2004 : le fisc choisit l'incitation et offre une réduction d'impôt de 20 euros à tous les foyers qui basculent vers la télédéclaration. Une réduction qui a pris fin en 2006 pour la plupart des foyers, et en 2009 pour les contribuables qui déposaient leur première déclaration en ligne.

2015 : changement de braquet. La déclaration en ligne devient obligatoire, petit à petit. Par tranche de revenu : les plus aisés d'abord, jusqu'à 2019. Remplir votre obligation déclarative sur votre espace impots.gouv.fr devient la norme et même une obligation, à l'exception de ceux qui n'ont pas de connexion Internet ou qui se déclarent dans l'impossibilité de compléter le formulaire en ligne. Ce principe de l'obligation « sauf exception » reste la règle à ce jour. Si vous ne respectez pas cette obligation, vous êtes en théorie passible d'une amende de 150 euros selon le Code général des impôts.

Le lancement décisif de la déclaration automatique

Mais un autre événement a permis d'accélérer le recours à la déclaration en ligne : le lancement de la déclaration automatique. Si jamais la Direction générale des finances publiques (DGFiP) connaît déjà toutes vos charges et ressources, alors votre obligation est considérée comme remplie même si vous ne renvoyez aucun formulaire. Ou si vous ne validez pas votre formulaire. Une nouveauté qui ne profite qu'aux quelque 10 millions de foyers éligibles, mais qui a clairement accéléré la réduction des déclarations papier, comme l'illustre le graphique ci-dessous.

En 2025, la DGFiP est allée encore plus loin en décidant « depuis l'an passé de ne plus envoyer de déclaration préremplie aux contribuables ayant fait leur déclaration sur internet, même s'ils avaient choisi expressément de conserver cette déclaration papier », selon le syndicat Solidaires Finances publiques. « Toutes celles et ceux qui voudront pouvoir obtenir au guichet des impôts la déclaration papier pourront évidemment le faire. Nous ne forçons personne », assurait l'an passé Amélie de Montchalain, alors ministre chargée des Comptes publics.

Qui remplit les 5 millions de déclarations papier ?

Dans une publication ce mardi 7 juillet, la DGFiP ne livre pas les statistiques sur 2025 et 2026 mais s'arrête en 2024. Cela offre néanmoins une vue déjà assez claire des contribuables qui remplissent les 5,1 millions de déclarations au format papier.

Premier enseignement phare : l'impôt sur le revenu moyen des contribuables remplissant une déclaration papier est nettement inférieur à la moyenne globale. Ce sont donc des foyers plus modestes qui restent fidèles à ce mode de déclaration.

‍Année201820212024
‍Nombre de déclarationsEn ligne25,2 millions34,6 millions36,5 millions
Papier13,3 millions5,6 millions5,1 millions
‍Impôt sur le revenu moyenEn ligne2 826 €2 231 €2 412 €
Papier477 €632 €710 €

Source : DGFiP

Le fisc souligne aussi l'exception des « situations personnelles particulières, comme un décès dans le foyer ou la réalisation d'une première déclaration de revenus », des situations qui « sont aussi associées à une fréquence plus élevée de dépôt de déclaration sous forme papier ».

En revanche, contrairement aux idées reçues, le fait de déclarer sur papier n'est pas forcément corrélé à l'âge de la personne de référence du foyer. « En 2024, la déclaration papier est désormais minoritaire dans toutes les tranches d'âge hormis les 16-19 ans : même chez les foyers de 90 à 94 ans elle ne représente plus que 35% des déclarations. » Mais la proportion de déclarations papier est tout de même plus élevée chez les retraités : « Les foyers percevant principalement des pensions et rentes sont 17,3% à déclarer au format papier. »

Même constat chez les foyers déclarant des revenus agricoles au régime micro (14,7% de déclaration papier pour ces formulaires simplifiés). Et les foyers sans aucun revenu sont plus de 20% à déclarer sur papier.

La DGFiP relève que ce sont les salariés (« soit plus de la moitié des foyers fiscaux ») qui déclarent le plus souvent en ligne, sur impots.gouv.fr ou l'application Impots.gouv.