Une quarantaine de minutes avant l'ouverture des Bourses européennes (à 08H00 GMT), les contrats à terme des principaux indices, qui reflètent les échanges se déroulant avant l'ouverture, reculaient nettement : la Bourse de Paris perdait 2,71%, la Bourse de Francfort dégringolait de 2,60%, Londres cédait 0,97% et Milan 1,99%.

« Les marchés européens devraient ouvrir en forte baisse ce matin, dans le sillage de la chute observée à Wall Street vendredi et alors que la flambée du pétrole s'intensifie », commente John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Vers 07H25 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 15,35% à 106,92 dollars, peu après avoir flambé de plus de 28%. Le baril de WTI, référence du marché américain, bondissait de 12,56%, à 102,32 dollars, après avoir brièvement bondi de plus de 31%.

Les deux références mondiales du brut ont dépassé les 100 dollars le baril dès la réouverture des échanges après le week-end, une première depuis juillet 2022.

Au dixième jour du conflit, les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de l'offre mondiale de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL), reste quasi-paralysé.

Depuis le début du conflit, le Brent a flambé d'environ 50% et le WTI de 55%.

Côté gaz naturel européen, le TTF néerlandais, considéré comme la référence sur le Vieux continent, grimpait de 20% à 64,05 euros le Mégawattheure vers 07H25 GMT, après avoir flambé de 30% à l'ouverture du marché.

« Dans ces conditions, la question du retour des pressions inflationnistes et de leurs conséquences économiques s'impose à nouveau comme l'un des principaux sujets d'inquiétude pour les investisseurs », les pays européens important massivement leurs hydrocarbures, explique John Plassard.

L'Iran a lancé lundi ses premières salves de missiles et de drones vers Israël et ses voisins du Golfe depuis que Mojtaba Khamenei a succédé comme guide suprême à son père, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre.

« Les espoirs de paix se sont estompés après la nomination du fils de Ali Khamenei comme prochain Guide suprême – une décision qui n'a pas du tout plu aux États-Unis », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

« Ce choix suggère que l'Iran ne reculera pas face aux États-Unis, ce qui implique une guerre potentiellement prolongée au Moyen-Orient – une région qui abrite environ 50% des réserves mondiales de pétrole et près de 40% des réserves mondiales de gaz naturel », poursuit-elle.