PEA et compte-titres : un tiers des petits actionnaires investissent moins de 10.000 euros

Saisie de données boursières sur un ordinateur
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L’agence de communication Havas Paris a commandé à l’institut CSA une étude avec pour objectif avoué de casser les a priori touchant les actionnaires individuels. Détenteurs d’actions via des PEA et comptes-titres, ces boursicoteurs sont plus jeunes et moins fortunés que le voudraient les idées reçues. Mais ils détiennent sans surprise avant tout des actions du CAC40.

Qui sont les 4,1 millions d’actionnaires individuels recensés en 2012 en France, selon les chiffres du baromètre TNS Sofres-La Poste ? Havas Paris, soutenu par douze grandes entreprises et institutions, dont l’Autorité des marchés financiers (AMF), a réalisé une étude avec l’institut CSA pour le découvrir. 451 actionnaires individuels (1), c’est-à-dire des détenteurs de titres via un Plan d’épargne en actions (PEA) ou un compte-titres n’en déléguant pas la gestion, ont été interrogés. Plus de deux tiers d’entre eux gèrent leurs actions via l’espace en ligne de leur banque.

Le portrait type du petit porteur retraité et fortuné ou féru de finance et opportuniste n’a donc pas lieu d’être. 62% des actionnaires individuels ont moins de 65 ans selon cette étude, et plus de la moitié de ces petits porteurs ont commencé à investir en bourse avant leurs 40 ans. Un actionnaire sur trois possède un patrimoine, immobilier compris, inférieur à celui de la médiane nationale (150.000 euros).

Ce sondage ne démonte toutefois pas tous les stéréotypes puisque 50% de ces investisseurs sont bien retraités, l’autre catégorie de la population surreprésentée parmi les boursicoteurs étant l’ensemble cadres-professions libérales (17%). Surtout, 72% des actionnaires individuels sont des hommes. En résumé, les idées reçues sont certes fausses, mais certaines populations restent surreprésentées parmi les actionnaires individuels.

Livrets, PEL et assurance-vie en plus des actions

Si les profils sont divers, ces investisseurs se révèlent quasiment tous être des épargnants chevronnés. En plus de leur compte-titres et/ou PEA, ces particuliers possèdent à 98% un livret d’épargne réglementé du type Livret A ou LDD, contre 89% pour l’ensemble de la population, à 80% une assurance-vie, contre 50% pour l’ensemble des Français, mais aussi à 53% un Plan épargne logement (contre 38%) et à 27% un plan d’épargne salariale (2).

S’ils investissent en actions, ce n’est pas parce qu’ils ont déjà saturé leur épargne défiscalisée : seuls 35% des sondés ont atteint le plafond de ces produits. Et s’il existe de très gros investisseurs particuliers, la moyenne de l’investissement en bourse des sondés se situant à 67.000 euros, une large part de cette population investit des montants plus modérés : près d’un tiers (32%) ont placé moins de 10.000 euros en actions.

Les valeurs du CAC40 privilégiées

Ces petits porteurs se reconnaissent prudents (61%) et parient ainsi sur moins de titres que ce que conseillent les experts, qui évoquent souvent une dizaine de titres : plus de 60% des actionnaires individuels misent sur moins de cinq sociétés, seulement 16% sur plus de dix. Ces actions sont principalement celles d’entreprises du CAC40 : 84% des répondants détiennent des titres de ces grandes sociétés françaises. Seuls 18% ont opté pour des actions de PME cotées sur Alternext, précisément celles que la création du PEA-PME doit permettre de soutenir. Une proportion qui monte à environ 30% parmi les 35-49 ans, les plus de 50 ans se montrant beaucoup plus frileux.

(1) Etude publiée le 25 juin et réalisée du 6 au 20 février 2014 auprès de 451 actionnaires individuels, issus d’un échantillon national représentatif de 2.890 personnes majeures. « 30% des détenteurs de PEA et/ou compte titres ont été écartés de l’échantillon car ils n’y logeaient pas d’actions. 16% des détenteurs d’actions ont été écartés parce qu’ils en délèguent totalement la gestion », apprend-t-on dans la lettre de l’observatoire d’épargne de l’AMF.

(2) Source : lettre de l’observatoire de l’épargne de l’AMF, qui cite des informations relatives à ce sondage non présentées dans l’étude CSA-Havas publiée mercredi 25 juin.

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© cbanque.com / BL / Juin 2014