Les marchés
L'IA met le feu à Wall Street
Les marchés évoluent en ordre dispersé ce mercredi. En Europe, la prudence domine, tandis que Wall Street profite à plein de l'enthousiasme autour de l'intelligence artificielle.
Le CAC 40 cède 0,46% à 8 675 points ce soir. Le grand rendez-vous du jour, l'inflation américaine, n'a apporté aucune mauvaise surprise. Les prix ont progressé de 3,4% sur un an en juillet, après 3,5% en juin, exactement comme attendu. Un chiffre qui conforte légèrement le scénario d'un statu quo de la Fed en septembre, désormais évalué à 55% par le marché. On en reparle dans cette édition.
À Wall Street, l'IA met le feu au Nasdaq, de retour sur ses records historiques. L'indice technologique gagne 0,5% pour le moment, porté par une envolée spectaculaire des spécialistes des infrastructures d'IA. CoreWeave bondit de 18%, Nebius de 23% et Super Micro Computer de 12%, après de solides résultats et perspectives. Enfin, la géopolitique continue de peser en arrière-plan. Les négociations entre l'Iran et les États-Unis restent dans l'impasse ? Bonne lecture à tous !
Les valeurs
Le secteur du luxe
Le luxe est sous pression ce mercredi. LVMH cède 2,89% à 464,95 ?, pénalisé par une note de Deutsche Bank, qui devient plus prudente sur la reprise du géant français. La banque allemande reste à l'achat, mais abaisse légèrement son objectif de cours de 600 à 590 ? (soit un potentiel d'environ 27%, tout de même, par rapport au cours actuel) et juge qu'un véritable rebond est désormais moins évident. Le principal point faible reste la Chine, où la demande peine à redémarrer. Même constat dans la mode et la maroquinerie : l'activité s'est un peu améliorée au deuxième trimestre, mais sans accélération suffisamment nette pour rassurer les investisseurs.
La prudence gagne aussi Kering, en baisse de 3,79% à 272,75 ?. Deutsche Bank estime que ses premiers signes d'amélioration commerciale doivent encore être confirmés. À l'inverse, Hermès reste le favori de la banque, malgré un objectif de cours fortement ramené de 2 320 à 1 920 ?. Ses analystes estiment que la récente baisse de l'action est excessive et soulignent la solidité persistante de la demande en maroquinerie. Clairement, dans le luxe, quelques frémissements ne suffisent plus ! Les investisseurs veulent désormais une véritable reprise de la croissance, et surtout le réveil du marché chinois. Respectivement, Kering (-9,5%), Hermès (-25%) et LVMH (-28%) perdent du terrain en Bourse depuis le début de l'année.
TKMS
TKMS met les gaz à Francfort. Le fabricant allemand de sous-marins s'envole de 9,10% à 94,70 ?, porté par des résultats robustes et surtout par un nouveau relèvement spectaculaire de ses ambitions. Le groupe vise désormais une croissance de son chiffre d'affaires de 10% à 12% sur l'exercice 2025-2026, contre seulement 2% à 5% auparavant. Sur les neuf premiers mois, les ventes bondissent déjà de 19%, à 1,9 milliard d'euros. Et dans les sous-marins, la dynamique est encore plus impressionnante : le résultat opérationnel a été multiplié par quatre en un an.
TKMS profite à plein du réarmement européen. Le groupe a notamment décroché une commande de quatre frégates pour 5 milliards d'euros auprès de la marine allemande. Son carnet de commandes atteint désormais un record de 20,1 milliards d'euros, offrant une visibilité exceptionnelle pour les prochaines années. Et la suite pourrait encore accélérer, avec de gros contrats potentiels au Canada et en Inde. Croissance relevée, profits en forte hausse, carnet de commandes record : tous les voyants sont au vert, et les investisseurs appuient sur l'accélérateur. Depuis janvier, l'action TKMS s'envole désormais de 43%.
Le coin des smalls
Derichebourg
Le spécialiste français du recyclage cède 1,09% ce soir, à 9,08 ?, après une dégradation de sa note par Fitch. L'agence américaine sanctionne des résultats récents inférieurs aux attentes et un endettement alourdi par le rachat de l'allemand Scholz Recycling. En clair, Fitch estime que le profil de crédit de Derichebourg s'est légèrement détérioré. Pas de signal d'alarme pour autant.
L'agence de notation assortit en effet sa nouvelle note d'une perspective stable, signe qu'elle n'envisage pas de nouvelle dégradation à court terme. Elle continue d'ailleurs de mettre en avant les solides positions du groupe français dans le recyclage des métaux, sa diversification géographique et, malgré tout, la gestion rigoureuse de ses finances. Le parcours boursier de Derichebourg reste spectaculaire en 2026 : l'action éligible au PEA-PME gagne encore 33% à la Bourse de Paris.
La recommandation du jour
L'IA, oui ? mais en diversifiant !
Nvidia, CoreWeave, Super Micro ? Les valeurs liées à l'intelligence artificielle repartent fortement en Bourse, mais les mouvements restent parfois spectaculaires, à la hausse comme à la baisse. Ces variations, parfois extrêmes, illustrent parfaitement le risque d'un portefeuille trop concentré sur quelques champions technologiques.
Pour s'exposer à cette révolution majeure sans dépendre d'une seule action, l'ETF Xtrackers Artificial Intelligence & Big Data (ISIN : IE00BGV5VN51) permet d'investir en une seule ligne dans un ensemble d'entreprises positionnées sur l'intelligence artificielle et les données.
Cet ETF est éligible à l'assurance-vie Meilleurtaux Liberté Vie. Une façon simple d'intégrer la thématique IA dans une allocation plus large et diversifiée. Attention toutefois : un ETF thématique reste exposé aux fortes fluctuations du secteur technologique et au risque de perte en capital.
Les versements programmés peuvent toutefois renforcer votre approche. Investir régulièrement sur un ETF permet de lisser les points d'entrée et de réduire le risque de placer toute son épargne au mauvais moment, singulièrement sur une thématique aussi volatile que l'IA. Le tout au sein de l'assurance-vie, qui offre un cadre fiscal avantageux dans la durée et permet d'associer cet ETF à d'autres supports pour mieux diversifier son allocation.
Les performances annuelles de l'ETF, à la clôture du lundi 10 août :
2026 : +33,77%*
2025 : +14,47%*
2024 : +34,80%*
2023 : +61,70%*
2022 : -30,71%*
L'événement du mercredi
La Fed gagne du temps
3,4%. C'était le chiffre le plus attendu de la semaine. L'inflation américaine ralentit légèrement en juillet, contre 3,5% en juin. L'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) ralentit également à 2,5% sur un an. Ces chiffres sont globalement conformes aux attentes et la réaction du marché est logique : le dollar et le rendement des principales obligations américaines baissent légèrement (voir lexique).
Surtout, le marché estime désormais à environ 55% la probabilité que la Fed conserve ses taux entre 3,50% et 3,75% en septembre. Mais attention à ne pas transformer ces chiffres rassurants en victoire définitive. À 3,4%, l'inflation générale reste très supérieure à l'objectif de 2% de la Banque centrale américaine, l'énergie demeurant nettement plus chère qu'il y a un an à cause de la guerre en Iran. Après la récente faiblesse de l'emploi, la Fed dispose surtout d'un argument supplémentaire pour patienter. Mais pas pour crier victoire ?
Le monde d'après
La Chine parie sur les robots
La fièvre technologique monte encore d'un cran en Chine. Unitree, l'un des champions chinois des robots humanoïdes, a levé près de 900 millions de dollars avant son introduction à la Bourse de Shanghai. Et l'engouement est vertigineux ! La demande des investisseurs particuliers aurait dépassé de 5 500 fois le nombre d'actions disponibles. Un emballement qui confirme une tendance de fond : après les semi-conducteurs et l'IA générative, la robotique devient l'un des nouveaux terrains de spéculation et de puissance industrielle en Chine.
Fondé en 2016, Unitree a bâti sa notoriété avec des robots capables de danser, d'enchaîner les acrobaties ou même de boxer lors de démonstrations très médiatisées. Mais derrière le spectacle, les investisseurs parient sur quelque chose de beaucoup plus massif : l'arrivée des robots humanoïdes dans l'économie réelle. Usines, entrepôts, services, sécurité, voire applications militaires ? le marché potentiel est immense. Unitree affirme avoir déjà livré 5 500 robots humanoïdes l'an dernier et compte consacrer une part importante des fonds levés au développement de l'intelligence artificielle embarquée dans ses machines.
Cette IPO intervient surtout au c ?ur d'une bataille technologique de plus en plus frontale entre Pékin et Washington. Les États-Unis durcissent leur regard sur certains fabricants chinois de robots humanoïdes, tandis que la Chine accélère le soutien à ses champions dans les secteurs jugés stratégiques. Bref, c'est le rapport de force habituel entre les deux superpuissances. Unitree n'est donc pas une IPO comme les autres. C'est un test grandeur nature de l'appétit des investisseurs pour la potentielle prochaine révolution de l'intelligence artificielle : une IA qui ne se contente plus de générer du texte ou des images, mais qui acquiert des bras, des jambes. Et entre dans le monde physique.
Demain à la une
Les taux au c ?ur du jeu
Demain, les marchés resteront focalisés sur la trajectoire des taux américains, au lendemain d'une inflation légèrement moins élevée. Le temps fort de la séance est attendu à 14h30 avec les prix à la production de juillet aux États-Unis. Ce baromètre des tensions inflationnistes en amont pourrait rapidement faire bouger les anticipations autour de la prochaine décision de la Réserve fédérale. Publiées au même moment, les inscriptions hebdomadaires au chômage seront elles aussi scrutées de près, alors que les derniers indicateurs publiés vendredi ont ravivé les inquiétudes sur la solidité du marché du travail américain.
En Europe, le Royaume-Uni ouvrira le bal avec une première estimation de sa croissance au deuxième trimestre, attendue en net ralentissement après un début d'année plus vigoureux. Une mauvaise surprise pourrait secouer la livre sterling et les taux britanniques en rebattant les cartes pour la Banque d'Angleterre. Après la clôture de Wall Street, Applied Materials prendra le relais : comme souvent avec ce type de valeurs technologiques, les investisseurs chercheront surtout des indications sur la vigueur des investissements dans l'intelligence artificielle et sur la demande mondiale de puces.
Le lexique
Comment l'inflation ?
? impacte les rendements obligataires et la monnaie ? Une inflation moins forte tend généralement à faire reculer les rendements obligataires, car elle réduit la nécessité pour la Banque centrale de maintenir des taux d'intérêt élevés. Si les investisseurs anticipent des baisses de taux directeurs, ils acceptent aussi des rendements plus faibles sur les obligations nouvellement émises. Les obligations déjà en circulation, qui offrent un coupon plus élevé, deviennent alors plus attractives : leur prix monte et leur rendement baisse.
L'effet sur la devise est proche, mais moins automatique. Des taux d'intérêt attendus plus faibles rendent les placements dans cette monnaie relativement moins rémunérateurs, ce qui peut réduire la demande pour la devise et la faire reculer, surtout si les taux restent plus élevés dans d'autres pays. Il faut toutefois raisonner en termes relatifs : une inflation qui baisse partout n'affaiblit pas nécessairement une monnaie, et une désinflation peut au contraire renforcer la confiance dans l'économie concernée.









