« On a aujourd'hui un risque de dérapage de la dépense publique de 5 milliards : 3 milliards sur l'Etat et la Sécurité sociale, des mesures devront être prises, et 2 milliards d'euros sur les collectivités locales », a déclaré M. Amiel lors d'un point presse, à l'issue d'une réunion du comité d'alerte des finances publiques.
Le ministère de l'Economie a cependant précisé que ces 2 milliards d'euros pour les collectivités locales étaient un « risque » identifié, mais pas des économies annoncées, le gouvernement ne pouvant décider pour les collectivités.
Mais « je ne doute pas que beaucoup d'élus locaux font preuve dans la période d'un très grand sens des responsabilités et que nous pourrons donc affiner les prévisions dans les prochaines semaines », a souligné M. Amiel.
Sur les 3 milliards d'euros d'économies identifiées pour l'Etat et la Sécurité sociale, 2 milliards concernent l'Etat, « en grande partie d'ailleurs liés aux mesures d'aide qui se sont déployées depuis avril dernier », et 1 milliard vise la Sécurité sociale, a-t-il détaillé.
« Bras de fer »
Le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson, avait auparavant noté dans un communiqué que la réunion du comité avait été « ponctuée par l'annonce de 3 milliards d'euros supplémentaires de gels de crédits, dont le détail n'a même pas été donné ».
« Je confirme 3 milliards d'euros, mais pas documentés », a également dit à l'AFP Denis Gravouil de la CGT, en soulignant que ces coupes « sont entièrement à la main du gouvernement » via des décrets ou gels.
« Les 2 milliards pour les collectivités font l'objet d'un bras de fer entre Etat et collectivités », mais « le gouvernement a les moyens de les faire appliquer car il a la main sur le robinet des dotations », a poursuivi le syndicaliste.
Ce total porte à 9 milliards le montant total d'économies annoncées par le gouvernement pour cette année, ou 11 milliards en prenant en compte les 2 milliards de risques identifiés pour les collectivités locales.
Sur fond de prévision de croissance abaissée à 0,7%, l'objectif d'un déficit public de 5% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 que s'est fixé le gouvernement français est « difficile à atteindre », mais tout sera fait pour « s'en rapprocher au maximum », a affirmé de son côté le ministre de l'Economie Roland Lescure, pendant le point presse.
Lors d'une précédente réunion du comité d'alerte en avril, le gouvernement avait déjà annoncé 6 milliards d'euros d'économies sur les dépenses en 2026 pour compenser le coût du conflit au Moyen-Orient : 4 milliards d'euros sur l'Etat et 2 milliards d'euros dans « la sphère sociale ».
Il avait ensuite détaillé ces coupes : 3,2 milliards d'euros de gels de crédits et 847 millions d'euros d'annulations pour l'Etat, ainsi que la décision de ne pas accompagner la hausse du Smic au 1er juin par des allègements de charges supplémentaires pour les entreprises.
















