Valeurs vedettes de la Bourse de Paris ces derniers années, les géants tricolores du secteur, à savoir LVMH, Hermès et Kering, évoluent désormais dans un environnement moins porteur. En effet, après plusieurs années de croissance exceptionnelle, le marché mondial du luxe peine à retrouver sa dynamique passée.

Une demande mondiale qui peine à repartir

Dans sa dernière étude réalisée avec Altagamma, Bain & Company estime que les dépenses mondiales dans le luxe devraient rester globalement stables en 2026, après avoir atteint 1 443 milliards d'euros en 2025. Derrière cette apparente stabilité se cachent toutefois des dynamiques régionales particulièrement contrastées. La Chine peine toujours à redémarrer, tandis que l'Europe reste fragilisée par le recul des dépenses des touristes internationaux, notamment en raison de la baisse de fréquentation des visiteurs du Moyen-Orient dans un contexte de tensions géopolitiques. À l'inverse, l'Amérique du Nord s'impose comme le principal moteur de la croissance, portée par une demande soutenue, notamment auprès des jeunes consommateurs selon Bain & Company.

Des valorisations devenues plus attractives

Symbole des difficultés rencontrées par les acteurs du secteur, l'action LVMH comme celle d'Hermès accuse un repli de près de 50% par rapport à leur plus-haut historique. Pour Kering, le repli atteint même près de 75%. Cette correction boursière s'est mécaniquement accompagnée d'une nette contraction de leurs niveaux de valorisation, ce qui pourrait raviver l'intérêt d'investisseurs opportunistes.

Des fondamentaux toujours solides

Autre motif de confiance : malgré les turbulences actuelles, les fondamentaux du secteur du luxe restent solides, d'après les spécialistes que nous avons interrogés. Dorian Abadie, responsable Bourse chez Meilleurtaux, estime ainsi que « le secteur conserve de nombreux atouts ». Les barrières à l'entrée élevées, le fort pouvoir de fixation des prix et la désirabilité des marques constituent autant d'avantages concurrentiels durables. À plus long terme, la croissance du secteur pourrait également bénéficier de la résilience de l'économie américaine, d'une stabilisation progressive de la demande chinoise ainsi que de la reprise des flux touristiques internationaux, notamment en Europe.

« L'Europe reste atone et la Chine toujours à la peine, avec un environnement qui s'est durci cet été, tant pour les classes moyennes que pour les plus fortunés »

Un rebond encore incertain

Malgré ces éléments favorables, le contexte actuel appelle à la prudence. La croissance du secteur repose aujourd'hui largement sur les États-Unis, tandis que « l'Europe reste atone et la Chine toujours à la peine, avec en outre un environnement qui s'est durci cet été, tant pour les classes moyennes que pour les plus fortunés », rappelle Grégoire Uetwiller, gérant des fonds Moneta Long Short et Moneta Midcap Dynamic chez Moneta Asset Management. À cela s'ajoute une incertitude politique en France à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, susceptible d'alimenter la volatilité des valeurs phares de la cote parisienne.

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