Le seuil symbolique de 4% pose la question du coût des intérêts de la dette publique de la France, qui se situe au niveau record de 117% du produit intérieur brut (PIB) du pays, à plus de 3.500 milliards d'euros.

A 09H47 à Paris (07H47 GMT), les titres de la dette française à dix ans affichaient un rendement de 4,014%. Sur un marché volatil, le taux était redescendu à moins de 4% vers 10H15 (08H15 GMT).

En Allemagne, le rendement du « Bund » (l'emprunt à dix ans) a affiché 3,20%, au plus haut depuis 2011. Il est retombé à 3,19% vers 10H15.

Ces taux à 10 ans correspondent au rendement qu'exigeront à partir de ce jeudi les investisseurs français et étrangers pour prêter à la France et à l'Allemagne pendant une décennie.

Plus ce taux est élevé, plus la facture de la charge de la dette augmente pour les finances publiques.

« Ce mouvement reflète à la fois les tensions inflationnistes liées à l'énergie, les anticipations de politique monétaire européenne et une prime de risque politique et budgétaire propre à la France », a expliqué l'analyste John Plassard, de Cité Gestion.

« La France ne refinance heureusement pas l'intégralité de sa dette chaque année, ce qui signifie qu'un passage de l'OAT (obligations assimilables au Trésor) à 4% » n'aura « pas d'effet instantané sur la totalité de la charge d'intérêts », a-t-il précisé.

Quelque 56% des créanciers de la dette de la France étaient « non-résidents » fiscaux fin 2025, contre 50,1% en décembre 2022, selon l'Agence France-Trésor (AFT), service de Bercy qui émet les obligations françaises.

Côté créanciers français, les compagnies d'assurance (9,6%), les banques (10,5%), les organismes de placement collectif (OPCVM, 1,8%) et une nébuleuse d'« autres créanciers » (22,2%) complètent le tableau des détenteurs des plus de 3.500 milliards d'euros de dette publique française à la fin du premier trimestre 2026.