux mesures sera utilisé pour baisser les taux des premières tranches de l'impôt sur le revenu », explique-t-il.

Le relever

Relever l'impôt sur le revenu. C'est le projet de Philippe Poutou. Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste souhaite simplifier le système actuel avec « l'universalité de l'impôt, au sens où tous revenus quels qu'ils soient (salaire, épargne, etc.) doivent être imposés au barème » de l'Impôt sur le revenu, explique son équipe de campagne aux Echos. Concernant ce dernier, il doit être fortement progressif et les tranches suffisamment nombreuses pour établir une réelle progressivité ». Le candidat souhaite réintroduire des taux d'imposition élevés : « Il est juste de fixer un taux marginal à 100% à partir d'un certain niveau de revenu que, pour notre part, nous estimons légitime de fixer à 5 SMIC ».

Quant à Nathalie Arthaud et Jean Lassalle, leur programme ne contient pas de proposition spécifique concernant l'impôt sur le revenu.

Présidentielle : Smic à 1 500 euros, prime... Ce que proposent les candidats pour nos salaires