Zéro pointé !
Paris reprend de l'air après la lourde chute d'hier. Le CAC 40 rebondit de 0,98% ce soir, à 8 401 points, limitant son recul hebdomadaire à 1%. Le luxe, Renault (+3,6%), EssilorLuxottica (+2,4%) et les banques tirent la cote vers le haut. L'indice efface ainsi une partie de sa chute d'hier (-1,68%). Autre motif de soulagement : le pétrole se détend en cette fin de semaine, allégeant un peu les pressions inflationnistes.
Mais aujourd'hui, tous les regards étaient tournés vers Jackson Hole. Kevin Warsh n'a pas franchement rassuré les investisseurs : le patron de la Fed estime que de nouvelles hausses de taux restent possibles si l'inflation ne retrouve pas rapidement une trajectoire plus convaincante vers l'objectif de 2%. Aucun calendrier précis, toutefois, n'a été dévoilé. À Wall Street, la prudence domine donc dans les premières heures d'échanges.
En France, le tableau économique reste tout aussi contrasté. La croissance du deuxième trimestre a finalement été révisée à 0%, contre +0,2% initialement estimé, tandis que l'inflation accélère à 2,4% en août, après 2,1% en juillet, principalement sous l'effet de l'énergie. Croissance à l'arrêt, inflation en hausse et taux toujours élevés : la rentrée promet d'être sportive !
Les valeurs
EssilorLuxottica
EssilorLuxottica sort le chéquier. Le géant franco-italien de l'optique lance un nouveau programme de rachat portant sur un maximum de 5 millions d'actions, soit un peu plus de 1% de son capital. Les achats débutent aujourd'hui et seront réalisés progressivement, selon les conditions de marché. EssilorLuxottica estime ainsi disposer des moyens financiers pour continuer à investir tout en rachetant ses propres titres, une manière d'afficher sa confiance dans ses perspectives de long terme.
Attention toutefois : racheter des actions ne signifie pas forcément les annuler. Historiquement, le groupe en utilise notamment pour ses dispositifs d'actionnariat salarié et de rémunération en actions. Le signal plaît en tout cas au marché : le titre gagne 2,44% ce vendredi, à 161,35 ?. Depuis le début de l'année, l'action cède toutefois 40% à la Bourse de Paris.
Interparfums
Interparfums gagne 2,14% à 28,58 ?, après le passage d'Oddo BHF à l'achat, avec un objectif de cours relevé de 27 ? à 32 ? (soit un potentiel de +12%). Après deux années difficiles, plombées par les craintes sur les droits de douane, la consommation de parfums et le contexte géopolitique, le groupe financier estime qu'une grande partie des risques est désormais intégrée dans le cours de l'action. Surtout, Interparfums pourrait retrouver un véritable moteur de croissance à partir de 2027.
De nombreux lancements sont prévus autour de marques fortes comme Montblanc, Lacoste, Coach, Jimmy Choo et Longchamp. Oddo BHF anticipe ainsi une hausse du chiffre d'affaires de 10,3% en 2027, puis de 5,9% en 2028, pour dépasser légèrement le milliard d'euros. La rentabilité devrait suivre, avec une marge opérationnelle attendue à 18,2% en 2028. Après une longue période de stagnation des attentes, le marché commence donc à miser sur un vrai redémarrage commercial. Interparfums gagne 20% en Bourse depuis le 1er janvier.
Le coin des smalls
ID Logistics
ID Logistics rebondit de 4% à 338 ?, après avoir chuté de plus de 4% hier, une sanction jugée excessive par plusieurs bureaux d'études au regard de résultats semestriels solides. Le logisticien a franchi les 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre, en hausse de 20%. Sa marge opérationnelle progresse à 3,9% et son bénéfice net grimpe de 17%, à 26,2 millions d'euros.
Autre signal positif : le retour d'une forte génération de trésorerie. ID Logistics dégage près de 46 millions d'euros de cash disponible, contre une consommation d'un montant comparable un an plus tôt. Pour le bureau TP ICAP Midcap, le récent trou d'air boursier constitue ainsi une occasion intéressante de se positionner, alors que le titre, éligible au PEA-PME, affiche encore une baisse de 19% depuis le début de l'année.
Le groupe reste porté par plusieurs tendances structurelles : essor du commerce en ligne, automatisation des entrepôts et externalisation croissante de la logistique. Il commence également à travailler avec des acteurs chinois du e-commerce. TP ICAP Midcap vise 502 ? par action et UBS 525 ?, soit pour ce dernier un potentiel de hausse d'environ 55%. UBS souligne aussi que la valorisation du titre reste environ 30% inférieure à ses niveaux historiques.
La recommandation du jour
Investir dans les Small Caps
Pour les investisseurs de long terme qui souhaitent investir dans les petites et moyennes entreprises françaises, Indépendance France Small & Mid (ISIN : LU0131510165) mérite une attention particulière. Depuis plus de trente ans, ce fonds incontournable applique une discipline simple : sélectionner des entreprises rentables dont la valorisation reste raisonnable. Une méthode qui a fait ses preuves puisque le fonds affiche 24 années de surperformance sur 31 et 25 années de performance positive. Sur dix ans, la performance cumulée de la stratégie atteint environ +136%, contre +68% pour son indice de référence.
Autre point fort : le couple rendement / risque. Sur trois ans, la performance annualisée ressort à 9,1%, avec une volatilité de 12,6%, contre respectivement 4,6% et 16,4% pour l'indice. Le potentiel reste toutefois accompagné de risques réels. Les petites valeurs sont plus sensibles au cycle économique, moins liquides et peuvent connaître des corrections brutales. Le fonds est d'ailleurs classé 4 sur 7 en niveau de risque (SRI) et son horizon recommandé dépasse cinq ans. C'est précisément pourquoi une approche progressive, par exemple via des versements programmés, peut présenter un intérêt pour lisser les points d'entrée et s'exposer dans la durée au potentiel des PME et ETI françaises.
À la clôture du mercredi 26 août, sa performance ressort à +6,14% en 2026 (contre +22,92% en 2025).
Le résultat du vendredi
De bons résultats ne suffisent plus ?
Marvell Technology chute de plus de 8% à Wall Street malgré des résultats meilleurs que prévu et des objectifs relevés. Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires du spécialiste américain des semi-conducteurs a bondi de 37% à 2,74 milliards de dollars, tandis que son bénéfice a atteint 0,94$ par action. Le groupe relève également ses ambitions : il vise désormais environ 18 milliards de dollars de revenus en 2028, contre 16,5 milliards auparavant.
Son activité liée aux centres de données devrait croître d'environ 60% en 2027, puis de plus de 60% en 2028, portée par l'explosion des besoins liés à l'intelligence artificielle, notamment dans les puces sur mesure, les réseaux et les technologies de transmission de données. Alors pourquoi une telle sanction ? Parce que le marché en attendait encore davantage, surtout sur son partenariat avec Google. L'accord pourrait théoriquement représenter jusqu'à 120 milliards de dollars de revenus sur six ans, mais il s'agit d'un potentiel maximal, pas de commandes garanties.
Surtout, les revenus attendus de Google jusqu'en 2028 étaient déjà intégrés dans les prévisions de Marvell. Les investisseurs espéraient donc une nouvelle accélération des objectifs, ainsi que davantage de visibilité sur les montants et le calendrier. Le potentiel supplémentaire semble désormais surtout se dessiner à partir de 2029. La chute du titre résume parfaitement l'exigence actuelle autour de l'intelligence artificielle : des résultats solides et des prévisions relevées ne suffisent plus lorsque le marché anticipait encore mieux ? L'action Marvell s'envole tout de même de 161% en 2026.
Le monde d'après
Le quantique français à Wall Street
Connaissez-vous Pasqal ? La pépite française de l'informatique quantique (voir lexique) devient la première entreprise tricolore du secteur à entrer au Nasdaq. Cofondée en 2019 par le prix Nobel de physique Alain Aspect, la société de Palaiseau fait ses débuts à New York ce vendredi sous le symbole « PSQL ». Pour accélérer son arrivée en Bourse, Pasqal a choisi de fusionner avec une SPAC, une société déjà cotée servant de véhicule d'introduction. À la clé : environ 360 millions de dollars, soit près de 310 millions d'euros de trésorerie, après une opération qui valorisait déjà l'entreprise autour de 2 milliards de dollars en mars dernier.
Cette manne doit désormais permettre à la licorne française de passer à la vitesse supérieure. Pasqal compte déjà sept systèmes quantiques déployés et trois autres en production, utilisés dans plus de 25 applications commerciales ou de recherche par des groupes comme Saudi Aramco, Crédit Agricole ou LG Electronics. En France, l'entreprise prévoit de doubler ses capacités de production dans les deux prochaines années, de recruter 50 personnes en 18 mois et d'accélérer ses investissements en recherche.
Objectif : développer d'ici 2030 un ordinateur quantique capable de détecter et de corriger lui-même ses erreurs. Le Nasdaq ne serait toutefois qu'une première étape. Pasqal envisage également une cotation sur Euronext Paris, vraisemblablement au premier semestre 2027, tout en conservant en France le cur de ses activités industrielles et technologiques. Affaire à suivre de près !
Demain à la une
Une rentrée chargée !
Après Jackson Hole, place aux chiffres. La semaine prochaine, une question devrait dominer les marchés : l'économie américaine ralentit-elle suffisamment pour écarter une nouvelle hausse des taux de la Fed ? Premiers éléments de réponse mardi avec un indicateur clé de l'activité manufacturière, puis mercredi avec l'enquête ADP sur l'emploi privé et jeudi avec un baromètre de l'activité des services. Mais le véritable juge de paix tombera vendredi : le rapport officiel sur l'emploi américain d'août.
Après la baisse surprise de 23 000 emplois en juillet, un rebond trop marqué pourrait immédiatement raviver les craintes d'une nouvelle hausse des taux. L'Europe aura elle aussi son grand rendez-vous mardi, avec la première estimation de l'inflation d'août en zone euro, après +2,9% sur un an en juillet. Un chiffre particulièrement scruté à quelques semaines de la prochaine décision de la Banque centrale européenne. Côté entreprises, Broadcom prendra mercredi soir le relais de Nvidia. Ses résultats, et surtout ses perspectives dans les puces dédiées à l'intelligence artificielle, constitueront un nouveau test pour l'euphorie autour des investissements massifs dans les centres de données.
Emploi, inflation, intelligence artificielle : la rentrée boursière démarre pied au plancher !
Le lexique
L'informatique quantique
L'informatique quantique cherche à utiliser les lois étonnantes de la physique quantique pour effectuer des calculs autrement et bien plus rapidement qu'un ordinateur classique. Là où un ordinateur traditionnel manipule des 0 et des 1, un ordinateur quantique utilise des « qubits », capables de représenter plusieurs états à la fois. L'objectif n'est pas de remplacer nos ordinateurs du quotidien, mais de résoudre, à terme, des problèmes extrêmement complexes : découvrir de nouveaux médicaments, optimiser des chaînes logistiques, améliorer certains modèles financiers ou accélérer des calculs liés à l'intelligence artificielle. C'est cette promesse qui attire autant les investisseurs en Bourse.
















