Dans un entretien au Parisien publié jeudi soir, le candidat à la présidentielle du parti macroniste Renaissance détaille ses propositions en la matière deux jours après son concurrent du bloc central Edouard Philippe dans Les Echos.
Les deux ex-Premiers ministres d'Emmanuel Macron interviendront ensuite aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.
Alors qu'Edouard Philippe dit vouloir ramener le déficit public à 2% du PIB à la fin du quinquennat en 2032, contre 5% actuellement, Gabriel Attal vise « 3% avant 2032 », soit potentiellement plus tard que les engagements européens de la France.
Mais pour « convaincre la Commission européenne que c'est la bonne voie », il propose de fixer d'emblée, dans une « loi de programmation économique et fiscale sur dix ans », un « cap » de « 0% du PIB en deux quinquennats, donc en 2037 » soumis toutefois au verdict des urnes au terme du premier.
Pour faire entre 120 et 150 milliards d'euros d'économies, sans hausse d'impôts, Gabriel Attal dit vouloir viser pour « deux tiers » dans « les dépenses sociales », qui selon lui sont « hors de contrôle et pèsent trop sur ceux qui travaillent ».
« Pour mon premier budget 2028, il faudra faire une année blanche sur l'ensemble des prestations sociales, en épargnant toutefois les petites retraites », mais aussi « faire très vite des réformes de structure » (retraites, arrêts maladie, assurance-chômage), plaide-t-il.
Mais alors qu'il accuse sans le nommer Edouard Philippe de faire campagne en promettant « du sang et des larmes », le candidat Renaissance assure que de son côté « il ne s'agit pas d'austérité mais d'être rigoureux et sérieux ».
Côté fonction publique, il propose « le non-remplacement de certains départs à la retraite » et « un plan de départs volontaires » visant « 100.000 postes supprimés » tout en préservant certains ministères (Éducation, Armées, Justice et Intérieur).
Comme Edouard Philippe, son successeur à Matignon se dit favorable à un référendum en début de quinquennat pour une « règle d'or » d'équilibre budgétaire, précisant vouloir l'instaurer en sept ans.
Il l'assortirait, lui, d'une « impunité zéro pour ceux qui gèrent notre budget »: « les ministres et directeurs d'administration centrale qui n'auront pas tenu leur budget devront quitter leur fonction » et « si la trajectoire n'est pas respectée pendant trois ans sans qu'une crise ne le justifie, c'est le Premier ministre et le gouvernement qui devront démissionner ».
Gabriel Attal prône enfin « un big bang » de l'organisation territoriale, promettant de dévoiler à la rentrée « une carte de France avec des nouvelles collectivités uniques », et de faire du maire « l'élu le plus puissant de France ».

















