Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire, le climat s'affirme comme un critère de plus en plus scruté par les investisseurs. C'est dans cette optique que le cabinet Axylia a développé l'indice Vérité40 afin d'identifier les sociétés cotées qui resteraient rentables même si elles devaient assumer une facture carbone de 100 euros par tonne de CO2 émise.
Bourse : la moitié des entreprises du CAC 40 sont-elles à fuir ?
Le climat devient un critère de valorisation
La méthodologie d'Axylia repose sur un « Score Carbone », qui évalue les entreprises en intégrant l'ensemble de leurs émissions directes et indirectes. Ainsi, seuls les groupes cotés capables de préserver leur rentabilité malgré ce coût carbone théorique sont intégrées dans l'indice Vérité40.
En suivant cette logique, le constat est sans appel : 16 entreprises du CAC 40 ne seraient pas en mesure de supporter pleinement le coût de leurs émissions de CO2, notamment dans les secteurs industriels et énergétiques : Airbus, Arcelor Mittal, Air Liquide, Eiffage, Engie, Renault, Stellantis ou encore Total Energies. Mais aussi les banques : BNP Paribas, Crédit Agricole ou encore Société Générale.
Le luxe parmi les meilleurs élèves
A l'inverse, parmi les entreprises du CAC 40 les mieux positionnées figurent plusieurs poids lourds du luxe. Les modèles économiques de groupes comme LVMH, L'Oréal ou Kering reposent davantage sur la valeur de marque, l'innovation et les services que sur des activités fortement émettrices de carbone. Ces sociétés apparaissent ainsi relativement moins exposées à une hausse du prix des émissions en raison notamment de leurs marges élevées. En effet, elles disposent de davantage de ressources pour financer leur transition environnementale et investir ainsi dans des chaînes de production plus durables.
Les secteurs des services et de la technologie bien placés
D'autres secteurs semblent également bien placés. C'est notamment le cas des entreprises de services, de logiciels ou de conseil qui affichent généralement une empreinte carbone plus limitée que les acteurs industriels traditionnels. Des groupes comme Capgemini bénéficient ainsi d'une exposition relativement faible aux risques liés au réchauffement climatique. La même logique s'applique à certaines sociétés spécialisées dans les paiements, les services aux entreprises ou encore les technologies numériques.
« La dépendance au carbone est un risque économique concret »
Un avantage concurrentiel à long terme
Or, comme le rappelle Vincent Auriac, le président d'Axylia, « la dépendance au carbone est un risque économique concret ». Pour les investisseurs, la capacité d'une société à concilier rentabilité et transition environnementale pourrait ainsi devenir un critère aussi important que la croissance de ses bénéfices ou le niveau de ses dividendes.
Du reste, selon Arnaud Faller, directeur général délégué et directeur des investissements de CPR Asset Management, « l'enjeu est d'accompagner les investisseurs vers des solutions d'investissement robustes dans le temps qui combinent résultats financiers et climatiques ». Le réchauffement climatique n'est plus seulement une question écologique, il s'impose désormais comme l'un des grands facteurs de valorisation des entreprises cotées.










