Comme l’an passé et en 2012, l’AMF compare les frais de bourse des banques et des courtiers web. Le fossé continue de se creuser et il va désormais clairement du simple au triple pour les frais de courtage. Lorsque l’on prend aussi en compte les droits de garde, les frais de bourse sont multipliés par quatre voire cinq pour un même profil.

Chaque année, les grands réseaux bancaires (1) augmentent très légèrement les frais des ordres de bourse passés sur internet, comme le relève l’Autorité des marchés financiers (AMF) dans la dernière lettre de l’observatoire de l’épargne. Pour suivre ces évolutions, l’Autorité se base sur les frais moyens d’achat et de vente d’actions sur internet, pour des ordres de 5.000 et 10.000 euros, sur Euronext Paris. Du 1er décembre 2011 au 1er janvier 2015, la moyenne de frais de courtage pour un ordre internet de 5.000 euros via un réseau bancaire est passé de 25 euros (soit 0,50%) à 26,60 euros (0,53%), et de 47 euros (0,47%) à 50,10 (0,50%) pour un ordre de 10.000 euros.

Baisse des frais chez les courtiers web

En parallèle, ces frais de transaction (ou de courtage) ont baissé chez les spécialistes de l’épargne en ligne, du type Binck, ING, Boursorama ou BforBank (2). De 13,90 euros (0,28%) au 1er décembre 2011, la facturation de l’ordre en ligne est tombée à 8,4 euros en moyenne (0,17%) au 1er janvier dernier. L’ampleur de la baisse est similaire pour un ordre de 10.000 euros chez ces mêmes courtiers en ligne : 21,60 euros (0,22%) fin 2011 puis 16,10 euros début 2013 (0,16%).

En 2014, l’écart dépassait le simple au double pour un ordre de 5.000 euros et atteignait quasiment le simple au triple pour 10.000 euros. Désormais, l’écart apparaît encore plus net, puisque les frais sont trois fois supérieurs dans les banques dans les deux cas.

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Des droits de garde d’un côté, la gratuité de l’autre

A ces frais de courtage s’ajoutent des droits de garde (ou frais de détention) dans les grandes banques pour les valeurs (actions, obligations Sicav, etc.) inscrites sur les PEA et comptes-titres. Les courtiers en ligne ne prélèvent eux pas de droits de garde, même si cette gratuité est « parfois conditionnée à un nombre minimal d’ordres de bourse à passer chaque mois ou à une valeur minimale globale de portefeuille » comme le souligne l’AMF.

Selon l’Autorité, ces droits de garde prennent le plus souvent la forme d’une commission proportionnelle à la taille du portefeuille « et/ou d’un forfait annuel, voire semestriel, par ligne ». Toujours pour des actions cotées sur Euronext Paris et en janvier 2015, ils sont de 77,20 euros pour 10.000 euros répartis sur 10 lignes (0,77%) et de 174,40 euros pour 60.000 euros répartis sur autant de lignes (0,29%). Là encore, l’AMF relève une très légère augmentation des frais depuis 2012 : + 2% pour un portefeuille de 60.000 euros placé sur 10 lignes.

Un impact presque 5 fois plus important sur les rendements

Sur cette base, l’AMF dresse une comparaison de l’impact de l’ensemble des frais de bourse (courtage + droits de garde) pour un même profil : « un investisseur passant 12 ordres par an de 5.000 euros, et détenant 10 lignes pour 60.000 euros au total ». La note globale est de 493 euros dans ce cas du côté des réseaux bancaires et de 101 euros du côté des courtiers en ligne, soit 0,82% de frais d’un côté, et 0,17% de l’autre. Autrement dit, dans le cas de cette simulation, les frais de bourse vont du quasiment du simple au quintuple entre courtiers et banques.

(1) L’AMF a réalisé ses simulations sur la base des tarifs de BNP Paribas, Banque Populaire (5 banques régionales), Caisse d’épargne (5 caisses régionales), Crédit Agricole (5 caisses régionales), CIC, Crédit Mutuel (3 fédérations), LCL, La Banque Postale et Société Générale.

(2) L’AMF a retenu les intermédiaires suivants pour ses simulations : Binckbank, Bforbank, Boursorama banque, Bourse Direct, Cortal Consors, Fortuneo, ING Direct et Saxo Banque.