Les marchés

Wall Street au sommet

Les marchés retrouvent un peu d'air. Le CAC 40 gagne 0,40% à 7 865 points, profitant de la petite baisse du pétrole et des taux obligataires. Le recul du brut s'explique par la hausse des exportations en provenance du Moyen-Orient et par l'engagement du G7 à soutenir l'offre en mettant sur le marché 100 millions de barils. Une bonne nouvelle pour les investisseurs : un pétrole moins cher réduit les pressions inflationnistes et, par ricochet, la pression sur les taux d'intérêt.

À Wall Street, l'intelligence artificielle continue de faire tourner les compteurs. Le Nasdaq, déjà à un record hier, inscrit un nouveau sommet en séance ce mardi, tandis que le S&P 500 évolue lui aussi sur des niveaux historiques. Dans la suite de cette édition, nous vous parlons toutefois de ses performances très relatives ? 78% de ses actions étaient dans le rouge en septembre.

Nvidia gagne encore du terrain aujourd'hui et approche les 6 000 milliards de dollars de capitalisation. Microsoft (+1,5%), Tesla (+0,6%) ou encore Amazon (+1,6%) participent au mouvement global de hausse à Wall Street. À l'approche des résultats trimestriels, les investisseurs continuent de miser sur une croissance solide des géants technologiques, malgré des valorisations toujours très élevées. À Paris, Schneider Electric fait encore figure de grand perdant. Le titre chute de 4,5% ce soir, après avoir déjà perdu près de 10% hier. On a beaucoup de choses à vous dire ce soir, bonne lecture à tous !

Les valeurs

Schneider Electric

La sanction continue. Après son plongeon de près de 10% hier, Schneider Electric perd encore 4,51% ce mardi, à 260,5 ?. Les investisseurs digèrent toujours le rachat de l'américain PTC pour 22,6 milliards de dollars, la plus grosse acquisition de l'histoire du groupe. Schneider paiera 205$ par action, soit une prime de plus de 40% par rapport au dernier cours de PTC précédant l'annonce.

Le projet est stratégique : PTC renforcerait considérablement Schneider dans les logiciels industriels. Mais le marché juge le prix élevé et s'interroge sur le rendement futur de l'opération. JPMorgan a d'ailleurs abaissé ce matin sa recommandation de « surpondérer » à « neutre » et son objectif de cours de 345 ? à 310 ? (soit un potentiel de +18%). Après deux séances très difficiles, la baisse de l'action pourrait offrir un prix d'entrée intéressant à court terme. Affaire à suivre ! Depuis le début de l'année, Schneider avance de 11% en Bourse.

Alstom

À l'inverse, Alstom bondit de 4,79% à 16,18 ?, et signe l'une des meilleures performances de la cote parisienne. Le groupe français a conclu un accord avec le conglomérat vietnamien Vingroup pour fournir 200 rames de métro destinées au développement du réseau urbain de Hanoï. L'accord prévoit également un transfert de technologies vers le Vietnam. Son montant n'a pas été communiqué.

Au-delà du contrat lui-même, cette annonce renforce le carnet commercial d'Alstom sur un marché asiatique où les besoins en transports urbains restent considérables. Après une année boursière très difficile, le titre trouve donc un nouveau catalyseur. Il reste toutefois en baisse d'environ 36% depuis janvier : le marché attend désormais que les commandes se traduisent durablement en amélioration de la trésorerie et du bilan.

Le coin des smalls

Medincell

Medincell s'envole de 16% à 26,76 ? et prend la tête du SBF 120 ! La société biopharmaceutique française attend une décision majeure des autorités sanitaires américaines autour du 9 octobre. Elle concerne un nouveau traitement contre la schizophrénie développé avec le laboratoire Teva. Les chances sont jugées élevées : Stifel estime à 90% la probabilité d'une autorisation aux États-Unis, ce qui constituerait une étape majeure pour Medincell.

Et le potentiel commercial est important. Dans le scénario le plus favorable, ce nouveau médicament pourrait générer jusqu'à 1,8 milliard de dollars de ventes par an. Medincell peut déjà compter sur le succès d'un premier traitement développé avec Teva, dont les ventes ont progressé de 43% au deuxième trimestre. Stifel reste donc à l'achat et relève son objectif de cours de 33 à 36,50 ? (soit près de 40% de hausse supplémentaire attendue). La décision américaine attendue dans les prochains jours sera donc déterminante pour la suite du parcours boursier. L'action éligible au PEA-PME gagne désormais 5% en Bourse en 2026.

La question corporate

Le nouveau code européen sur la recherche sponsorisée est-il adapté à la couverture des small caps ? Le règlement délégué (UE) 2026/1092 du 21 mai 2026, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 4 septembre, est entré en vigueur le 7 septembre 2026.

La recommandation du jour

Présidentielle 2027

Comment protéger son épargne ?

La présidentielle de 2027 a déjà commencé? en Bourse. Depuis cet été, le CAC 40 décroche, les taux français s'envolent et la prime de risque politique atteint des niveaux inconnus depuis la crise des dettes souveraines. Jusqu'où les marchés peuvent-ils sanctionner la France ? Et surtout, comment protéger son épargne si la tension monte encore ?

Le monde d'après

Le S&P 500 cache la forêt

Le S&P 500 n'a perdu qu'environ 0,5% en septembre. À première vue, presque rien. Mais derrière cette apparente stabilité, le marché américain a subi une véritable correction généralisée : 78% des actions de l'indice ont terminé le mois dans le rouge, 60% ont perdu au moins 5% et 27% ont chuté d'au moins 10%. Neuf des onze secteurs du S&P 500 ont reculé.

Le principal coupable ? Les taux d'intérêt. En septembre, le rendement du dix ans américain a bondi d'environ 54 points de base, à 5,29%, sa plus forte hausse mensuelle depuis quatre ans. Dans le même temps, le Brent a progressé d'environ 8%, ravivant les craintes inflationnistes et la perspective de taux durablement élevés. Un cocktail particulièrement pénalisant pour l'immobilier, la finance, les valeurs cycliques et, plus largement, les entreprises sensibles au coût du crédit.

Alors pourquoi le S&P 500 n'a-t-il perdu que 0,5% ? Parce que toutes les actions n'y pèsent pas le même poids. L'indice est pondéré par les capitalisations boursières et quelques géants de la technologie ont masqué la faiblesse du reste du marché. Meta a ainsi bondi de 26,7% sur le mois, AMD de 30% et Intel de 34,3%, tandis que Nvidia et les valeurs liées à l'IA continuaient d'exercer une influence considérable sur l'indice.

La preuve est spectaculaire : le S&P 500 équipondéré, où chaque entreprise compte autant, a perdu près de 5% en septembre. La leçon pour l'investisseur est claire : regarder uniquement la performance globale de l'indice ne suffit pas. En septembre, le S&P 500 semblait presque immobile, alors que sous la surface, une large partie du marché américain était déjà en pleine correction ?

Demain à la une

La Fed sous surveillance

Le grand rendez-vous de demain arrivera à 20h, heure de Paris, avec la publication du compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale. En septembre, la Fed avait relevé ses taux de 0,25 point, portant leur fourchette à 3,75%-4%. Depuis, la situation a changé : le très mauvais rapport sur l'emploi publié vendredi a fortement réduit les anticipations d'une nouvelle hausse dès octobre.

Les investisseurs chercheront donc à savoir à quel point les responsables de la Fed étaient divisés et quelles conditions pourraient justifier un nouveau durcissement monétaire. Avec des taux obligataires encore extrêmement élevés, chaque nuance comptera. La Fed publiera également les chiffres du crédit à la consommation américain à 21h. Enfin, après la clôture de Wall Street, Levi's dévoilera ses résultats trimestriels, un nouveau thermomètre intéressant de la consommation américaine.

Le lexique

Valeur cyclique

Une valeur cyclique est une action dont l'activité, les bénéfices et le cours de Bourse sont fortement sensibles aux phases de l'économie. Lorsque la croissance accélère, la consommation et l'investissement progressent, ce qui favorise généralement ces entreprises. À l'inverse, elles peuvent souffrir davantage lorsque l'économie ralentit ou entre en récession. L'automobile, le luxe, la construction, les matières premières, l'industrie ou encore certaines banques comptent parmi les secteurs souvent considérés comme cycliques.

En Bourse, ces valeurs peuvent donc connaître des variations importantes selon les anticipations de croissance, les taux d'intérêt ou la confiance des ménages et des entreprises. Elles s'opposent aux valeurs défensives, comme certaines entreprises de santé ou de services aux collectivités, dont l'activité résiste généralement mieux aux ralentissements économiques. Une valeur cyclique peut offrir un fort potentiel lors d'une reprise, mais avec un risque de volatilité et de baisse plus élevé lorsque le cycle se retourne.