Cela marquerait à la clôture un plus haut depuis 2012 pour cet écart.
Peu avant 11H00 GMT, les obligations françaises à dix ans affichaient un rendement de 4,50% contre 3,50% pour le « Bund » allemand, qui sert d'étalon pour la zone euro sur le marché obligataire.
La France emprunte à des coûts plus élevés que d'autres pays comme la Grèce et l'Italie.
« L'Italie, considéré comme l'homme malade de l'Europe pendant des années, a réussi à ramener son déficit dans la zone des 3%. Sur la trajectoire du déficit, l'Italie a réussi à faire cet effort quand la France reste dans la zone des 5% », commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
La hausse des taux d'intérêt touche toutes les grandes économies à commencer par les Etats-Unis où le rendement des bons du Trésor à dix ans a dépassé cette semaine les 5% pour la première fois depuis 2007.
Cette hausse est une réaction face aux risques d'inflation qui elle-même dérive de la poussée des coûts de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Dans le cas de la France, les marchés s'inquiètent également d'une dette publique à 117,5% du PIB au seuil de la campagne présidentielle.
« Il est possible que la composante politique en France l'emporte sur la composante géopolitique », selon Alexandre Baradez.
« La campagne présidentielle va être compliquée, va alerter et inquiéter les marchés. On peut s'attendre à des tensions sociales qui s'ajouteraient aux tensions obligataires », ajoute Vincent Juvyns, analyste pour ING.
Première conséquence : la hausse progressive des taux alourdit le coût des prochains emprunts.
« La charge de la dette devait atteindre près de 60 milliards d'euros cette année, soit le budget de la défense ou de l'éducation nationale », rappelle Vincent Juvyns.
La hausse des taux complique la tâche du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a présenté jeudi soir les grandes lignes du projet de budget 2027 promettant un effort de 54 milliards d'euros.
Malgré la conjoncture, la dette française est « très attractive » et « il n'y a pas de craintes sur le financement de l'Etat » malgré des taux d'intérêts au plus haut depuis 2008, a affirmé mardi le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin















