A priori, il y a de quoi se réjouir. Selon une étude du cabinet spécialisé FSL, la plupart des villes de plus de 100 000 habitants nont pas prévu daugmenter leur taux de taxe foncière. Et pourtant, les contribuables auraient pu craindre linverse. « Les décisions fiscales 2021 prises par les collectivités locales sinscrivent dans un contexte exceptionnel de crise sanitaire dont les conséquences sur les budgets locaux sont notables (dépenses supplémentaires afin dassurer la protection des agents et de la population et soutenir léconomie locale, diminution des recettes fiscales engendrée par la baisse ou cessation dactivité dentreprises mais également des recettes tarifaires en lien avec la fermeture de nombreux établissements publics) », souligne létude révélée par MVVA.
Au final, le taux dévolution des taxes foncières, bâti et non bâti ressort en très légère hausse de +0,3%. Si cette évolution est supérieure à celles observées en 2019 (-0,3%) et 2020 (-0,4%), elle reste inférieure aux dynamiques observées les précédentes années post-électorales (+1,8% en 2015 ou encore +5,1% en 2009).
Le calcul casse-tête de la taxe
La taxe foncière est un impôt local payé par les propriétaires de biens fonciers quils soient à usage professionnel ou de logement. Elle sapplique tant aux biens bâtis (locaux dhabitation, parkings ) quaux propriétés non bâties (terrains nus, forêts ). Le montant à payer dépend du calcul suivant : le fisc sappuie d'abord sur la valeur locative cadastrale (VLC), cest-à-dire le loyer théorique annuel que pourrait recevoir le propriétaire sil louait le bien. Pour tenir compte de lévolution des prix de la pierre, ce montant est revalorisé chaque année et indexé sur lévolution des loyers. La revalorisation sera de seulement 0,2% en 2021. Ensuite, une déduction forfaitaire de 50% pour les propriétés bâties et de 20% pour le non bâti est d'office octroyée. Cest sur cette somme que sapplique les taux dimposition fixés par chaque collectivité (commune, intercommunalité, établissement public de coopération intercommunale et département), chacune appliquant son propre taux.
A linstar des territoires des villes de plus de 100 000 habitants, les villes de 40 000 à 100 000 habitants ont revu légèrement à la hausse leur taux de taxe foncière : +0,8%. Ces chiffres pour les communes de plus de 40 000 habitants sont a priori beaucoup moins inquiétants que la récente alerte émise par l'Association des maires de France (AMF). Elle faisait savoir qu'un tiers des communes envisage d'augmenter cette année la taxe foncière, en moyenne de 2% ou 3%. Selon Philippe Laurent, secrétaire générale de l'AMF, cette hausse de la fiscalité résulte des pertes de recettes subies par les communes lors du premier confinement qui « n'ont pas été complètement compensées par l'Etat » et de la suppression progressive de la taxe d'habitation depuis le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, cette dernière n'ayant pas « non plus [été] compensée entièrement ».
Dans ce contexte, certaines villes ont frappé fort sur l'évolution du taux de taxe foncière du foncier bâti. Cest le cas à Montrouge avec +17,7%, à Chartres (+15,6%), Belfort (+12,2%) ou encore Evry-Courcouronnes (+11,6%), constate Capital. A Poitiers, la nouvelle municipalité EELV nest pas en reste (+7,7%). A linverse, à Carcassonne, une baisse de 0,9% a été décidée.



















