A l’échelle du globe, les dividendes versées par les entreprises cotées ont reculé de 22% au deuxième trimestre 2020. Mais en France, ils ont été divisés par 3, d’après le dernier bilan de Janus Henderson.

Mines crispés et yeux rivés sur les cours boursiers : les actionnaires naviguent en eaux troubles depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus. Conséquence de la crise sanitaire devenue économique, les dividendes ont, à l’échelle de la planète, chuté de plus de 100 milliards de dollars au deuxième trimestre, passant de 491 milliards de dollars au T2 2019 à 382 milliards de dollars au T2 2020. « Ce repli de 22% […] constitue de loin la pire baisse trimestrielle depuis le lancement de notre indice fin 2009 après la crise financière mondiale », souligne Janus Henderson, la société de gestion d’actifs à l’origine de cette étude.

« Les dividendes ont chuté dans toutes les régions du monde, à l’exception de l’Amérique du Nord, grâce à la résilience des entreprises canadiennes », détaille Janus Henderson. En effet, sur un an, la rétribution des actionnaires d’entreprises d’Amérique du Nord a même légèrement progressé, de 0,1% à 134 milliards de dollars au 2ème trimestre 2020. Une tendance qui contraste avec la situation en Europe où les dividendes trimestriels ont dévissé de 44,5% avec la crise du coronavirus.

Plus mauvais trimestre de la décennie

« La France a connu un trimestre particulièrement difficile », constate le gestionnaire d’actifs. Alors que les entreprises françaises sont habituellement les plus généreuses d’Europe, les dividendes versés ce 2ème trimestre sont les plus faibles « depuis au moins une décennie », commente Janus Henderson. Les sociétés françaises cotées ont ainsi redistribué 13,3 milliards de dollars de profits à leurs actionnaires, contre 38,4 milliards de dollars au deuxième trimestre 2019.

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« Un tiers de la baisse est lié aux banques françaises » souligne ce rapport relayé notamment par Business Insider. Or, pour les actionnaires des Société Générale, BPCE et autres Natixis, les dividendes risquent d’être gelés encore plusieurs mois quel que soit le devenir de l’épidémie à moyen terme. La BCE demande en effet aux banques de ne pas verser de dividendes au moins jusqu’en janvier 2021.

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Janus Henderson s’attend tout de même à ce que les dividendes distribués au niveau mondial dépassent le milliard de dollars en 2020. A titre de comparaison, en 2009, au lendemain de la crise financière des subprimes, les entreprises cotées avaient versé quelque 700 millions de dollars à leurs actionnaires.