Les marchés : l'IA relance la machine !
La Bourse démarre la semaine dans le vert, portée par le rebond de l'IA, la détente des taux et le recul du pétrole. Ce soir, le CAC 40 clôture en hausse de 0,92% à 8 139 points. L'Euro Stoxx 50 gagne 1,3% et le S&P 500 +1,2% pour le moment. Prenons un peu de hauteur, les trois grands indices signent désormais des performances respectives de -0,1%, +9,1% et +13,1% en 2026.
La quasi-totalité du retard français s'est formée depuis mi-août, signe de la défiance croissante des investisseurs envers l'instabilité budgétaire, et politique, de la France. Après la correction de la semaine dernière, les investisseurs reviennent en force, temporairement en tout cas, sur les semi-conducteurs : Intel s'envole de 12,5%, Arm de 14% et AMD de 9,5%. Accenture gagne 3% après l'annonce d'un partenariat de 2 milliards de dollars avec Anthropic.
En Europe, la baisse du pétrole redonne également de l'air aux marchés. Le Brent cède 4%, autour de 100$ le baril. STMicroelectronics (+2,9%) et Schneider Electric (+3,2%) avancent, Soitec rebondit de 9,8% et Société Générale prend 1,8% après la présentation de son nouveau plan stratégique. Seule ombre au tableau : Ipsen chute de 5,1% après l'autorisation américaine d'un générique de son traitement phare, on en reparle dans cette édition. Bonne lecture !
Les valeurs : Société Générale dans le vert, Ipsen plonge
Société Générale gagne 1,76% ce lundi à 73,87 euros, après la présentation de son nouveau plan stratégique à horizon 2029. La banque rouge et noire veut poursuivre le spectaculaire redressement engagé depuis 2023 et vise désormais une rentabilité des fonds propres comprise entre 13% et 14% en 2029, puis supérieure à 15% à partir de 2030, contre environ 11% attendu cette année.
La recette repose largement sur les coûts. Société Générale vise 1,9 milliard d'euros d'économies d'ici 2029, notamment grâce à la simplification de ses activités et à l'intelligence artificielle. BoursoBank doit parallèlement accélérer, avec un objectif de plus de 14 millions de clients en 2029, contre environ 9 millions aujourd'hui. Après avoir quasiment triplé depuis début 2025, l'action bénéficie encore du plan aujourd'hui, mais les attentes sont désormais nettement plus élevées. Depuis le début de l'année, l'action gagne plus de 7% à Paris.
Ipsen. Ipsen plonge de 5,13% à 147,90 euros, après une mauvaise surprise venue des États-Unis. L'agence américaine du médicament a autorisé un générique du Somatuline, l'un des traitements phares du laboratoire français, développé par l'américain Amneal. Surtout, sa commercialisation doit commencer immédiatement, bien plus tôt qu'anticipé par Ipsen.
L'enjeu est important : Somatuline représentait environ 31% des ventes d'Ipsen au premier semestre. L'arrivée plus rapide d'un concurrent générique pourrait donc accélérer l'érosion des prix et peser davantage sur les bénéfices en 2027. Le marché connaissait ce risque, mais son calendrier se rapproche brutalement. Malgré la chute du jour, l'action Ipsen conserve encore une progression de 24% depuis le début de l'année.
Le coin des smalls : Peugeot Invest grimpe
La société d'investissement de la famille Peugeot gagne 3,16% ce soir, à 52,30 euros. En cause, l'annonce d'un investissement de 175 millions de dollars dans Mérieux NutriSciences. Peugeot Invest accompagne ainsi le spécialiste français de la sécurité et de la qualité alimentaires dans son expansion en Amérique du Nord. Mérieux NutriSciences réalise déjà plus d'un milliard de dollars de chiffre d'affaires avec 10 000 salariés et 140 laboratoires.
L'argent servira notamment à financer le rachat de l'américain Certified Group, qui réalise environ 300 millions de dollars de revenus et dispose de 31 laboratoires nord-américains. L'objectif est de gagner en taille sur un marché des tests et contrôles alimentaires estimé à plus de 2,5 milliards de dollars. Une opération cohérente avec la diversification de Peugeot Invest, mais qui devra désormais prouver sa capacité à créer de la valeur. Le titre, éligible au PEA-PME, reste en baisse de 31% depuis janvier.
USA-Chine : sauver la trêve
Nous vous en parlions ce matin, Donald Trump et Xi Jinping se retrouvent jeudi à Washington. En attendant, le Secrétaire américain au Trésor Scott Bessent et le vice-Premier ministre chinois He Lifeng négocient sur trois fronts sensibles : commerce, intelligence artificielle et minéraux critiques.
La priorité immédiate est d'éviter une nouvelle escalade avant l'expiration, le 10 novembre, de la trêve commerciale qui limite actuellement à environ 20% les droits de douane américains sur les produits chinois. Washington réclame aussi davantage de terres rares chinoises, indispensables aux semi-conducteurs et donc au développement de l'IA.
L'intelligence artificielle s'impose justement comme un nouveau terrain de négociation. Les États-Unis veulent mettre en place des garde-fous pour empêcher l'utilisation des modèles les plus puissants par des acteurs malveillants, alors que les modèles chinois, ouverts et moins coûteux, gagnent du terrain auprès des entreprises américaines.
D'autres compromis sont évoqués : baisse des droits de douane sur certains biens non stratégiques, 17 milliards de dollars supplémentaires d'achats agricoles américains par an ou encore plus de 200 avions Boeing. Mais les attentes du marché sont très mesurées... Les investisseurs n'attendent pas un grand accord cette semaine, mais quelques compromis suffisants pour prolonger la trêve et stabiliser la relation entre les deux premières puissances économiques mondiales. Affaire à suivre !
L'agenda : une semaine chargée !
La semaine s'annonce dense pour les marchés, entre test de croissance et tensions géopolitiques. Mercredi, les premiers indices d'activité économique de septembre donneront le ton en Europe et aux États-Unis, sur fond de pétrole cher et de taux toujours élevés. Des chiffres faibles raviveraient les craintes de ralentissement. À l'inverse, une activité solide renforcerait le débat sur de nouvelles hausses de taux.
Le grand rendez-vous viendra jeudi. Trump et Xi se retrouveront à Washington, comme évoqué ci-dessus. Pour les investisseurs, l'enjeu est clair : éviter une nouvelle escalade et prolonger la trêve commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales. En parallèle, le pétrole restera sous surveillance avec les tensions au Moyen-Orient. Enfin, les commandes de biens durables et la confiance des consommateurs américains clôtureront la semaine vendredi.
Demain à la une : séance de transition ?
La séance de demain s'annonce relativement calme sur le front des statistiques, mais plusieurs signaux seront tout de même surveillés par le marché. En Europe, la confiance des consommateurs de septembre donnera un premier aperçu de l'impact du pétrole cher, de l'inflation et des incertitudes économiques sur les ménages. Aux États-Unis, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond permettra de prendre le pouls de l'industrie.
Plusieurs banquiers centraux prendront aussi la parole, dont Christine Lagarde et le vice-président de la Fed Philip Jefferson. Mais les marchés devraient surtout temporiser avant les indices d'activité économique de mercredi et le sommet Trump-Xi très attendu jeudi. D'ici là, pétrole et taux longs resteront les deux grands baromètres de l'appétit pour le risque.
Le lexique : ETF Smart Beta
Une stratégie Smart Beta consiste à construire un ETF en suivant des règles précises, autres que la simple taille des entreprises en Bourse. Un ETF classique sur le CAC 40 ou le S&P 500 donne généralement plus de poids aux sociétés ayant la plus forte capitalisation. Un ETF Smart Beta peut privilégier certains critères appelés « facteurs » : les entreprises peu valorisées, les plus rentables, celles qui versent des dividendes réguliers, les actions les moins volatiles ou encore celles dont les cours affichent la meilleure dynamique.
L'objectif est de rechercher un meilleur couple rendement / risque qu'un indice traditionnel, tout en conservant une méthode transparente et systématique. Le Smart Beta se situe donc à mi-chemin entre la gestion passive et la gestion active : les règles sont fixées à l'avance, mais elles traduisent de vrais choix d'investissement. Attention toutefois, aucun facteur ne surperforme en permanence : un ETF Smart Beta peut rester plusieurs années à la traîne du marché et présenter des risques de concentration particuliers.














