Bercy a garanti à ses créanciers un rendement de 4,23% à dix ans lors de l'habituelle émission d'obligations (OAT) à long terme par l'Agence France-Trésor (AFT) chaque premier jeudi du mois.
Ce « taux moyen pondéré » était de 3,90% en août et 3,73% en juillet. Il s'établissait à 3,45% en février avant la guerre contre l'Iran lancée par les Etats-Unis et Israël, détonateur d'un cycle de hausse des prix de l'énergie, de l'inflation et des taux.
« Le taux de 4,23% (taux moyen pondéré) est le taux de l'ensemble des ordres à dix ans qui ont été servis pour l'OAT au 25 novembre 2036 », a précisé l'AFT dans un communiqué.
Même émise par un Etat endetté à 117,5% de son PIB, sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la dette française reste un placement très recherché par les investisseurs.
L'AFT a adjugé 6,29 milliards d'euros de dettes à dix ans, alors que la demande portait sur 15,275 milliards d'euros, d'après le communiqué de l'AFT, qui gère la dette sous l'autorité du ministre de l'Economie.
L'augmentation des taux d'intérêt alourdit la « charge de la dette »
Au total, la France a emprunté 13,497 milliards lors de cette émission, avec également 3,3 milliards d'euros à dix ans à un taux moyen de 4,19%, 1,676 milliard d'euros à 14 ans à 4,51% et 1,659 milliard d'euros à 20 ans à 4,74%. L'augmentation des taux d'intérêt alourdit la « charge de la dette », s'inquiète le gouvernement.
L'ensemble de la dette publique atteignait 3.536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, selon les derniers chiffres de l'Insee.
Le candidat de la France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, veut annuler la part de la dette souveraine détenue par la Banque centrale européenne (BCE), soit 18% selon lui. Cette proposition est largement rejetée par les autres candidats et par les partenaires européens de la France.
Les taux s'envolent en raison de l'inflation qui réduit dans la durée la valeur des capitaux investis, ce qui conduit les investisseurs à demander des primes de risque plus élevées.
Autre explication : la concurrence pour l'épargne entre les Etats et les méga-investissements dans l'intelligence artificielle, soulignent les analystes.
















