La loi de finances pour 2014 a modifié les règles fiscales applicables aux plus-values mobilières. Jusquau 1er janvier 2013, elles étaient taxées à taux fixe après déduction des moins-values réalisées sur la même année ou par report dimposition. Depuis le 1er janvier 2013, les plus-values peuvent bénéficier dans certains cas dun abattement pour durée de détention.
Depuis le 20 mars 2015 (transposition de la loi de finances pour 2014), le Bofip indique : « Le montant de la plus-value de cession, ainsi que celui de la moins-value de cession, sont donc réduits de l'abattement pour durée de détention. »
Dans son arrêt du 12 novembre 2015, le Conseil dÉtat considère que la documentation fiscale « ne se born[e] pas à expliciter la loi mais y ajout[e] des dispositions nouvelles ». En effet, pour la plus haute juridiction administrative française, le code général des impôts prévoit quavant toute application dun abattement, il faut déduire du montant des plus-values le montant des moins-values de même nature.
Les personnes concernées, cest-à-dire les contribuables ayant déduit des moins-values en 2014 et 2015 (revenus 2013 et 2014), auront donc intérêt à se mettre en contact avec le fisc afin détablir une déclaration de revenus rectificative, pour obtenir un remboursement des sommes indûment versées.
Exemple concret avec des plus values mobilières dactions détenues depuis 3 ans dun montant de 10.000 euros et des moins-values dactions détenues depuis 9 ans dun montant de 10.000 euros. Depuis le 1er janvier 2013, le taux dabattement est de 50% pour une durée de détention comprise entre 2 et 8 ans et de 65% au-delà de ces 8 ans.
Avec lanalyse diffusée dans le Bofip, le montant soumis au barème de limposition sur le revenu était de 1.500 euros : 10.000*50% - 10.000*35%.
Selon le Conseil dÉtat, la base de limposition aurait dû être à zéro puisque les moins-values viennent totalement annuler les plus-values.
















