Les marchés : nouveau record !
Le CAC 40 vient enfin d'effacer toutes ses pertes liées à la guerre en Iran, en inscrivant un nouveau record historique à 8 642 points ! Ce soir, il clôture en gain de 1,22% à 8 614 points. La raison ? De nouveaux espoirs d'apaisement entre les États-Unis et l'Iran, qui font chuter les cours du pétrole (-6%) et réduisent les craintes d'un regain d'inflation. Autant dire que la hausse est très fragile et ne repose sur pratiquement rien de bien concret. Vous le savez bien, demain ou après-demain, Trump pourrait tout à fait annoncer une énième volte-face, faisant replonger les marchés... On ne les compte plus. Bref ! Restons prudents.
Cette hausse, fragile, est toutefois soutenue par une excellente raison à Paris. La saison des résultats semestriels est meilleure que prévu : les 38 groupes du CAC ayant publié leurs comptes ont vu leurs bénéfices nets augmenter de plus de 34% sur un an, à 73,3 milliards d'euros. C'est franchement exceptionnel. Près d'un tiers des entreprises communiquant des prévisions ont par ailleurs relevé leurs objectifs annuels.
Wall Street évolue également en hausse pour le moment, avec un gain de 1,2% pour le S&P 500 (+1,8% pour le Nasdaq). Les deux grands indices américains sont également très proches de leurs plus hauts boursiers. La poursuite de la hausse dans les jours à venir dépendra de la confirmation des objectifs des entreprises et de l'acceptation par les investisseurs de valorisations déjà extrêmement élevées. On en reparle vite.
Les valeurs
Total
Peu d'actus fortes côté valeurs françaises... Total clôture à l'équilibre ce soir (à 76,43 euros) après l'annonce de deux opérations dans les énergies renouvelables en Europe. Le géant pétrolier va racheter à Shell un important portefeuille de projets solaires et éoliens, représentant une capacité totale de 4 gigawatts, soit l'équivalent de la consommation électrique de plusieurs millions de foyers. Une partie de ces installations est déjà en service, tandis que d'autres sont encore en développement.
En parallèle, Total vend 50% d'un autre portefeuille de parcs solaires et éoliens à KKR, sur la base d'une valeur de 1,8 milliard d'euros, tout en conservant leur exploitation et la vente de l'électricité produite. L'objectif est de poursuivre son développement dans les énergies renouvelables tout en partageant les coûts d'investissement avec ce fonds d'investissement américain. Les deux opérations devraient être finalisées d'ici la fin de l'année. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 37%. Retrouvez ici notre objectif et l'intégralité du portefeuille défensif.
Stellantis
Le constructeur automobile perd 0,60% à 4,94 euros. En cause, une recommandation moins favorable d'UBS. La banque suisse a abaissé son conseil d'« acheter » à « neutre » et réduit son objectif de cours de 9,5 euros à 5,8 euros, estimant que le redressement du constructeur reste plus lent que prévu, notamment aux États-Unis. Ses derniers résultats ont effectivement déçu, avec une marge opérationnelle de 1,8% en Amérique du Nord, contre 2,4% attendus par le marché. Les nouveaux modèles, comme le Jeep Cherokee et la Dodge Charger, peinent également à convaincre le grand public...
UBS reste également prudente face au niveau élevé des stocks. La banque estime que la marque Ram dispose de l'équivalent de 113 jours de ventes en stock, tandis que Citi évalue les stocks de Stellantis aux États-Unis à 391 000 véhicules, soit 94 jours de ventes, contre 49 jours en moyenne pour le marché américain. Une telle situation pourrait pousser le groupe à multiplier les remises ou à ralentir sa production. Enfin, la petite baisse d'aujourd'hui alourdit la chute de Stellantis depuis le début de l'année : -47% à la Bourse de Paris !
Le coin des smalls : Worldline
Le spécialiste français des paiements refait parler de lui ! Son action progresse de 10,45% à 13,46 euros. Le groupe a finalisé la vente de ses activités de paiement en Inde à BillDesk, un acteur majeur du secteur dans le pays. L'opération a été conclue sur la base d'une valorisation de 37 millions d'euros pour l'activité et de 60 millions d'euros pour les capitaux propres. Cette cession réduira le chiffre d'affaires annuel du groupe français d'environ 90 millions d'euros, mais son impact sur la rentabilité devrait rester limité.
L'opération s'inscrit dans la stratégie de Worldline, qui souhaite se recentrer sur son activité principale en Europe. En parallèle, le groupe continuera de collaborer avec BillDesk grâce à un partenariat technologique de long terme. Au total, les différentes cessions annoncées par Worldline devraient lui rapporter entre 590 et 640 millions d'euros en 2026. Selon la direction, ces fonds permettront de renforcer la situation financière du groupe, et d'investir davantage dans les activités les plus stratégiques. Depuis le début de l'année, l'action éligible au PEA-PME cède désormais 16%.
Le monde d'après : un mariage qui inquiète
AstraZeneca perd 9% ce lundi à Londres, après des informations du Financial Times évoquant des négociations avec l'américain Bristol-Myers Squibb en vue d'une possible fusion. Une opération de cette taille donnerait naissance à un géant pharmaceutique d'environ 400 milliards de dollars de capitalisation. Sur le papier, le rapprochement renforcerait AstraZeneca aux États-Unis et élargirait encore son portefeuille en cancérologie, un domaine déjà central pour le groupe.
Mais les investisseurs restent prudents, c'est le moins que l'on puisse dire... À Londres, AstraZeneca chute lourdement, bien que Bristol-Myers Squibb ne cède que 1% à Wall Street. Le marché craint en effet que les conditions financières de l'opération soient moins favorables aux actionnaires d'AstraZeneca, le plus gros des deux groupes. Plusieurs banques et bureaux d'études rappellent aussi que les grandes fusions dans la pharmacie sont rares, complexes, et rarement perçues comme de grands succès, notamment parce qu'elles peuvent perturber la recherche et le développement de nouveaux traitements.
L'autre sujet sensible concerne la stratégie d'AstraZeneca. Le groupe suédo-britannique est aujourd'hui apprécié pour la qualité de son portefeuille de médicaments en développement, notamment contre le cancer et certaines maladies rares. Un mariage avec Bristol-Myers Squibb apporterait certes de nouveaux traitements et une plus forte exposition américaine, mais aussi des risques d'intégration, des doublons en cancérologie, un examen antitrust potentiellement lourd et des interrogations sur la capacité du nouvel ensemble à maintenir son rythme d'innovation.
En somme, cette possible fusion créera-t-elle de la valeur ? Ou fera-t-elle dérailler une trajectoire boursière déjà bien orientée ? Verdict dans les prochaines semaines !
L'agenda : trêve estivale ?
En théorie, nous sommes entrés dans la trêve estivale. En pratique, la Bourse pourrait rester nerveuse cette semaine, partagée entre l'espoir d'une détente au Moyen-Orient et un test décisif pour l'économie américaine. L'évolution des négociations autour de l'Iran et de la circulation dans le détroit d'Ormuz continuera de dicter la trajectoire du pétrole et, par conséquent, celle des marchés actions, notamment dans les secteurs les plus sensibles aux coûts de l'énergie (transports, chimie, acier, agroalimentaire, etc.).
Sur le front économique, les investisseurs surveilleront plusieurs données relatives à l'emploi américain, en particulier le rapport officiel qui sera publié vendredi après-midi. Comme toujours, cette publication sera déterminante pour les anticipations sur les taux américains : un marché du travail trop solide pourrait raviver la crainte de taux durablement élevés, tandis qu'un net ralentissement renforcerait les espoirs de baisses de taux.
Les résultats d'entreprises maintiendront également la technologie et la consommation sous les projecteurs, avec notamment AMD mardi, Uber et Disney mercredi, puis Siemens jeudi. Comme ces dernières semaines, les investisseurs chercheront à évaluer la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle ainsi que la solidité de la consommation des ménages.
Demain à la une : emploi, AMD et pétrole
Demain, les marchés suivront deux grands rendez-vous : les premiers signaux sur l'emploi américain et une nouvelle vague de résultats d'entreprises. Les investisseurs scruteront en effet le rapport JOLTS sur les offres d'emploi (voir lexique), ainsi que la balance commerciale et les commandes aux usines aux États-Unis. Autant d'indicateurs qui permettront de prendre le pouls de l'économie avant le très attendu rapport officiel sur l'emploi de vendredi.
Sur le front des entreprises, BP, Caterpillar et Pfizer publieront leurs résultats, avant AMD après la clôture de Wall Street. La publication du fabricant de puces sera particulièrement décisive : elle permettra d'évaluer la solidité de la demande liée à l'intelligence artificielle et pourrait donner le ton à l'ensemble du secteur des semi-conducteurs. BP sera également très surveillé. Le groupe fournira de nouvelles indications sur l'impact de la récente volatilité du pétrole, tandis que les négociations entre les États-Unis et l'Iran continueront d'influencer les cours de l'énergie et l'appétit pour le risque au cours des prochaines séances.
Le lexique : le rapport JOLTS
Le rapport JOLTS est une enquête mensuelle américaine qui mesure les offres d'emploi disponibles et les mouvements de main-d'uvre aux États-Unis. Il indique notamment le nombre de postes vacants, les embauches, les démissions et les licenciements. Son intérêt est de montrer la tension réelle du marché du travail : beaucoup d'offres non pourvues et un niveau élevé de démissions suggèrent généralement que les salariés disposent d'un rapport de force favorable et que les entreprises peinent à recruter.
À l'inverse, une baisse marquée des postes vacants peut signaler un ralentissement économique. Les marchés financiers suivent ce rapport car un marché de l'emploi trop dynamique peut entretenir les hausses de salaires et l'inflation, ce qui peut influencer les décisions de taux de la Réserve fédérale. Le JOLTS doit toutefois être analysé avec d'autres indicateurs, car ses données peuvent être révisées et ne donnent pas, à elles seules, une vision complète de l'économie. Surtout, ce rapport est beaucoup moins suivi que celui attendu vendredi après-midi.










