Les marchés : 8 700, c'est fait !
Le CAC 40 poursuit son ascension. L'indice parisien gagne 0,35% à 8 700 points et franchit, pour la première fois de son histoire, le seuil symbolique des 8 700 points en séance. Il en profite pour inscrire un nouveau record absolu à 8 743 points. Les marchés restent portés par un cocktail favorable : une saison de résultats globalement solide, des tensions géopolitiques qui s'apaisent progressivement et un pétrole qui demeure sous contrôle.
L'optimisme est notamment alimenté par les avancées au Moyen-Orient. L'Iran a annoncé avoir trouvé un accord avec Oman sur un nouvel itinéraire de navigation dans le détroit d'Ormuz, une solution temporaire mais qui contribue à rassurer les marchés sur l'approvisionnement mondial en pétrole. Cette perspective limite les tensions sur les prix de l'énergie et favorise les secteurs les plus sensibles au cycle économique. À Paris, Hermès signe la meilleure performance du CAC 40 après le relèvement de l'objectif de cours de plusieurs bureaux d'analyse, tandis que Pernod Ricard (+1,2%) et Rémy Cointreau (+1,3%) profitent de l'optimisme suscité par les nouvelles ambitions de croissance de leur concurrent britannique Diageo.
À Wall Street, la tendance reste proche de l'équilibre après les records enregistrés ces derniers jours par le S&P 500 (-0,01%) et le Dow Jones (-0,5%). Les résultats des géants technologiques continuent de rassurer sur le potentiel de l'intelligence artificielle, mais ils ne dissipent pas toutes les interrogations. Les investissements massifs dans l'IA commencent à produire leurs premiers effets, sans pour autant justifier toutes les valorisations actuelles. La sanction infligée à SpaceX après ses résultats illustre bien ce nouvel état d'esprit : le marché récompense les bonnes surprises, mais ne pardonne plus les dépenses jugées excessives. Une raison supplémentaire de rester sélectif sur le secteur malgré des perspectives qui demeurent favorables à long terme. Bonne lecture à tous.
Les valeurs
Le titre Hermès termine la séance en tête du CAC 40 avec une hausse de 5,17% à 1 626 euros, porté par une note positive de la banque Berenberg. Le bureau d'études confirme sa recommandation à l'achat sur le sellier de luxe et relève son objectif de cours à 1 850 euros (soit un potentiel de 16%), estimant que le groupe reste l'un des acteurs les mieux placés pour profiter de la reprise du secteur. Les bureaux d'analyse considèrent qu'Hermès fait partie des rares maisons de luxe absolu, un segment qui continue d'afficher une croissance plus solide que les marques positionnées sur le luxe plus accessible.
Selon Berenberg, le deuxième trimestre a confirmé le retour de la croissance dans le luxe, mais cette reprise reste inégale. Les marques les plus exclusives, comme Hermès et Brunello Cucinelli, continuent de séduire une clientèle très haut de gamme, moins sensible au ralentissement économique. À l'inverse, les groupes davantage exposés au luxe aspiratif, comme Kering, peinent encore à retrouver une véritable dynamique. Depuis le début de l'année, le titre cède 24%. Il figure dans notre portefeuille sportif, cliquez ici pour découvrir notre analyse complète et notre objectif de cours.
Siemens
Le géant industriel allemand recule de 4,49% ce soir à 273,1 euros en Bourse malgré des résultats supérieurs aux attentes et un relèvement de ses objectifs annuels. Le géant industriel allemand, présent dans l'automatisation, les infrastructures électriques, le ferroviaire et les équipements médicaux, a pourtant publié un trimestre solide. Les prises de commandes ont progressé de 14% à 27,9 milliards d'euros, le chiffre d'affaires de 8% à 20,8 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel a bondi de 25% à 3,52 milliards d'euros et le bénéfice net de 15% à 2,58 milliards d'euros. Le groupe a également relevé son objectif de bénéfice par action pour 2026, désormais attendu entre 11,20 euros et 11,50 euros, contre 10,0 euro à 11 euros auparavant.
Pourtant, ces bonnes nouvelles ne suffisent pas à convaincre les investisseurs. Le marché compare désormais Siemens à ses concurrents, Schneider Electric et ABB, qui ont eux aussi publié d'excellents résultats tout en affichant une dynamique encore plus forte. Depuis le début de l'année, Siemens gagne 14%, contre 28% pour Schneider Electric et 39% pour ABB. Les investisseurs estiment également que l'activité d'automatisation industrielle progresse moins vite que prévu. En Bourse, dépasser les attentes ne suffit pas toujours : lorsqu'un secteur entier enchaîne les bonnes performances, les marchés attendent des résultats encore plus impressionnants pour récompenser une entreprise.
Le coin des smalls : Maurel & Prom
Le groupe pétrolier termine la séance quasiment à l'équilibre (+0,38% à 7,95 euros), malgré la publication de résultats semestriels en forte progression. Porté par un prix moyen du pétrole en hausse de 46%, à 103,8$ le baril, le groupe a vu son chiffre d'affaires grimper de 27% à 366 millions de dollars. Son bénéfice net atteint 183 millions de dollars, en hausse de 74%, tandis que sa production est restée stable à 37 890 barils équivalent pétrole par jour. Le groupe bénéficie également de la reprise des exportations au Venezuela et de la montée en puissance de plusieurs projets en Colombie et en Tanzanie.
Le groupe éligible au PEA-PME dispose désormais d'une trésorerie nette de 257 millions de dollars, contre 179 millions fin 2025, ce qui lui permet de financer son développement tout en rémunérant ses actionnaires. Le groupe a d'ailleurs annoncé cette semaine le rachat d'actifs de Gran Tierra Energy en Colombie et en Équateur pour 1,33 milliard de dollars, une opération qui permettra presque de doubler sa taille et d'accroître fortement sa production dans les prochaines années. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 45%.
La recommandation du jour : Microsoft : quel potentiel en bourse ?
En hausse de près de 50% sur trois ans, l'action Microsoft retrouve les faveurs du marché après des résultats trimestriels très solides. Le géant américain, connu du grand public pour Windows, Office ou Xbox, affiche surtout une dynamique remarquable dans le cloud et l'intelligence artificielle. Au quatrième trimestre de son exercice décalé 2026, le chiffre d'affaires a progressé de 18% à 90 milliards de dollars, tandis que le bénéfice net a bondi de 31% à 35,8 milliards ! Azure, la plateforme de cloud du groupe, continue d'impressionner avec une croissance de 43%, confirmant le rôle central de Microsoft dans la transformation numérique des entreprises.
En Bourse, le titre a été chahuté en début d'année, mais la dernière publication a rassuré les investisseurs avec un rebond de plus de 15% en séance. Nous pensons que l'action peut encore progresser d'environ 18% à moyen-long terme. Croissance, rentabilité, génération de trésorerie, exposition à l'IA et puissance du cloud : Microsoft coche plusieurs cases pour les investisseurs de long terme.
Le monde d'après : Meta défie OpenAI !
Meta entre à son tour dans la bataille des logiciels écrits par l'intelligence artificielle. Le groupe de Mark Zuckerberg a lancé Muse Code, un agent de codage capable de planifier un projet, de le découper en tâches, d'écrire le programme et d'en vérifier le résultat. L'outil peut même répartir le travail entre plusieurs sous-agents, une approche qui le place directement face à Claude Code d'Anthropic, Codex d'OpenAI, GitHub Copilot de Microsoft ou encore Cursor.
Ce marché est aujourd'hui l'un des plus prometteurs de l'IA générative. Contrairement aux chatbots grand public, les outils de codage commencent déjà à générer des revenus concrets auprès des entreprises et des développeurs. Meta veut donc transformer ses lourds investissements dans l'intelligence artificielle en activité commerciale directe, alors que ses revenus restent encore très dépendants de la publicité sur Facebook, Instagram et WhatsApp.
Pour se faire une place, Meta mise aussi sur les prix. Muse Code est facturé à l'usage, avec des tarifs inférieurs à ceux de ses concurrents, et même jusqu'à dix fois moins chers pour les utilisateurs acceptant de partager leurs données d'utilisation. Cette offensive montre que la bataille de l'IA ne se joue plus seulement sur la puissance des modèles, mais aussi sur leur capacité à devenir des produits rentables, utilisés au quotidien par les entreprises.
Demain à la une : Le rendez-vous de la semaine
Tous les regards seront tournés vers les États-Unis avec la publication du très attendu rapport sur l'emploi. Chaque mois, cet indicateur donne une photographie de la santé de la première économie mondiale et influence directement les anticipations des marchés sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale. Les économistes s'attendent à une légère reprise des créations d'emplois en juillet, tandis que le taux de chômage devrait rester stable.
L'enjeu est simple : si le marché de l'emploi confirme sa solidité, la Fed pourrait conserver une politique monétaire stricte plus longtemps afin de lutter contre l'inflation. À l'inverse, un nouveau ralentissement renforcerait les doutes sur la vigueur de l'économie américaine et pourrait modifier les attentes des investisseurs. Une publication qui a souvent le pouvoir de faire réagir les marchés dès les premières minutes.
Le lexique : IA générative
L'IA générative est une branche de l'intelligence artificielle capable de créer automatiquement de nouveaux contenus : textes, images, vidéos, sons ou lignes de code, à partir de modèles entraînés sur de vastes volumes de données. Pour les investisseurs, cette technologie représente un important levier de productivité et d'innovation, susceptible de transformer de nombreux secteurs, de réduire certains coûts et de faire émerger de nouveaux services, tout en soulevant des enjeux liés aux investissements nécessaires, à la rentabilité, à la réglementation et à la protection des données.










