Les marchés

Good news = bad news

Les marchés terminent la semaine sur la défensive. À Paris, le CAC 40 fait quasiment du surplace (-0,09% au fixing, -1,5% sur la semaine) autour des 8 280 points, toujours incapable de franchir le seuil des 8 300. Même prudence à Wall Street, où les principaux indices évoluent légèrement dans le rouge. Cette fois, pourtant, ce ne sont pas de mauvaises nouvelles économiques qui inquiètent les investisseurs, mais des chiffres de l'emploi américain nettement meilleurs que prévu.

L'économie américaine a créé 162 000 emplois en août, près de trois fois plus que les 56 000 attendus, tandis que le chômage reste stable à 4,1%. Une bonne nouvelle pour l'économie, mais pas forcément pour la Bourse. La résistance du marché du travail donne davantage de latitude à la Réserve fédérale pour relever ses taux afin de lutter contre l'inflation. La probabilité d'une hausse en septembre est ainsi remontée à 65%, contre 55% avant la publication.

Le scénario d'un statu quo, encore défendu jeudi par Christopher Waller, un gouverneur de la Fed, perd donc du terrain. Après des mois passés à guetter le moindre signe de faiblesse de l'économie américaine, les investisseurs font désormais face à un paradoxe : une économie trop solide peut devenir un problème si elle pousse la Fed à rehausser ses taux. D'ici sa réunion des 15 et 16 septembre, l'inflation redevient donc la pièce maîtresse du puzzle. On en reparle dans cette édition !

Les valeurs

GTT

GTT met les gaz ! Le spécialiste français des technologies de transport du gaz naturel liquéfié gagne 3,94%, à 216,20 ?, en tête du SBF 120, après un important soutien de Berenberg. La banque allemande relève sa recommandation de « conserver » à « acheter » et porte son objectif de cours de 190 à 245 ?. Barclays débute également le suivi du titre avec une opinion positive. Berenberg estime notamment que le marché sous-estime encore les besoins mondiaux en nouveaux méthaniers.

GTT anticipe environ 550 navires sur dix ans, alors que les commandes ont déjà fortement accéléré au premier semestre. La banque souligne aussi le développement des services numériques et la diversification vers de nouveaux équipements gaziers. Après plus de 38% de hausse depuis janvier, les attentes deviennent forcément plus exigeantes, mais GTT continue de profiter d'un puissant cycle mondial d'investissement dans les infrastructures énergétiques.

GTT fait partie de notre portefeuille sportif. Retrouvez ici notre objectif boursier et la totalité de notre sélection.

Total

Petite prise de bénéfices sur Total, l'une de nos valeurs préférées à la Bourse de Paris. Le géant pétrolier cède 2,46% à 76,10 ?, malgré un Brent toujours supérieur à 94$ le baril. Malgré la forte progression de l'action en 2026 (+37%, hors dividendes), Morgan Stanley relève légèrement son objectif de cours de 77 à 78 ?. Le message est donc davantage boursier que fondamental : après une telle hausse annuelle, une grande partie des bonnes nouvelles semble désormais intégrée dans le cours.

Total reste naturellement l'un des principaux bénéficiaires d'un pétrole élevé, mais la valeur demeure extrêmement sensible aux développements au Moyen-Orient. Une détente géopolitique et une baisse brutale du Brent pourraient rapidement inverser une partie du mouvement récent. Soyez prudents à court terme ! Nous gardons toutefois un avis largement positif sur le moyen terme, tant sur Total que sur le secteur pétrolier en général.

Le coin des smalls

Dontnod

Ce nom ne vous dit peut-être rien. Le studio français de jeux vidéo recule de 0,74% ce vendredi, à 0,40 ?, au terme d'une séance mouvementée et largement négative. En cause, des résultats semestriels en nette dégradation. Le chiffre d'affaires baisse de 14% et les ventes de jeux chutent de 52%, tandis que le studio creuse encore ses pertes. Pour tenter de redresser la barre, le groupe lance une nouvelle restructuration qui pourrait supprimer 90 postes en France.

Le point le plus préoccupant reste la trésorerie, tombée à 8 millions d'euros fin juillet, contre 15,4 millions fin 2025. Dontnod prévient qu'il aura besoin de financements supplémentaires pour poursuivre son activité au-delà du 31 janvier 2027. Le marché sanctionne donc moins une mauvaise publication qu'un véritable risque sur la capacité du groupe à financer son avenir. Depuis le début de l'année, le titre éligible au PEA-PME cède 38% à la Bourse de Paris.

Le secteur de la semaine

Zoom sur le BTP français. La reprise du bâtiment esquissée au S1. La FFB anticipe +1,8% en 2026 après -4% en 2025, mais les autorisations non résidentielles reculent de -9,9% sur trois mois et les aides MaPrimeRénov' disparaissent au 1er septembre.

Retrouvez ici l'analyse d'Euroland Corporate.

La recommandation du jour

Découvrez notre PEA !

Investir en Bourse tout en profitant d'une fiscalité avantageuse : c'est toute la force du plan d'épargne en actions (PEA). Encore parfois jugé complexe ou réservé aux investisseurs aguerris, il est pourtant aujourd'hui accessible à tous, même avec un petit budget et sans expertise particulière en finance.

En 2026, ouvrir un PEA peut se faire entièrement en ligne, en quelques minutes, parfois dès 1 euro. Et plus vous l'ouvrez tôt, plus vite le compteur fiscal commence à tourner. Dans cet article en libre accès, découvrez pourquoi il peut être intéressant d'ouvrir un PEA dès maintenant, comment choisir le bon et comment passer à l'action simplement.

Le monde d'après

+310% en 2026 !

Dell change de dimension à Wall Street. L'action gagne plus de 13% sur la semaine après une publication qui confirme l'explosion de la demande pour ses serveurs dédiés à l'intelligence artificielle. Au deuxième trimestre, le groupe capitalisé 340 milliards a dégagé 47 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 58% sur un an, tandis que son bénéfice par action a plus que triplé, à 7,04$. Des performances très supérieures aux attentes, immédiatement saluées par le marché.

Clairement, les serveurs IA sont au c ?ur de cette accélération. Ces machines très puissantes, équipées notamment de puces Nvidia, permettent aux entreprises d'entraîner et de faire fonctionner leurs modèles d'intelligence artificielle. Sur ce seul segment, les ventes de Dell ont doublé en un an pour atteindre 16,4 milliards de dollars. Et la dynamique ne faiblit pas : le carnet de commandes atteint désormais 95 milliards de dollars, malgré les tensions persistantes sur les composants mémoire dont nous vous parlions ces derniers jours.

Fort de cette visibilité, Dell relève fortement ses ambitions. Le groupe vise désormais 192 milliards de dollars de chiffre d'affaires sur son exercice fiscal 2027, contre 167 milliards auparavant, ainsi qu'un bénéfice par action de 25,50$, là encore bien supérieur aux attentes. Dell n'est plus seulement perçu comme un fabricant de PC : le marché le considère désormais comme l'un des fournisseurs clés des infrastructures qui font tourner l'intelligence artificielle.

L'action Dell s'envole de 310% à Wall Street depuis le début de l'année !

L'agenda

BCE, inflation et Oracle

La semaine prochaine, les taux d'intérêt resteront au centre de toutes les attentions, avec un duel entre la BCE et l'inflation américaine. Jeudi, la Banque centrale européenne sera sous pression : après le rebond de l'inflation à 3,3% en zone euro, la majorité des économistes anticipent une nouvelle hausse de 0,25 point. Mais la décision ne sera qu'une partie du rendez-vous. Les nouvelles prévisions économiques et surtout le discours de Christine Lagarde seront scrutés de près. Un ton trop ferme pourrait tendre encore les taux obligataires et peser sur les actions européennes.

Le véritable juge de paix viendra toutefois des États-Unis. Après les 162 000 créations d'emplois annoncées ce vendredi, très au-dessus des attentes, le scénario d'une hausse des taux de la Fed dès les 15 et 16 septembre a repris du poids. Les prix à la production jeudi, puis surtout l'inflation américaine vendredi, pourraient faire basculer les anticipations. Les résultats d'Oracle jeudi soir constitueront également un nouveau test pour les valeurs liées à l'intelligence artificielle. Et en toile de fond, un pétrole proche de 100$ le baril et les tensions au Moyen-Orient continueront d'alimenter le risque inflationniste. Une semaine où chaque chiffre pourra déplacer les taux, et avec eux les marchés ?

Le lexique

PEA-PME

On vous en parle souvent, le PEA-PME est une enveloppe fiscale dédiée aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), accessibles en direct ou via des fonds éligibles. Son principal avantage est fiscal : après cinq ans, les gains et dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Il complète le PEA classique. Son plafond atteint 225 000 ?, mais le total des versements effectués sur un PEA et un PEA-PME détenus par une même personne ne peut pas dépasser 225 000 ?.

Son autre intérêt est d'ouvrir l'accès à des entreprises plus petites, parfois capables d'afficher une croissance supérieure à celle des grands groupes. Mais ce potentiel a un prix : cet univers est généralement plus volatil, moins liquide et plus risqué. Les petites sociétés sont aussi plus sensibles aux ralentissements économiques et aux difficultés de financement. Le PEA-PME constitue donc un bon outil de diversification, à condition d'accepter un niveau de risque supérieur.