Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, exclut des mouvements spéculatifs sur la dette de la France, en lien notamment avec le lancement d'un contrat à terme sur les obligations d'Etat françaises.

La société Eurex, spécialiste des produits dérivés et filiale du groupe boursier allemand Deutsche Börse, doit lancer lundi un contrat à terme sur les obligations d'Etat françaises de long terme. Un produit fustigé par plusieurs candidats à l'élection présidentielle française, qui y voient un instrument de spéculation.

« Tout ce qui serait mouvement spéculatif sur la dette française, c'est quelque chose que je combattrais avec détermination si cela devait se produire, ce que j'exclus », a affirmé Christian Noyer en marge de la présentation des résultats de l'établissement.

Améliorer la liquidité

Il a rappelé que le contrat à terme est un instrument qui permet notamment d'améliorer la liquidité d'un marché, c'est-à-dire la capacité pour les investisseurs de vendre le produit financier concerné le plus rapidement possible. En renforçant la liquidité, le contrat à terme « peut améliorer, au sens de réduire, le coût de financement de l'émetteur », en l'espèce l'Etat français, a expliqué le banquier central.

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« C'est d'ailleurs la raison pour laquelle M. Bérégovoy (ministre de l'Economie de 1988 à 1992) avait lancé un contrat à terme sur le Matif » (Marché à terme des instruments financiers intégré depuis à NYSE Euronext) sur les obligations d'Etat françaises de long terme. Ce contrat, qui était le premier du genre en Europe à son lancement selon Christian Noyer, avait été abandonné au début des années 2000 du fait de l'arrivée de l'euro et de l'émergence du contrat à terme sur la dette allemande.