Et si le secret des « prix cassés » affichés par certains vendeurs partenaires de plateformes de e-commerce était la fraude à la TVA ? Cest la crainte de lInspection générale des finances. L'IGF redoute dans un rapport consulté en amont par Les Echos - que létendue de la fraude à la TVA sur les « marketplaces » des plus gros sites de e-commerce (Amazon, Cdiscount, etc.) soit bien supérieure aux estimations les plus pessimistes.
Le terme « marketplace » désigne la mise en relation par ces sites entre un vendeur externe, indépendant dAmazon, de la Fnac ou encore de Cdiscount, qui y vend ses articles, la contrepartie étant une commission reversée à la plateforme web pour chaque vente. Plus concrètement, quand vous effectuez un achat sur lun de ces sites de e-commerce, la mention « expédié et vendu par X », « vendu par X » ou encore « vendeur professionnel » signifie que vous achetez un article auprès dun partenaire externe. Selon les cas, lexpédition de larticle est soit prise en charge par le partenaire extérieur, soit par la plateforme de e-commerce.
Des vendeurs étrangers qui ne paient pas la TVA
Problème : daprès le rapport de lIGF, publié lundi matin quelques heures après l'article Les Echos, « 98% des vendeurs [externes] enregistrés sur les places de marché des sites d'e-commerce (Amazon, Cdiscount) ne sont pas immatriculés à la TVA en France ». Le quotidien économique affirme que « lors dun contrôle de l'administration, seuls 538 sur 24 459 vendeurs étaient en règle ». De nombreux vendeurs référencés sur les plateformes de e-commerce sont des entreprises étrangères, dont près de 40% sont domiciliées en Chine.
En théorie, elles doivent désigner un représentant fiscal en France dès quelles atteignent un certain volume (35 000 euros) ou si elles utilisent le service de livraison de la plateforme. Mais ces procédures, jugées trop complexes, ne seraient pas respectées. Et le fait de ne pas régler la TVA permettrait à ces vendeurs dafficher des prix défiant toute concurrence, des bonnes affaires dont les consommateurs sont friands en cette période de Noël
Un dossier confié au parquet national financier
Les inquiétudes de ladministration fiscale sont renforcées par le développement croissant de ce système de « marketplace ». Cette activité représente 58% de lactivité dAmazon selon Les Echos, et près de 40% de celle de Cdiscount. Cette dernière plateforme sest toutefois étonnée, dans le quotidien, des chiffres avancés par lIGF, en affirmant que « sur nos 12 000 vendeurs [en marketplace], 5 000 sont des entreprises françaises affichant leur numéro de TVA sur le site ».
LIGF ne livre pas destimation du manque à gagner causée par cette « fraude massive à la TVA » pour les finances publiques mais les inspecteurs de Bercy évoquent des montants « considérables ». Le dossier aurait déjà été confié au parquet national financier. Le quotidien rappelle quà partir de 2021, dans le cadre dune directive européenne, toutes les plateformes de e-commerce telles que Cdiscount ou Amazon seront elles-mêmes redevables de la TVA pour leurs vendeurs partenaires, ce qui permettra de limiter cette fraude.


















