Les marchés : une semaine décisive
Deuxième séance très calme à la Bourse de Paris. Le CAC 40 gagne 0,28% à 8 363 points, soutenu par le rebond des valeurs technologiques après leur forte baisse de la semaine dernière. STMicroelectronics progresse de 4,3%, en tête du CAC, tandis que le Nasdaq gagne 1,3%.
Ce regain d'intérêt pour les semi-conducteurs reste toutefois fragile. Les investisseurs attendent surtout les résultats d'Alphabet, Tesla et IBM mercredi et jeudi, puis ceux de Microsoft, Meta et Amazon la semaine prochaine. On vous en parle souvent, le marché veut vérifier si les dépenses massives consacrées à l'intelligence artificielle commencent à générer suffisamment de revenus et de bénéfices pour justifier les valorisations très élevées du secteur.
Les tensions entre les États-Unis et l'Iran passent provisoirement au second plan, malgré une dixième nuit consécutive de bombardements et de nouvelles attaques dans le Golfe. Le pétrole revient au-dessus des 90 $ le baril de Brent, sans provoquer pour l'instant de véritable recul de l'appétit pour le risque. Parmi les mouvements marquants, Sartorius Stedim Biotech chute de 7,55% après les résultats décevants de l'américain Danaher. À Wall Street, la solidité du rebond dépendra désormais des résultats et des perspectives des géants technologiques... On en reparle bien sûr dans les prochains jours !
Les valeurs
Sartorius
Lanterne rouge du SBF 120, Sartorius Stedim Biotech chute de 7,55%, à 166,60 euros, entraînée par les résultats préoccupants de son concurrent américain Danaher. Si ce dernier a dépassé les attentes au deuxième trimestre, avec un chiffre d'affaires de 6,26 milliards de dollars et un bénéfice par action de 1,94 $, son activité de bioprocédés n'a progressé que de 2,5%. Cette faiblesse inquiète les investisseurs, car ce secteur constitue également le cur de métier de Sartorius Stedim Biotech.
Danaher prévoit par ailleurs une croissance globale limitée entre 2% et 3% au troisième trimestre, contre 3,5% attendus par le marché. Cette publication a également pénalisé Biomérieux ce mardi (-2,5%). L'action Danaher recule de 14% pour le moment. Désormais, Sartorius cède 21% à la Bourse de Paris depuis le début de l'année.
General Motors
C'est la publication du jour à Wall Street ! General Motors a relevé pour la deuxième fois cette année ses objectifs annuels après un trimestre supérieur aux attentes. Entre avril et juin, son chiffre d'affaires a progressé de 1,9% à 48 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a reculé de 31,1% à 1,3 milliard. En revanche, le bénéfice opérationnel a bondi de 28,1% à 3,94 milliards de dollars (voir lexique), dépassant les prévisions de 9%, grâce notamment à des prix de vente favorables.
Le constructeur automobile bénéficie aussi de la baisse des coûts de garantie, de la réduction des pertes dans les véhicules électriques et d'une meilleure efficacité opérationnelle. General Motors vise désormais un bénéfice opérationnel compris entre 14 et 16 milliards de dollars, ainsi qu'un bénéfice par action de 12 à 14 dollars. L'action gagne 4% à New York après cette publication, à 78,95 $, mais perd toujours 2% depuis janvier.
Le coin des smalls : Virbac
Virbac a dépassé les attentes au premier semestre. Le laboratoire vétérinaire a réalisé 768 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 7,4%. Au deuxième trimestre, son activité a progressé de 7,2%, à 384 millions d'euros. L'Europe, qui représente environ 41% de ses ventes, s'est distinguée avec une croissance de 11,6%, tandis que l'Inde, le Moyen-Orient et l'Afrique ont également enregistré de fortes hausses. L'Amérique du Nord a toutefois reculé de 0,8%, mais cette baisse s'explique principalement par des difficultés réglementaires et d'approvisionnement jugées temporaires.
Fort de ces résultats, Virbac vise désormais le haut de sa fourchette de croissance annuelle, comprise entre 5,5% et 7,5%, avec une marge opérationnelle attendue autour de 17% et une génération de trésorerie d'environ 80 millions d'euros. Ces objectifs supposent toutefois de maintenir un rythme soutenu au second semestre. Les investisseurs ont salué ces annonces : l'action gagne 5,07% au fixing, à 342 euros (-5% en 2026).
Le monde d'après : Mistral veut changer d'échelle
Microsoft et Mistral ont conclu un accord de plusieurs milliards de dollars afin de renforcer les capacités de calcul de la start-up française en Europe. Le montant exact de ce partenariat n'a pas été communiqué, et l'opération ne prévoit aucune nouvelle prise de participation de Microsoft. Les clients d'Azure (le cloud de Microsoft) pourront utiliser les centres de données de Mistral en France, tandis que plusieurs de ses modèles d'intelligence artificielle seront intégrés aux outils du géant américain. Les entreprises disposant de leurs propres infrastructures pourront également exécuter localement les modèles ouverts de Mistral.
Ce partenariat vise à proposer une alternative européenne aux infrastructures contrôlées depuis les États-Unis, notamment pour les secteurs réglementés, tout en conservant l'accès aux logiciels et aux dispositifs de sécurité américains. Il illustre partiellement la volonté de l'Europe de réduire sa dépendance technologique, même si les équipements indispensables, comme les puces Nvidia, restent américains... Pour Mistral, qui ambitionne d'augmenter considérablement sa capacité de calcul, l'accord valide sa stratégie et doit accélérer son développement commercial face aux grands acteurs américains de l'intelligence artificielle. Affaire à suivre !
Demain à la une : J-1 avant Alphabet et Tesla
Après deux séances très calmes en Bourse, les choses sérieuses vont enfin commencer ! Demain, Alphabet (Google) et Tesla publieront leurs comptes après la clôture de Wall Street. Leurs commentaires sur l'intelligence artificielle, les investissements, la publicité numérique et la demande automobile seront scrutés de près. Clairement, ces publications, et celle d'Intel jeudi, seront déterminantes pour la Bourse à court terme.
En Europe, l'inflation britannique sera surveillée pour son influence sur les prochaines décisions de la Banque d'Angleterre, avec un regain de volatilité attendu sur la livre et les taux. Le marché pétrolier suivra également les stocks américains de brut, particulièrement sensibles dans le contexte actuel de tensions persistantes au Moyen-Orient. Enfin, la prudence devrait dominer à la veille de la décision de politique monétaire de la BCE, attendue jeudi.
Le lexique : quelles sont les différences entre...
Bénéfice net et bénéfice opérationnel ? Le bénéfice net correspond au résultat final de l'entreprise après avoir pris en compte toutes ses recettes et toutes ses dépenses : coûts d'exploitation, intérêts, impôts et éléments exceptionnels. Il indique ce qu'il reste réellement à l'entreprise sur une période donnée.
Le bénéfice opérationnel mesure plutôt la performance de l'activité courante. Il exclut généralement les éléments jugés exceptionnels ou non récurrents, comme certains coûts de restructuration, afin de mieux montrer la rentabilité habituelle de l'entreprise. En somme, le bénéfice net donne une vision globale et comptable, tandis que le bénéfice opérationnel aide à comprendre la performance du cur de métier.










