Seul le groupe EPR (Renaissance) de Gabriel Attal a voté pour le texte, comme en première lecture en commission. Le RN et l'ensemble de la gauche ont voté contre, mais aussi Horizons, qui s'était abstenu en octobre. Le MoDem et le groupe indépendant Liot se sont abstenus.

Un rejet sans appel, au terme de débats qui sont consultatifs et préalables à l'examen dans l'hémicycle. Mais ces discussions n'ont pas non plus laissé entrevoir ce que pourraient être les termes d'un pacte de non-censure entre la coalition gouvernementale et le PS, dans l'hypothèse de plus en plus plausible où le gouvernement ferait passer le texte par 49.3.

Les députés ont abaissé la pression fiscale d'environ 430 millions d'euros par rapport à la copie du Sénat qui leur était transmise, selon une estimation provisoire du rapporteur général du Budget, Philippe Juvin (LR).

Cette estimation ne tient pas compte de l'adoption à l'initiative du PS d'un Impôt sur la fortune revisité, qui pourrait rapporter cinq milliards d'euros selon les estimations socialistes, contre trois milliards pour l'actuel Impôt sur la fortune immobilière.

Si la députée PS Estelle Mercier s'est félicitée de ce vote, elle a regretté que « l'extrême droite et le bloc central continuent de refuser d'augmenter les recettes de ce budget », écartant « toute mesure de justice fiscale ».

- « Rabot » -

Elle a notamment déploré qu'aucun accord n'ait pu être trouvé sur la surtaxe sur les bénéfices des sociétés : le PS souhaite porter son rendement à 8 milliards, comme en 2025, LR ne veut pas aller au-delà de 4 milliards, comme dans le projet de loi initial du gouvernement, mais aucun compromis n'a pu être trouvé, et c'est finalement la version du Sénat, à zéro, qui est sortie des votes.

Pas d'accord non plus sur la taxe sur les holdings, conduisant au rejet de l'article.

Les députés se sont en revanche accordés sur un dégel total du barème de l'impôt sur le revenu ou sur la taxe sur les petits colis telle que réécrite par les sénateurs.

Au fil de leurs discussions, les députés ont supprimé diverses pistes de recettes, souvent à l'initiative de LR : ils ont notamment maintenu la réduction d'impôts pour frais de scolarité et la niche fiscale des retraités et supprimé le durcissement de la fiscalité sur les automobilistes à travers le malus auto et les cartes grises.

Les députés ont entamé par la suite l'examen de la partie « dépenses » du texte, relative aux crédits budgétaires des différents ministères. Le rapporteur général du budget Philippe Juvin propose dans ce volet un « rabot général » visant à diminuer les crédits de toutes les « missions » budgétaires à l'exception des fonctions régaliennes, espérant dégager environ 6,2 milliards d'euros d'économies.

Mais il n'a pas recueilli de majorité sur l'ensemble de ses propositions, la commission refusant par exemple de réduire le budget de l'Ecologie de 900 millions d'euros ou encore celui de l'enseignement scolaire de 660 millions d'euros.

La suppression de 4.000 postes d'enseignants, critiquée notamment par les socialistes, a bien été maintenue dans le texte. L'allongement à trois jours du délai de carence dans la fonction publique, mesure votée par le Sénat, a en revanche été supprimée.

Les députés doivent terminer l'examen du budget en commission samedi.