Le respect des délais de paiement constituera à compter de l'an prochain un élément de la cotation des entreprises de taille importante, a annoncé mardi le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.

« Nous corrigerons un éventuel biais artificiellement favorable dans la cotation des grandes entreprises et ETI qui aurait été créé par de mauvais comportements de paiement », a déclaré le gouverneur à l'occasion de la remise du rapport de l'Observatoire des délais de paiement pour l'année 2020.

« Nous dégraderons si nécessaire la cotation de ces entreprises », a-t-il ajouté, précisant qu'en 2022, l'intégration des délais de paiement dans leur évaluation par la banque centrale concernerait un peu plus de 3.000 d'entre elles en bonne santé financière, cotées de 3++ à 4+ par la banque centrale, soit les quatre meilleures cotes de crédit sur une échelle qui en compte 12.

La présidente de l'Observatoire des délais de paiement Jeanne-Marie Prost a de son côté indiqué que « les dernières données que nous avons pour l'été (2021) montrent que nous sommes à peu près à un niveau de retard de 12,2 jours, une situation qui est évidemment beaucoup moins bonne que celle que nous connaissions, autour de 11 jours, avant la pandémie, mais qui finalement reste contenue », notamment grâce aux mesures en faveur de la trésorerie des entreprises.

Le ministre délégué aux PME Alain Griset a retenu pour sa part le chiffre de 19 milliards d'euros : « c'est le montant de trésorerie dont disposeraient en plus les PME s'il n'y avait pas de retards de paiement ».

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« Le retour à la situation d'avant-crise est aujourd'hui très long, trop long », pour le ministre qui se demande comment il se fait que « les principaux indicateurs économiques retrouvent leur niveau d'avant-crise mais que nous en soyons encore très loin concernant ces retards de paiement ».

Ces retards « affaiblissent nos entreprises et en premier lieu les plus petites, les plus vulnérables, les plus fragiles d'entre elles », a souligné M. Griset qui relève qu'ils sont limités à sept jours en moyenne en Allemagne et quatre aux Pays-Bas.