McDonald's, Unilever ou encore Orpea : de plus en plus de sociétés ont été la cible de campagnes menées par des actionnaires minoritaires au cours du premier trimestre, selon un rapport de la banque Lazard paru mardi.

Durant les trois premiers mois de l'année, 73 campagnes ont été initiées au niveau mondial, soit le trimestre le plus actif jamais enregistré par la banque. Sur un an, les campagnes d'activisme actionnarial - une pratique qui consiste pour un actionnaire minoritaire à tenter d'influencer la gouvernance ou la stratégie de l'entreprise - ont augmenté de près de 40%.

Amélioration des conditions de travail, prises de position dans une opération de rachat : les campagnes sont variées, avec de plus en plus de considération pour les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

Très actif avec quatre campagnes lancées, l'homme d'affaires multi-milliardaire Carl Icahn s'est notamment illustré en février en faisant pression pour que la chaîne McDonald's se fournisse auprès d'entreprises plus respectueuses dans l'élevage de porcs.

En France, le fonds d'investissement Mirova a demandé un changement de gouvernance à la tête d'Orpea après les révélations parues dans un livre quant aux pratiques en vigueur dans les maisons de retraite du groupe.

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Au total dans le monde, les activistes ont obtenu la nomination de 38 personnes dans les conseils d'administration des entreprises, selon le rapport.

Toutefois, l'activisme actionnarial a décliné vers la fin du trimestre, notamment en Europe, avec le début de la guerre en Ukraine. « L'agitation s'est peut-être tournée vers des pressions en coulisse plutôt que des campagnes publiques », estime Lazard.

Exception, TotalEnergies a été publiquement pris à parti par l'investisseur Clearway Capital pour lui demander de cesser ses activités en Russie ou de consulter ses actionnaires sur son maintien dans le pays. L'entreprise a finalement annoncé début mars qu'« elle n'apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie ».