« Certains investisseurs pensent que dès lors que leur ordre est transmis au marché, il sera exécuté immédiatement et intégralement. Or, outre des conditions tenant à la liquidité du titre, des règles de priorité sappliquent dans lexécution des ordres. » Voilà comment Marielle Cohen-Branche, médiateur de lAMF, attaque le dernier article diffusé sur son blog, où elle évoque chaque mois un cas pour lequel il a été fait appel à sa médiation.
Un dénommé « M. L. » l'a sollicité après avoir constaté quun ordre passé sur « une plateforme boursière internet » na été exécuté que partiellement. Après analyse des faits, le médiateur de lAMF na rien constaté danormal, expliquant ce résultat par un ordre prioritaire qui a « absorbé une grande quantité des titres disponibles à la vente », ce qui explique que lordre de « M. L. » na pu être entièrement exécuté.
Pourquoi son ordre de bourse nétait-il pas prioritaire ? Car il sagissait dun ordre « à cours limité », présenté comme le type dopération le plus courant : il sagit dun ordre comportant un prix maximum, à lachat, ou un prix minimum, à la vente. Or, le médiateur souligne que lordre de marché, cest-à-dire sans condition de prix (aussi appelé « ordre à tout prix », ou anciennement « ordre au mieux »), est prioritaire « sur les ordres à la meilleure limite (1) et sur les ordres à cours limité ».
Et le médiateur de conclure : « Attention au type dordre que vous choisissez ! ( ) Un ordre à cours limité permet de maîtriser le cours dexécution mais est susceptible dêtre fractionné, voire non exécuté pour partie ou totalement. ( ) A linverse, lordre au marché, prioritaire sur tous les types dordres, garantit la quantité mais pas le cours dexécution. »
(1) « Ordre libellé sans indication et exécuté au prix de la meilleure offre en attente sil sagit dun ordre dachat ou au prix de la meilleure demande en attente sil sagit dun ordre de vente ».














